La sélection de Donc Acte !

Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art. Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.

mercredi 21 mars 2012

La sélection du mercredi en mode "c'est pas grave" [21 mars 2012]


Eddy
Hunger Games (2012) : Eddy Mitchell est content. Il a été casté dans un film. Mais ce n'est pas Hunger Games. 

C'est pas grave.

Étienne
Oncle Charles (2011) : Eddy Mitchell est l'oncle Charles du titre. Etienne Chatillez réalise. Il n'a pas ajusté ses lunettes.

C'est pas grave.






Eva
Eva (2011) raconte une histoire de personnes qui se trouvent enfin. Mais il est vrai que toutes les histoires sont basées sur une rencontre. Est-ce que les rencontres sont toutes basées sur l'histoire d'Eva ?

Si ce n'est pas le cas, c'est pas grave.









Target (2012) :Vu la gravité des événements qui se déroulent du côté de Toulouse en ce moment, je ne fais pas une blague immorale de très mauvais goût (car irrespectueuse pour les victimes et leurs familles ... toute ma sympathie va aux victimes des tragédies du tueur cinglé).

C'est pas grave.



Torpedo : Vu la médiocrité de la vanne de Raphaël Mezrahi (sur le rapprochement entre les belges et les pédophiles) à la fin de la bande-annonce de Torpédo, je le remercie d'apporter la preuve que Raphaël Mezrahi n'est pas drôle. Et c'est pas grave.








Hénaut président (2012) : que Hénaut, Sarkozy ou Hollande soit élu président de la Vème République, ça ne changera rien pour nous. Juste un peu plus d'impôts ou de taxes à payer. Juste une inflation des prix en plus. Juste une perte de pouvoir d'achat prévisible.

C'est pas grave.







Virginie
Bye Bye Blondie (2011) réunit Emmanuelle Béart et Béatrice Dalle qui sont homosexuelles l'une pour l'autre dans un film qu'il aurait fallu tourner à la fin des années 1980 ou au début des années 1990. Le sex-appeal de ses 2 actrices était alors irrésistible. Il est tombé au plus bas depuis. Mais, vu le nombre de films dans lesquels Emmanuelle et Béatrice sont apparues dévêtues ...

... c'est pas grave.


Les adieux de la Reine (2012) présente un casting de femmes de rêves (Diane Kruger, Viriginie Ledoyen et Léa Seydoux) qui va faire palpiter les fantasmes masculins sur les "égarements" homosexuels d'une reine décevante et déchue. Virginie Despentes n'a rien à voir dans l'affaire.

C'est pas grave.





Je n'ai pas chroniqué tous les films de la semaine. C'est pas grave.

samedi 17 mars 2012

Dreamcatcher

Go go tales

Dreamcatcher, Lawrence Kasdan, 2003, USA.

Dreamcatcher est un film adapté d'un livre écrit par Stephen King. Il est réalisé par Lawrence Kasdan dont beaucoup n'ont pas vu et ne se soucient pas de The Big Chill (1983), long-métrage matriciel d'une génération dont on ne sait plus rien de nos jours si ce n'est qu'elle était représentée par des acteurs et actrices mal aimé(e)s par la suite tels Tom Berenger, Glenn Close, Kevin Kline, Jeff Goldblum, William Hurt, Jo Beth Williams et Meg Tilly. Le scénariste-producteur-réalisateur, qui a tourné le western rigolo Silverado (1985) et participé à l'écriture du scénario des Aventuriers de l'Arche perdue (1981), qui était chaud-bouillant au début des années 1980, a attendu 20 longues années avant d'adapter un roman de Stephen King, écrivain populaire à succès depuis la fin des années 1970. Et Lawrence Kasdan a choisi Dreamcatcher pour marquer les esprits de son talent en narrant l'histoire d'envahisseur d'une autre planète qui passe par le système digestif humain ... et ce, jusqu'au bout du système digestif humain ... autrement dit, une fois que l'alien a fini de grandir dans le corps humain, il sort par le cul, le trou de balle, le trou du cul, l'anus, l'endroit du corps humain qui ne voit jamais le soleil (sauf à cette occasion), le fion ...

Mais, il faut avouer que quand on a passé outre cet aspect crado de Dreamcatcher précédé par quelques rots et pets à tout va, la sauce ne prend pas. Un évident dérèglement de la balance entre des scènes trop longues et des scènes trop courtes gène l'emphase du spectateur pour les 4 protagonistes principaux : Beaver, Pete, Jonesy et Henry. Le rythme est métronomique et le récit inintéressant, faisant face à trop d'incohérences. En fin de compte, Dreamcatcher ne propose que 2 choses fascinantes : les sourcils de Morgan Freeman et l'aspect controversé de l'alien qui m'a suggéré de réécrire l'histoire pour mieux en rire. Ainsi suit.

Beaver astique tellement son manche qu'il a atteint une taille démentielle ...

... qu'il a développé une agressivité hors norme et des dents pointues ...

... les animaux de la forêt avaient senti le danger venir ... sur cette photo, ils fuient Beaver ; ils ont senti que la révolution dans son froc approchait ...

... aux prises avec sa bête, Beaver essaie d'empêcher sa bitte de s'échapper ...

...

... mais la bitte réussit à tuer son maître afin de faire ce qu'elle est supposée faire ...


... la teub de Beaver en liberté ...

... peut désormais péter des culs ...

...


... heureusement, un enfant a réchappé (physiquement intact) à une de ses attaques ...

... mais Henry (incarné par Thomas Jane) n'a pas supporté le viol ... une culpabilité auto-destructrice l'a forcé à se supprimer ...

... Catwoman, elle, en redemande ... sans le savoir, elle occupe l'attention de "l'attrapeuse de rêves" ...

... pendant que le colonel Abraham Curtis (incarné par Morgan Freeman), chargé de retrouver et détruire la chose, se fait pousser les sourcils ... pour les détacher, les monter en brosse et essuyer le dessous des touches de son clavier d'ordinateur ? La question : se remettent-ils en place ensuite ?

... Mort Rainey (incarné par Johnny Depp) indique par où la chose est passée mais son éthique personnelle lui interdit de cafarder sur les évasions de teub ...

... surtout que la chose termine son épopée de baise dans un chien ... le chien meurt, la bitte avec, happy ending, roll credits (générique de fin).



... Jonesy (incarné par Damian Lewis) a choisi de ne rien dire ...

... mais son attitude au boulot a changé du tout au tout ...

... lors de séances sous hypnose, il a avoué avoir été en contact avec la bitte ...

... il avoue avoir adoré l'échange qu'il a eu avec elle ...

... ça a changé sa vie sexuelle ...

... et, donc, sa vie ...

... Quant à Pete (incarné par Timothy Olyphant), il a réussi à se reconstruire ...
 
...

Je vous recommande donc Dreamcatcher, un excellent snuff movie matriciel sur une génération qui s'est égarée sexuellement, écrit par Stephen King, produit par la Warner Bros. et réalisé par Lawrence Kasdan, avec du casting : Morgan Freeman, Timothy Olyphant, Thomas Jane, Tom Sizemore, Damian Lewis, Jason Lee.




 Quelques photos promotionnelles pour aller avec ce message sur Dreamcatcher ("Quand le mal passe au travers")







mardi 13 mars 2012

La sélection du mercredi en mode sociologue [14 mars 2012]

30° couleur (2011) : Après Tucker & Dale fightent le mal alias Tucker & Dale vs Evil (Eli Craig, 2010) qui redorait le blason des blancs vivant dans la cambrousse (autrement dit le "plouc"), voici 30° couleur de Lucien Jean-Baptiste et Philippe Larue qui promet de rompre le cou à un préjugé contre le noir en costard-cravate plus blanc qu'un français blanc en costard-cravate. Voilà un film qui va faire du bien à beaucoup de monde. Un "feel good movie" à ne pas manquer pour tous les noirs qui estiment que les blancs aliènent la négritude à la blanchitude, pour tous les noirs qui veulent voir un noir blanchi redécouvrir sa négritude, pour tous les blancs qui estiment ce travail de blanchiment comme étant d'utilité publique et qui vont espérer qu'il n'y aura pas de retour à la négritude, et pour tous les blancs qui croient le retour à la noiritude comme étant nécessaire à l'épanouissement personnel. Un mot d'ordre pour une réunion en salles ? La baston ! La baston ! La baston ! ...


38 témoins (2012) est un film de Lucas Belvaux dont la réputation est bien faite et dont je n'ai vu que Les Prédateurs réalisé pour Canal + sur l'affaire Elf. Lucas Belvaux est donc, pour moi, un réalisateur efficace. Le premier problème avec la bande-annonce de 38 témoins, c'est qu'Yvan Attal n'a pas l'air de donner une performance d'acteur extraordinaire (dixit première scène qui s'éternise un peu trop ; un adjectif suffisait) alors que tout le film repose sur lui. Le second problème concerne l'apparente mise en scène d'un mythe urbain (pourtant décortiqué scientifiquement) qui est donc sujette à controverse : "personne n'aide personne". Or, selon les études sociologiques, les individus n'aident pas pour plusieurs raisons (pas d'ordre précis à cette énumération) :
1. ils croient que quelqu'un d'autre va aider.
2. ils croient qu'il n'y a pas de raison d'aider.
3. ils ne sont tout simplement pas témoins du crime.
4. ils sont dans une logique de mimétisme : puisque personne d'autre ne réagit sur le moment, personne ne réagit sur le vif.

Conseil pratique : dans une foule, il faut désigner quelqu'un de précis et l'appeler à l'aide (car tout le monde a envie d'aider).

Remarque : ne tentez pas le diable non plus.


La bande-annonce de Cloclo (2012) présente au public une biographie comprenant la face cachée de Claude François : les assiettes qui volent, le tableau en liège qui absorbe un coup de poing, la dispute conjugale et le producteur qui lui met la pression. Dis comme ça, c'est pas grand chose. Mais bon, je minimise, je fais dans l'euphémisme, je mégote, je chipote ... son père le désapprouve. Mais, tout cela n'est-il pas compensé par l'argent, les femmes et le succès ?

Quand je pense qu'avec un titre comme Cloclo, il y avait de quoi faire un grand film social pour faire aimer une classe malaimée : celle des sans-abris, celle des clochards ... une sorte de Cloclo, mon ami le clodo ... mais non, il n'y en a que pour les stars ... tant pis.



Projet X (2011) aborde le thème de la crise des banlieues ... de classe moyenne. Les voitures en feu ne sont pas allumées par vandalisme, par esprit de rébellion et par misère sociale. Elles sont détruites pour s'amuser, pour passer le temps, pour être accepté socialement, pour séduire des jeunes femmes, pour décrire sur les réseaux sociaux la "folie" qui a duré le temps d'une nuit (pour créer du lien social), pour souligner l'importance d'en avoir été un(e) témoin vivant(e) (pour se démarquer et se faire remarquer), pour vanter les mérites d'un adolescent qui sait divertir ses invités (pour cirer des pompes), pour crier tout fort quel bon moment on a passé (pour cirer d'autres pompes), pour être content d'être venu en bus ou à pied à la soirée (pour se rappeler qu'il ne faut pas aller en banlieue en voiture), etc ... peut-être même pour trouver du boulot !

A part cela, la bande-annonce de Projet X présente une bande d'adolescents arrogants, idiots, insupportables et surexcités préparer et participer à une fête gargantuesque chez les parents de l'un d'eux. Rien qu'à voir la bande-annonce, j'ai envie de baffer jusqu'à ce que mort s'ensuive les 3 excuses de protagonistes principaux de ce truc distribué par Warner Bros. Je suis bien content qu'ils se fassent frapper dans les burnes par un nain. J'espère qu'ils se font cramer la gueule par le type au chalumeau. J'espère que le type de l'affiche étalé sur le gazon est l'un de ces 3 glands et qu'il s'est fait sauvagement enfoncé dans le fion un gros rouleau de pièces de monnaie par la caissière humiliée.

mardi 6 mars 2012

La sélection du mercredi en mode vieux grincheux [7 mars 2012]

Mode il n'y a rien à voir ...
... donc je râle ...
... donc Mode Vieux Grincheux

L'intrigue de A l'aveugle (2011) est bien résumée par son affiche. C'est l'histoire d'un Jacques Gamblin décoiffé, tendu et fatigué qui mate l'arrière de la tête d'un Lambert Wilson portant des lunettes de soleil. Quoiqu'en y prêtant davantage attention, je me rends compte que Jacques le-pariant regarde sévèrement le spectateur par dessus l'épaule de Lambert fils-qui-veut. En étant précis, je dirais même que Jacques fixe le bout de l'oreille droite de Lambert. Je mets cela sur le compte que Lambert dit à la fin de la bande-annonce que Jacques et lui ont plus de points communs que Jacques ne veut l'admettre. Jacques a donc commencé par chercher ces dits-points communs par l'oreille droite de Lambert.



La bande-annonce de Nos plus belles vacances (2011) présente la merveilleuse, adorable, douce, attirante, agréable, chaleureuse et rayonnante Julie Gayet être trompée par son connard d'enfoiré de chien pourri de salope putassière de mari (dans le film). Personnellement, je n'ai jamais compris cette jeunesse des années 1960 et 1970 qui se moquait des hommes qui demandaient la permission de se marier à un autre homme de la famille de la belle personne pour ne pas se faire lapider par tout un village (comme Le Rocher Abraham). Où était donc le sens commun de cette génération aux mœurs dissolues pour qui les vraies vacances se déroulent la nuit dans une cave mal éclairée ? Je n'ai toujours rien compris à ces prétentieux arrogants porteurs de couleurs vives qui matent des femmes perdre leurs culottes de bikini (comme ils l'appellent). Personnellement, j'ai toujours évité les zones sombres et les regards indiscrets. Et je m'en porte bien ... et jamais au grand jamais je n'ai prôné le communisme et le nazisme.

Possessions (2011) présente ENCORE l'histoire d'un blanc qui tue un noir ! ENCORE une histoire calomnieuse contre les blancs dont je fais partie ! C'est mon ethnie et j'en suis fier ! Bin moi, je m'insurge contre ce racisme contre les petits blancs pauvres ! Comme si, dans l'histoire de l'humanité, un petit blanc pauvre avait déjà fait du mal à un noir ...
Oh ! Attendez un peu là ! Faut que je vérifie un truc !
... Donc ! Possessions est inspiré d'un fait divers pour dire que ce monde occidental de blancs n'est pas injuste envers les noirs puisque ce film montre des blancs plus pauvres qu'un couple dont l'homme a la peau noire ! C'est donc une histoire de convoitise et de jalousie. Tiens, j'ai remarqué que l'affiche ressemblait étrangement à celle des versions filmées de la série Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes mais je ne crois pas qu'il y ait un quelconque rapport entre ce que je viens d'écrire et le graphisme du poster de Possessions.


Comme un chef (2011) présente l'histoire à vocation comique d'un apprenti-cuisinier qui se veut meilleur que le chef de cuisine pour lequel il rêve de travailler et qui est en perte de forme. Pour ce qui est de combler le temps entre le début et la fin positive du film :
  • Michaël Youn se déguise en peintre de bâtiment et en geisha, et a 2 minutes de retard.
  • Jean Réno se déguise en samouraï, est un chef cuisinier qui dit "ta gueule" et "je suis cuit", et renifle un spaghetti au riz de veau.
  • Santiago Segura fait une apparition en cuistot arrangeant pour le retour héroïque de l'apprenti dans les cuisines du maîîîîîîîîîtreuh Renault.
  • Raphaëlle Agogué fait une entrée fracassante sur les grands écrans français grâce à un doublé vertigineux puisqu'elle est aussi à l'affiche cette semaine dans A l'aveugle (mode sur lequel il faut vraiment être pour aller voir un film sorti en salles cette semaine).

John Carter (2011) est un type qui en épate d'autres en tuant dans une arène une caricature à 6 pattes d'ours blanc. A l'heure où le pôle nord fond à vue d’œil et où l'espèce des ours blancs est en sérieuse voie d'extinction, c'est complètement irresponsable de vanter les mérites d'un héros sur cette victoire ! Je m'insurge ! Je me révolte ! Moi aussi, je veux voir du sang couler. Je veux voir couler le sang des responsables du studio Disney pour cette apologie du massacre d'une espèce animale innocente qui n'a jamais fait de mal à l'homme ! Et tout cela parce qu'ils veulent soutenir l'industrie polluante de leur pays et faire ressembler la terre à un désert et l'humain à un être vert à cornes ! Je m'insurge ! Je suis écologiste ! Je dis STOP ! Je ne veux plus voir Dominic West (excellent McNulty dans la série The Wire) se recycler dans une carrière de seconds couteaux et être toujours habillé en toge ! Je ne veux pas que l'on nous remplace notre hymne national par le remix hip-hip-pop de Kashmir de Led Zeppelin par Pouf dadi-o ! Ce John Carter ne présente pas un nouveau monde acceptable ! Bien sur, c'est de la S-F, me direz-vous. Je dirais même plus : c'est de la S-F ! Tiens, j'ai froid aux pieds. Ah oui, j'ai oublié de mettre mes pantoufles.

La bande-annonce de Hasta la vista (2011) présente l'histoire de handicapés qui veulent perdre leur virginité dans un bordel espagnol. C'est le cœur rempli de compassion que je supporte ces petits gars qui ont bien raison d'être vaillants. Allez-y ! Et n'oubliez pas vos manières ! Autant traiter correctement ces demoiselles de charme qu'elles vont vous apprendre la vie !

lundi 5 mars 2012

ATM

Même pas fait exprès

ATM, David Brooks, 2012, Canada-USA.

ATM avec Alice Eve, c'est un peu la même histoire que P2 avec Rachel Nichols, que Captivity avec Elisha Cuthbert, que Harold & Kumar vont au Whitecastle avec Barney Stinson, c'est l'histoire d'un type qui est obsédé par une belle blonde à qui il n'a jamais causé. Et pour cela, USA oblige, la punition est toute trouvée. Le type sans manières passe de la case "tricard" à la case "danger pour la société" alias "menace to society". Car aux States de los unitados, un type qui bande et qui ne sait pas causer aux femmes, c'est injustifiable et impardonnable, c'est une insulte à Dieu, au dollar et au pays, c'est un flingué de la tête, un mec à enfermer, à anesthésier, à castrer chimiquement et à ficher publiquement comme prédateur sexuel ("sexual predator") afin que les gosses puissent lancer des œufs pourris sur sa baraque et que des bon citoyens puissent l'insulter en public bien encadrés qu'ils sont par des flics armés de fusils à pompe. De bien sûr, de "of course", le pervers s'énervera ... pour agresser des femmes, des enfants, des personnes âgées ou en insuffisance et un président de la république ... de toute évidence, "of course". Et, in self-defense donc, then en légitime défense, le petit joueur aura ce qu'il mérite en se faisant fumer la tronche dans une allée sombre ou sur sa pelouse. De cette façon, la société américaine sait rester propre en se débarrassant des obsédés de sa trempe, alias les dégénérés de famille de timbrés aux gènes de crevures, a.k.a. le mal incarné.

Et comme il porte de la fourrure sur sa capuche, il est gay.

Notre psychopathe, notre pervers de la braguette, notre sexual predator (chasseur extraterrestre dont les conditions d'existence idéales sont celles de la jungle), a donc construit une fausse cabine téléphonique, un(e) ATM, pour coincer sa chérie. Il la fait flipper en la fixant du regard et la fait craquer en la poussant au nervous breakdown alias la rupture de nerfs. Pour cela, il utilise 3 lettres qui foutent les boules comme jamais : un A, un T et un M. A. T. M. 3 lettres plus séduisantes au mal que BTP, BAC, MST, ADD, MIB, FFF et ONU. Il faut préciser qu'aux States des unis, ATM, ça veut dire machine à tirer du fric. On en trouve partout. De Los Angeles, Californie à Portland, Maine en passant par Oslo, Norvège (je sais, j'y suis allé) et un parking désert en pleine nuit. Et que, sans fric, aux US of A, t'es rien, t'es nada, t'es même plus que mort. Il vaut mieux y être gay qu'être fauché. Le tour de passe-passe du "crazy mother fucker" est tout bonnement génial : traumatiser de l'amerloque avec son compte en banque vidé. Pourquoi personne d'autre n'y avait songé avant lui ?


Non, en fait, ce résumé est totalement fallacieux : ATM, c'est un film primordial sur la survie en distributeur automatique ... qui dit qu'il ne faut pas s'énerver si un mec vous mate retirer du pognon. Pour être précis, voilà ce qui se passe dans ATM : un employé dans la finance croit tout bonnement avoir LA chance d'inviter à déjeuner Alice Eve (l'actrice/modèle anglaise qui sert de prétexte au film) en la raccompagnant d'une soirée durant laquelle elle n'a pas picolé et où elle s'est ennuyée. Ce bon gars est malheureusement aussi la ride home, le porteur de cadavres d'individus bourrés en fin de soirée, de son pote de taf' ingérable et irresponsable (ivre à l'alcool fort à 20h30). Il était prévu qu'il reconduise chez lui ce sidekick. Bref, ils décident de partir tous ensemble tirer du fric dans un(e) ATM pour que Rocco (je l'appelle comme je veux, n'est-il pas ?) puisse se payer un taxi et rentrer seul chez lui ... et pour que Jeff (je l'appelle comme ça me chante) puisse raccompagner Alice Eve chez elle et l'inviter à déjeuner. Et bin non. C'était sans compter sur un type qui met une parka et qui les fixe depuis le parking.


S'ensuit une série d'événements qui conduit nos 3 protagonistes à prendre au sérieux la menace (l'encagoulé tue 2 gars et défonce pendant tout le film la porte arrière de l'ATM). Le grand malheur intervient quand ils montrent toute leur qualité de profonds décérébrés. Les zigotos ne font pas preuve d'un minimum de jugeote pour estimer leur adversaire intelligemment. Ils ne s'aperçoivent pas du piège dans lequel ils sont pris ; (c'est l'évidence même !) aucun d'eux ne pense à considérer leurs actions en fonction de la caméra de surveillance intérieure / ils sur-estiment le méchant en le définissant uniquement sur sa brutalité et son intérêt grossièrement perçu. ATM repose son intrigue sur un pathétique duel insipide manquant gravement d'inventivité et sur des "victimes" affligeantes en initiatives qui refuse catégoriquement de sortir de l'ATM dès le début, qui tuent le premier type avec une capuche qui passe, qui ne pensent pas à courir dans des directions opposées pour fuir ou attaquer en groupe, qui ne sortent le bout de leur nez de l'ATM que pour donner du fric au méchant ou ramener un portable, et qui se disputent le bout de gras de façon exagérée. Du coup, les 3 gus méritent tout ce qui leur arrive : ils sont trop cons pour s'en sortir (d'un(e) ATM ... je rêve).

Blood Creek

Voir les nazis souffrir et mourir, c'est sympa au cinéma ... mais c'est mieux quand c'est bien fait.


Blood Creek, Joel Schumacher, 2009, USA.

Pour ceux qui ne se demandent pas ce que devient Joel Schumacher, je leur rappelle qu'il existe (non pas que je sois fan). Le réalisateur de 8mm, de Batman & Robin, de Batman Forever, de Phone Game, de Trespass, de Génération perdue, de Le fantôme de l'opéra avec Gerard Butler, de L'expérience interdite et du Le Nombre 23 tourne toujours des films. Avec Blood Creek, il a d'ailleurs donné dans un genre qu'il n'avait pas exploité jusque là : la critique de l'idéologie nazie.

Pour bien faire, Joel Schumacher a répondu présent en acceptant de réaliser le scénario de Blood Creek. L'histoire : en 1936, un agent nazi (incarné par Michael Fassbender) débarque dans une ferme de Virginie occidentale où a été trouvée une pierre runique. Fan d'occulte, l'agent applique toutes ses connaissances afin de devenir immortel. Pour cela, il boit du sang et se ressource auprès de la pierre pour compléter sa transformation en zombie au troisième œil. Heureusement pour l'humanité, la famille paysanne met des bâtons dans les roues de l'ambitieux nazi. Ils ont dessiné avec du sang des inscriptions le tenant à l'extérieur de la maison mais le retenant à l'intérieur du périmètre de la ferme.

Michael Fassbender

En 2009, l'affaire est toujours d'actualité. C'est alors qu'intervient Dominic Purcell (l'indispensable arrière-plan de Prison Break), une des victimes dont s'abreuve de sang le nazi, et son frère ambulancier qui veulent régler le problème à coups de fusils. Mais le zombie nazi est surpuissant. Et, pour atteindre ses opposants enfermés dans la maison, le zombie nazi contrôle et lance à l'assaut un cheval zombie, un rottweiler zombie et 3 humains zombies. Pendant ce temps, alors qu'il dispose d'autres chevaux zombies, le zombie nazi préfère encercler la maison à lui tout seul en chevauchant un canasson et en étant suivi par les autres (le cheval zombie envoyé à l'assaut avait pourtant fait beaucoup de dégâts ... même si la scène était ridicule) ; le zombie nazi fait une ronde d'une demi-heure qui permet à l'infirmier de récupérer sans inquiétude son sac de soins. Je rappelle que 73 ans après, le zombie nazi veut toujours se nourrir du sang des vivants et compléter sa mutation ... mais il finit décapité car il a bu de son propre sang (comment se fait-il que le sang de nazi soit un poison pour un nazi ?!).

Peut-être à cause d'un patronyme à consonance germanique, Joel Schumacher nous livre avec Blood Creek un réquisitoire anti-nazisme particulièrement risible, un recueil pathétique contre les excès de l'humain pour dépasser sa condition fragile face à la mort. Joel Schumacher prouve qu'il est un artiste auquel il manque indéniablement un troisième œil pour ne pas tourner autant de grosses merdes.

samedi 3 mars 2012

"C'est la relève du cinéma français"

Une fois n'est pas coutume

A la veille de la cérémonie des Césars 2012, est paru dans la rubrique Culture, Loisirs du Le Parisien du jeudi 23 février 2012 un article intitulé "C'est la relève du cinéma français". Rédigé par Pierre Vavasseur, l'édito et les articles sur les réalisateurs et les dinosaures sont bourrés de citations mystérieuses que je tiens à retranscrire dans ce message.

Ces 3 textes s'inscrivent dans la double-page présentant La Relève : les réalisateurs, les producteurs, les acteurs en vogue, les dinosaures de la profession et une interview de Guillaume Canet pour illustrer le propos de l'ensemble qui tire sur l'ambulance de ceux qui ne font plus de recettes et vogue sur le succès des autres (les nominés et les césarisés). Fallait-il glorifier davantage les nouveaux pousses du cinoche français* qui apportent audace et talent en rappelant que Jean-Jacques Beineix n'a réalisé qu'un seul film (Mortel Transfert, 2001) depuis 1992 et que les 2 derniers Annaud n'ont pas rempli les salles (surtout que Sa Majesté Minor, 2007, est probablement le film le plus audacieux de l'histoire du cinéma) ? Fallait-il interviewer Guillaume Canet pour qu'il énonce des certitudes certaines telles "Il y a forcément un renouvellement de génération" ? Pas sûr, mais c'est pratique courante. Voilà donc la phrase-clé de l'orientation éditoriale de cette double-page thématique décortiquée par mes soins : "Le roi est mort, vive le Roi !"

La rédaction culturelle (et loisirs) du Parisien pourrait s'interroger sur la validité de l'adoubement de la Loi du plus fort, dit la Loi de la jungle, dans les domaines artistiques (et du loisir). En effet, d'autres auteurs ont droit d'existence et de création malgré les résultats commerciaux et artistiques de leurs œuvres. On ne peut ni produire que des succès ni faire que des chefs d’œuvre. Les résultats du box office ne sont pas gage de qualité (The Thing et Les aventures de Jack Burton de Carpenter, La règle du jeu de Renoir ont été des fours commerciaux en salles alors que Les Pirates des Caraïbes ont cartonné) et la qualité n'est pas gage de succès (van Gogh n'a jamais vendu une toile de sa vie et les pelloches de Jean-Luc Godard n'ont jamais rapporté d'argent à ses producteurs). Le principe du fonctionnement au mérite en art, c'est pour les ignares. De jeunes auteurs français méconnus (mal vendus ?) méritent de l'attention : Emmanuel Mouret et Guillaume Brac par exemple. Le CNC est dédié à l'aide à la création pour financer des films qui ne se feraient pas sans cela : c'est un système français de financement copié dans le monde entier (voir la Corée du sud). Certes, une économie mixte est à mon sens préférable (mélangeant libéral et providentiel), mais, en tout cas, ni guerre idéologique ni glorification de la Loi de la jungle ne s'explique pour promouvoir ces putains de césars.

Retour à Pierre Vavasseur (qui est déjà un dinosaure dans ses techniques promotionnelles), il utilise quelques expressions ramassées qui font mouche.
  • Contestable envolée lyrique : "Tout le monde s'accorde sur ce point : l'année cinéma 2011 aura été un grand cru avec de la cuisse et du bouquet, propre à rassembler grand public et partisans d'un cinéma plus exigeant." (*)
  • Poétique : "les jeunes pousses se bousculent [...] : elles cherchent, foncent, inventent, trouvent, prouvent." ("trouvent" rime avec "prouvent")
  • Humoristique : "Vous avez demandé Polisse ? Ne quittez pas !" (Quid de l'individu qui promulgue le rassemblement du grand public et des partisans d'un art plus exigeant)
  • Relents de défaitisme et de pessimisme : "La guerre est déclarée, un film [...] résistant à l'idée trop vite reçue qu'un enfant gravement malade doit mourir." ("DOIT" ???!!!)
  • Contre-sens : "Pierre Schoeller [...] filme un accident vraiment gore, mais sans doute si près du réel, sur une tranche d'autoroute en construction, il a ouvert la porte d'un cinéma culotté, en phase avec la société d'aujourd'hui qui s'est habituée aux brutalités." (Un point avant "il a ouvert" vaut mieux qu'une virgule car le sens de la phrase est contradictoire : "Pierre Schoeller filme un accident vraiment gore, mais sans doute si près du réel [...], il a ouvert la porte d'un cinéma culotté, en phase avec la société d'aujourd'hui qui s'est habituée aux brutalités." ... Comment peut-on être "culotté" et "en phase" ? Comment peut-on faire effet en filmant un accident gore si la société est habituée aux brutalités ? Faut-il croire que le "journaliste" s'est habitué aux brutalités ? Si c'est le cas, faites attention à Pierre Vavasseur !)
  • Oxymore : "Michel Hazanavicius [...] ce flamboyant modeste."
  • Enfonceur de clous dans le cercueil : "On ne peut plus compter sur les grands anciens pour tenir la boutique."
  • Incompréhensible : "Ils avaient la carte, comme on dit d'un visage qui fait autorité, [un visage] qui est tendance, ..." (Veut-il parler de visages tendancieux ? Peut-on l'accuser de délit de sale gueule ?)
  • Encore défaitiste : "... et voilà qu'ils (les grands anciens) n'ont plus d'atouts."

Ma conclusion est simple et lapidaire : à reconsidérer pour la rédaction des pages Culture et Loisirs du Parisien, le verbe et le fond de commerce.


*A noter que les cinéastes en vogue sont Valérie Donzelli, Maïwenn, Pierre Schoeller, Michel Hazanavicius, Pascal Chaumeil, Guillaume Canet et Jacques Audiard, et que les dinosaures sont Gérard Jugnot, Régis Wargnier, Jean-Jacques Beineix et Jean-Jacques Annaud. Après, chacun a son opinion.