La sélection de Donc Acte !

Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art. Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.

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mardi 6 mars 2012

La sélection du mercredi en mode vieux grincheux [7 mars 2012]

Mode il n'y a rien à voir ...
... donc je râle ...
... donc Mode Vieux Grincheux

L'intrigue de A l'aveugle (2011) est bien résumée par son affiche. C'est l'histoire d'un Jacques Gamblin décoiffé, tendu et fatigué qui mate l'arrière de la tête d'un Lambert Wilson portant des lunettes de soleil. Quoiqu'en y prêtant davantage attention, je me rends compte que Jacques le-pariant regarde sévèrement le spectateur par dessus l'épaule de Lambert fils-qui-veut. En étant précis, je dirais même que Jacques fixe le bout de l'oreille droite de Lambert. Je mets cela sur le compte que Lambert dit à la fin de la bande-annonce que Jacques et lui ont plus de points communs que Jacques ne veut l'admettre. Jacques a donc commencé par chercher ces dits-points communs par l'oreille droite de Lambert.



La bande-annonce de Nos plus belles vacances (2011) présente la merveilleuse, adorable, douce, attirante, agréable, chaleureuse et rayonnante Julie Gayet être trompée par son connard d'enfoiré de chien pourri de salope putassière de mari (dans le film). Personnellement, je n'ai jamais compris cette jeunesse des années 1960 et 1970 qui se moquait des hommes qui demandaient la permission de se marier à un autre homme de la famille de la belle personne pour ne pas se faire lapider par tout un village (comme Le Rocher Abraham). Où était donc le sens commun de cette génération aux mœurs dissolues pour qui les vraies vacances se déroulent la nuit dans une cave mal éclairée ? Je n'ai toujours rien compris à ces prétentieux arrogants porteurs de couleurs vives qui matent des femmes perdre leurs culottes de bikini (comme ils l'appellent). Personnellement, j'ai toujours évité les zones sombres et les regards indiscrets. Et je m'en porte bien ... et jamais au grand jamais je n'ai prôné le communisme et le nazisme.

Possessions (2011) présente ENCORE l'histoire d'un blanc qui tue un noir ! ENCORE une histoire calomnieuse contre les blancs dont je fais partie ! C'est mon ethnie et j'en suis fier ! Bin moi, je m'insurge contre ce racisme contre les petits blancs pauvres ! Comme si, dans l'histoire de l'humanité, un petit blanc pauvre avait déjà fait du mal à un noir ...
Oh ! Attendez un peu là ! Faut que je vérifie un truc !
... Donc ! Possessions est inspiré d'un fait divers pour dire que ce monde occidental de blancs n'est pas injuste envers les noirs puisque ce film montre des blancs plus pauvres qu'un couple dont l'homme a la peau noire ! C'est donc une histoire de convoitise et de jalousie. Tiens, j'ai remarqué que l'affiche ressemblait étrangement à celle des versions filmées de la série Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes mais je ne crois pas qu'il y ait un quelconque rapport entre ce que je viens d'écrire et le graphisme du poster de Possessions.


Comme un chef (2011) présente l'histoire à vocation comique d'un apprenti-cuisinier qui se veut meilleur que le chef de cuisine pour lequel il rêve de travailler et qui est en perte de forme. Pour ce qui est de combler le temps entre le début et la fin positive du film :
  • Michaël Youn se déguise en peintre de bâtiment et en geisha, et a 2 minutes de retard.
  • Jean Réno se déguise en samouraï, est un chef cuisinier qui dit "ta gueule" et "je suis cuit", et renifle un spaghetti au riz de veau.
  • Santiago Segura fait une apparition en cuistot arrangeant pour le retour héroïque de l'apprenti dans les cuisines du maîîîîîîîîîtreuh Renault.
  • Raphaëlle Agogué fait une entrée fracassante sur les grands écrans français grâce à un doublé vertigineux puisqu'elle est aussi à l'affiche cette semaine dans A l'aveugle (mode sur lequel il faut vraiment être pour aller voir un film sorti en salles cette semaine).

John Carter (2011) est un type qui en épate d'autres en tuant dans une arène une caricature à 6 pattes d'ours blanc. A l'heure où le pôle nord fond à vue d’œil et où l'espèce des ours blancs est en sérieuse voie d'extinction, c'est complètement irresponsable de vanter les mérites d'un héros sur cette victoire ! Je m'insurge ! Je me révolte ! Moi aussi, je veux voir du sang couler. Je veux voir couler le sang des responsables du studio Disney pour cette apologie du massacre d'une espèce animale innocente qui n'a jamais fait de mal à l'homme ! Et tout cela parce qu'ils veulent soutenir l'industrie polluante de leur pays et faire ressembler la terre à un désert et l'humain à un être vert à cornes ! Je m'insurge ! Je suis écologiste ! Je dis STOP ! Je ne veux plus voir Dominic West (excellent McNulty dans la série The Wire) se recycler dans une carrière de seconds couteaux et être toujours habillé en toge ! Je ne veux pas que l'on nous remplace notre hymne national par le remix hip-hip-pop de Kashmir de Led Zeppelin par Pouf dadi-o ! Ce John Carter ne présente pas un nouveau monde acceptable ! Bien sur, c'est de la S-F, me direz-vous. Je dirais même plus : c'est de la S-F ! Tiens, j'ai froid aux pieds. Ah oui, j'ai oublié de mettre mes pantoufles.

La bande-annonce de Hasta la vista (2011) présente l'histoire de handicapés qui veulent perdre leur virginité dans un bordel espagnol. C'est le cœur rempli de compassion que je supporte ces petits gars qui ont bien raison d'être vaillants. Allez-y ! Et n'oubliez pas vos manières ! Autant traiter correctement ces demoiselles de charme qu'elles vont vous apprendre la vie !

jeudi 23 juin 2011

Neuilly sa mère ! / Tout ce qui brille / Le nom des gens

Jeudi 23 Juin 2011
Fin de journée

Étant cinéphile et patriote, je dois avouer que la colère m'emporte souvent lorsque je constate que peu d'efforts sont faits pour apporter de la valeur ajoutée au cinéma comique tricolore. Hormis OSS 117 et Les Emotifs Anonymes, l’exaspération est de coutume lorsque je m'intéresse au rire cocorico (c'est relatif, c'est mon blog). L'humour français est le reflet dans la vitrine de ce que les Français acceptent de voir à propos d'eux-mêmes et ce dont ils veulent bien rire. Et, en général, ça ne vole pas haut. Le niveau d'humour étant un référent au niveau d'intelligence, j'avoue un tempérament d'anxio-dépressif.

Je précise que je n'ai vu aucun des trois films du titre de cet article car je m'essaye à un nouveau type de critique. Celle de la bande annonce qui a pour fonction d'aider le spectateur à se décider quant au sort de la carrière du film en salles. De nombreuses personnes se déplacent ou pas au cinéma après jugement de ces dites pépites promotionnelles. Ce qui à mon sens justifie que quelques unes de mes critiques se placent à ce niveau. Les bandes-annonces des trois films sont à l'image de la comédie typique qui a les faveurs du public en cette fin de décennie des années 2000.

Neuilly sa mère !, 2009, de Gabriel La Ferrière raconte apparemment l'histoire d'un jeune maghrébin qui veut se taper une blonde mais il n'y en a pas dans sa cité qui soit suffisamment classe pour lui alors il déménage à Neuilly où il en trouve une. Où est la fausse blonde qui parasite le plan de ce gosse ? Nulle part. Il rencontre la fille de ses rêves dans la banlieue bourgeoise. Et là, il la mate quand elle se déshabille. Puis, ça devient confus, des parents friqués veulent pas que leur fifille ado, une autre que celle victime du voyeur en culottes courtes, sorte avec un type qui travaille sur un chantier.

Mais où est ma blonde ?
Bref, la futilité d'un tel objectif dans la vie devrait pousser cet enfant à reconsidérer ses motivations et essayer d'honorer un peu sa propre cervelle. Niquer une blonde n'est pas un but primordial dans la vie. Le travail est plus important même s'il demande du temps et de l'effort. Au moins, il rapporte davantage. Le travail, c'est la santé. La liberté s'acquiert par le travail. Que deviennent les études du jeune citadin ? Il faudra aller voir le film pour le savoir (je n'irai pas). Certes il y a la fatigue et l'ennui qui peuvent s'installer mais il y a plein de challenges à se mettre et plusieurs opportunités de métiers. La vie est suffisamment longue pour satisfaire plusieurs envies. Le sexe, lui, rapporte des MST, des enfants, des problèmes entre potes et avec les parents des partenaires. Certes, il y a la jouissance mais qu'on passe d'une blonde à une brune, d'une black à une asiatique, le sexe reste le sexe, et, l'amour reste l'amour. Les assoiffés de la bitte semble vivre par cette devise : "plus les choses changent, plus elles restent les mêmes." Cette bande-annonce montre dans toute sa splendeur la futilité de ce film. De plus, tout ce qui brille n'est pas d'or.

Si t'as envie de te faire une blonde, bois une bière fraiche !
Tout ce qui brille, 2009, de Géraldine Nakache et Hervé Mimran.

Deux femmes d'origine maghrébine (on va penser que je l'ai fait exprès) se demandent à l'une l'autre ce qu'elles pensent de la France en citant les noms des pétasses ricaines de mauvais goût (Pamela Anderson et Paris Hilton). Sont-elles étrangères ? est la question qui vient à l'esprit. Non, elles sont de Puteau et sortent en boîte sur Paris. L'une d'elles préfèrent faire croire qu'elle est de Neuilly et qu'elle aime la nourriture pour riches (à savoir des pattes au citron). Et c'est l'autre qui rencontre le mec idéal. Et là, embrouille toute claquée. Jalousie. Les deux copines pour la vie ne se parlent plus. Et, pourtant, elles dansent dans les couloirs du métro, mangent des sandwichs en se faisant la tronche et sourient. Ça sent le Happy Ending. Et la mère d'un gosse est caissière alors il n'y a pas d'embrouille. Tout va s'arranger. Je passe.


La bande-annonce de Le nom des gens, 2010, de Michel Leclerc, succès populaire récent, ne m'a pas donné envie d'aller le voir. Je ne savais pas de quoi ça parlait. Ma mère et une connaissance de café me l'avaient recommandé. Qu'une actrice du film ait été récompensée ou que d'autres membres de l'équipe de ce film aient été choisis pour fouler le podium des Césars m'indiffère totalement. Je suis un franc tireur de la critique cinéma.

Voilà ce que j'ai compris de l'encas de ce film. Une jeune femme qui fait ses courses un sein à l'air nique un paquet de types de droite pour les convertir à la politique socialiste. Mis à part la déontologie douteuse des moyens utilisés par cette femme, le sexe qui sert à la conversion politique, il faut en plus comprendre que :
  • Le sexe change le monde (si c'était le cas, on vivrait tous en harmonie dans une société parfaite depuis longtemps ; nos ancêtres auraient trouvé le truc ... en effet, pourquoi se prendre le choux entre tyrannie, démocratie, monarchie parlementaire, droite et gauche, quand le sexe convertit tout le monde à la même cause au final ?)
  • Les gauchistes sont donc désespérés et n'ont aucun programme politique valable pour avoir recours à des méthodes dégradantes pour la politique et la sexualité ... donc l'humanité
  • Les personnes de droite sont largement admises comme étant des cul serrés (probablement puceaux) qui dès qu'ils auront ouvert les yeux après qu'une femme ait écarté les jambes n'auront plus le cœur à la place du porte-feuille.
Niveau comique, Sarah Forestier se propose facilement à Jacques Gamblin, interdit de critique. Puis elle met sa petite culotte dans la poche de veste du jospiniste convaincu dont elle tombe amoureuse avant de se faire surprendre par la mère du pauvre quidam à la sortie de l'ascenseur. Déjà vu ailleurs.

J'aimerais bien que la petite bête mange la grosse.

L'idée nauséabonde que l'utilisation de l'acte intime amoureux est un bon moyen d'agir en individu civique afin de détourner et de convaincre des adversaires politiques est maintenant répandue avec succès. A quand le débat porno d'entre-deux-tours des élections présidentielles sur France Télévision ?

Faut niquer le monde pour que ça aille mieux ? Le spectateur de cinéma aussi donc ?




Faisons la synthèse de tout cela. Donc, les personnes descendants de maghrébins ou non veulent trouver des blondes et des mecs riches de Neuilly pour l'amour, le sexe et l'ascenseur social misant à coup sûr sur le pouvoir de persuasion du sexe en convertissant tout ce monde à gauche. Que les images véhiculées de notre ami l'immigré, du patriote gauchiste et du Français français agissent de façon plus ou moins conscientes, la question qui se pose est : le public, accepte-t-il de rire de ces préjugés ou ces films les confortent-ils ? Il faut voir les films pour s'en rendre compte. La morale doit être sauve en plus et ça doit ressembler à un truc du genre : "Mais on est tous humains. On va tous arriver à s'entendre. Mettons nos différents de côté. Rions, baisons, buvons. Il n'y a rien de mal. Du moment que ça marche ..." Encore. Si ça marchait, on vivrait déjà dans un monde parfait. Ça doit être de cette naïveté que le public aime rire.

Moi, ma moralité, je la préfère comme ça : partageons les richesses par les impôts et les limitations de salaire. Libéralisons pour qu'une juste économie mixte conviennent à tous, et, n'annulons pas nos différences qui sont, comme le désaccord, le sel de la démocratie. Et un geste pour l'environnement mince ! Allons Enfants de la patrie ...