
Avoir raté une époque est une chose terrible pour un artiste. Claude Miller le sait. D'autres réalisateurs français aussi (je salue Bertrand Tavernier en lui rappelant Le Juge et l'assassin, 1976). A l'ère moderne où la lutte contre l'injustice est une émission quasi-quotidienne à la télévision, que reste-t-il à dénoncer pour nos intellectuels cinéastes ? La haine des banlieues ... déjà fait et refait. L'absence de morale du capital ... revu et corrigé. Les multiples complots industrialo-politiques ... on en mange à toutes les sauces. Nos artistes n'ont donc plus qu'à travailler sur l'émotion qu'une œuvre puisse transmettre : celle d'auteurs qui rêvent d'être des héros modernes de la France, en prenant partie dans des combats datant du XIXème siècle ... ou des années 1950.