La sélection de Donc Acte !

Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art. Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.

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mercredi 11 janvier 2012

La sélection du mercredi

Mercredi 11 Janvier 2012
Chaque semaine, il y a un film de la semaine

Cette semaine, le film de la semaine est au choix :

J. Edgar (2011) de Clint Eastwood : Selon la rumeur, J. Edgar Hoover était le patron homosexuel, raciste et travesti du FBI, le responsable de chantages et de persécutions sur des personnalités politiques et publiques, le possible organisateur de l'assassinat de J.F. Kennedy et l'inventeur du relevé d'empreintes. Une chose est sûre, il n'a pas levé un doigt contre la mafia de Chicago en 48 ans de bons et loyaux services entre 1935 et 1972.

Dans la bande-annonce, J. Edgar Hoover a tous les atouts d'un grand homme qui s'est laissé corrompre par le pouvoir. Il est un individu qui s'est sacrifié pour sa patrie en faisant le sale boulot, celui que personne ne veut faire, celui que seuls les adultes matures et responsables sont capables de comprendre, celui des personnes qui acceptent de se salir les mains en cassant des œufs, celui qu'Oliver Stone décrirait comme étant issu de cerveaux paranoïaques et immoraux.

Bref, Dirty Clint montre encore une fois que son cœur balance du côté des Républicains (et ça fait plaisir à tous ceux qui le vénèrent en France pour le grand artiste qu'il est/qu'il a été ... en pensant qu'il est de gauche). Monsieur Eastwood a soutenu Dwight Eisenhower, Richard Nixon (dont il a accepté une nomination au conseil national pour la culture en 1972), Ronald Reagan (dont il était un ami personnel), George W. Bush et John McCain. Il a (sérieusement) menacé de mort Michael Moore s'il se pointait sur le perron de sa baraque pour lui faire le même coup qu'à Charlton Heston pour Bowling for Columbine (2002). En somme, J. Edgar pourrait être une pelloche idéologiquement orientée.

Si J. Edgar est votre film de la semaine, tapez dans vos mains.


Post Scriptum




J'ai toujours rêver de faire tomber Karin Viard de sa chaise en lui parlant de sexe. On m'a volé mon rêve dans Parlez-moi de vous (2011).

mardi 18 octobre 2011

Ma sélection du mercredi 19 Octobre 2011

Mercredi 19 Octobre 2011

Le mercredi s'écrit des fois le mardi.

Paranormal Activity 3 (2011) ... j'avais regardé le premier d'un œil par intérêt pour les films d'horreur. Mais celui-là ne m'avait pas captivé pour un sou. J'en aurais payé deux que je n'aurais pas davantage apprécié. Gratuit, pareil. Il en était largement resté à la surface. Le prime Parano Act, n'était-il pas un plan fixe sur une chambre à coucher ? Il fallait bien 2 ou 3 autres bouts de ficelle pour approfondir, histoire de densifier et d'expliquer comment on enroule une pelote. Crédibilité suite au succès oblige. Vu la qualité du premier, je ne me suis même pas rendu compte qu'un second était sorti. Au jugé de la bande-annonce du troisième, je peux affirmer que les auteurs ont puisé dans le passé du cinéma de maison hantée afin de composer leur intégrité artistique en la volant à d'autres. On se rend compte que quelque chose sort de l'ordinaire. Des personnes se font frapper par l'invisible. Ça va vite et ça survient brusquement. Il y a de bruyantes interventions sonores. Les vieilles recettes sont utilisées dans un nouveau pot : celui de la vieille betacam/supervhs/dvcam/etc... familiale pour le bonheur des plus impressionnables (Qui a dit que Spielberg devrait demander une application de pré-retraite ?).

Park Row (1952) de Samuel Fuller. Il n'y a de bande-annonce disponible pour ce film qui ne sera diffusé qu'à Paris et à Aix-en-Provence d'après les estimations Allociné. Je le recommande fortement. Il s'agit d'une des meilleures œuvres de l'auteur américain excité qui n'avait peur de rien. Le récit narre la naissance d'un quotidien par un jeune journaliste plein d'ambition. Il fait état de ses premiers combats dont la collecte de fonds pour un socle bien particulier (je vous laisse découvrir). A espérer une sortie prochaine en DVD pour le reste de la France. Violences à Park Row est une bombe qui transmet l'amour de la presse écrite (dans laquelle Fuller a fait ses premières armes) et la passion de l'entrepreneuriat !




Polisse (2011) a l'air intéressant à voir. Question de protection de l'enfance, des humains impliqués dans cette lutte et du regard porté sur eux. L'a l'air d'être à voir ce film. Moi, Joey Star et Maïwen, c'est pas mon délire. Mais bon ... il paraît que, même en vivant cent ans, on ne voit pas tout. Alors pourquoi pas se laisser surprendre. Pour mon goût, Karin Viard est au générique.

lundi 5 septembre 2011

Le rôle de sa vie

Lundi 5 Septembre 2011
Jour

Le rôle de sa vie, François Favrat, 2003, France.

La jaquette du DVD vend Le rôle de sa vie comme une "comédie acérée" (Le Monde) faisant chavirer de rire et vibrer d'émotion. Le film est "féroce, drôle et juste" (Studio), "réussi,[...] cruel, finement satirique [...]" (Elle) et montre "un jeu de fascination bien mené et finement interprété" (Télérama). Cinélive et Le Parisien lui ont accordé trois étoiles. Hormis le résumé de l'intrigue, seuls deux points sont en accord avec le long-métrage de François Favrat. La question posée est bien "Peut-on réellement se lier d'amitié avec une star ?", et, le talent des deux actrices Agnès Jaoui et Karin Viard est porteur. 

Le résumé : "Pigiste dans un journal de mode, Claire Rocher (K. Viard), rencontre Élisabeth Becker (A. Jaoui), une star de cinéma. Tout les sépare, leur caractère, leur rapport aux hommes, et bien sûr l'argent, la notoriété. Claire est engagée comme assistante personnelle d’Élisabeth, et sa vie s'en trouve bouleversée. Enthousiaste, Claire a peu à peu la sensation d'appartenir au cercle des intimes de l'actrice ..."

Une fois que le DVD a terminé sa ronde dans la platine,  Le rôle de sa vie a laissé tomber le masque. Les scénaristes ont creusé le fossé entre mordant et humour au point où ce dernier s'est évaporé dans les sillons de la pellicule. Ils ont laissé trop de place à la peinture écœurée de la star Élisabeth Becker sans souligner les aspects satiriques, dérisoires, ironiques, sarcastiques, répétitifs, absurdes, illogiques, paradoxaux ou contradictoires qui auraient pu permettre d'en rire. Cet effort n'est pas non plus travaillé dans la relation entre Claire et Élisabeth. La drôlerie n'intervient qu'à des moments éparses au long du récit afin de relever l'attention du spectateur, même si elle ne fonctionne pas car trop de noirceur fait de ce spectacle une source de dépit (énervé, Mathias parle à Claire avec un casque de moto / le colocataire de Claire mentionne Mathias comme un jardinier qui nage comme un poisson dans l'eau).

S'il pouvait s'en tenir à sa teneur dramatique, Le rôle de sa vie pourrait en tirer quelque qualité mais François Favrat se contente de filmer méthodiquement une influence se nouer et se dénouer. Rouage après rouage, la durée se fait sentir. Le rythme est lent. Le récit s'égraine au compte-gouttes. L'emploi du raccourci narratif est laissé de côté (où est donc l'influence de Billy Wilder citée par François Favrat dans les bonus DVD ?). Seuls des éléments de scènes sont mis en avant. Les auteurs traitent le récit par bribes en effleurant de manière superficielle la complexification dramaturgique. En d'autres termes, pour 1h38 de métrage, on a l'impression d'assister à une mini-série de 5 heures 30 sur France 3 dont la première partie a été diffusé le dimanche en avril pour accueillir fièrement le printemps et dont la seconde partie a été balancée un après-midi de la semaine sans prévenir pour remplir les conditions contractuelles de diffusion de seconde partie avant la fin du mois d'août.

Le romantique n'y a même pas sa place. Le début d'une histoire entre Claire et Mathias dans la chambre 87 ne peut pas se nouer car il renvoie à la pitié éprouvée par Mathias envers une Claire désespérée en amour. Cette piste narrative qui aurait pu être exploitée pour mener à davantage de rouages scénaristiques intéressants (dans le triangle amoureux Claire-Mathias-Elizabeth ; plus il y a de choses à cacher entre hommes et femmes, plus l'intrigue amoureuse est savoureuse) est mise de côté. Billy Wilder entremêlait romantique et dramatique (et romantique et comique) afin que les deux aspects soient inextricables et le spectacle captivant. Cet enrichissement est remplacé de façon simpliste par une brève mésentente tardive entre Claire, Mathias et son petit ami photographe : Mathias plote Claire et s'en va en s'excusant.

L'influence professionnelle mise en relation avec le devenir de Claire est présentée en jouant sur les points de vue des 2 protagonistes. Même si Le rôle de sa vie traite avec justesse ses 2 personnages féminins et les relations entre elles, cette alternance expose les virements de situation à venir. La surprise fait défaut au récit. François Favrat utilise trop de précaution pour ménager son audience et n'a pas assimilé les notions de suspense, de rythme, de sous-texte et de sous-entendus indispensables à une comédie qui traite d'un sujet portant aussi à la tragédie.

Même si Le rôle de sa vie est une œuvre lucide racontant l'histoire d'une désillusion et un film amer fondé sur des prétentions de drôlerie, il n'appartient pas à la catégorie des long-métrages dont on découvre un ou des éléments nouveaux à chaque vision mais à celle dont on découvre une nouvelle citation de magazine à chaque regard porté à la jaquette.

Le rôle de sa vie ou Comment se laisser vampiriser par une pancarte

dimanche 3 juillet 2011

Rien à déclarer

Samedi 2 Juillet 2011
Nuit

Rien à déclarer, 2010, de Dany Boon raconte les rivalités de douaniers français et belges à l'heure de l'ouverture des frontières européennes. Ce film arrive après le plébiscite public de Bienvenue chez les Ch'tis en 2008. Le comique réalisateur s'extasiait qu'un tel succès lui permettrait davantage de libertés pour la suite de sa carrière. Donc Acte. Voyons ce que le faiseur du film le plus regardé de l'histoire de France nous a concocté les poignets détachés et les mains libres.

Passé l'introduction du film somme toute sympathique (la terre ne fait même pas un tour complet autour du soleil pour indiquer que sept années ont passé entre la nouvelle de l'ouverture des frontières et sa mise en pratique), Rien à déclarer annonce la couleur en posant une musique douçâtre et  inoffensive. Comme c'est touchant, le responsable de la douane française préfère sa machine à écrire et son papier carbone à la bestiole informatique, d'autant plus que le monstre numérique est coupable de bourrage de papier (quel étrangeté comique !). Comme c'est typique, la patronne de bar (interprétée par Karin Viard) demande à son mari (incarné par François Damien) si un douanier belge a payé pour le journal qui ne s'emprunte pas donc. Comme c'est ironique, bloquer les frontières pour les douaniers français signifierait travailler (notion contradictoire à celle de la grève -bien vu-), et, se mettre en grève pour ne pas bloquer les frontières viendrait à signaler que les douaniers soutiennent l'ouverture des frontières -bien vu encore-. Tout le monde est tout sourire, à part celui qui fait chier tout le monde, alias le patriote belge Poolvoerde. C'est bon, je suis dans l'ambiance. Ce film se situe au niveau des gens. Les bons gens. Les petits gens. Allez hop ! Pourquoi pas ? J'en suis un de petit. Je mesure 1m73, je travaille dans l'hôtellerie, et, à l'école primaire, j'avais une tête de moins que les autres.

Un journal qui ne s'emprunte pas.

Je peux d'ores et déjà féliciter Dany Boon pour le casting de ce film. Benoit Poolvoerde tient le haut de l'affiche (toujours une bonne nouvelle). François Damien et Karin Viard sont d'agréables comédiens à voir sur un écran de télévision. J'ai toujours eu un faible pour Karin Viard ; cause à une belle poitrine que j'ai du voir dans un métrage oublié depuis ou sur laquelle j'ai fantasmé à l'adolescence (je ne sais plus). Je suis l'un des rares dans mon entourage à trouver François Damien drôle ; ce qui a renforcé ma conviction qu'il l'est. A eux trois, ils me vont faire suivre le récit un petit bout de chemin. Suit le metteur en chef en personne, Dany Boon, du flim franco-belge (probablement) le plus regardé de l'histoire. Le cinéma, c'est comme la politique, on n'a pas toujours le choix des têtes de partis.

Belle poitrine : De qui parle-je ?

La musique a toute son importance. Elle participe à l'effet comique en le soulignant (tel une scène où un chien fait pipi sur le tapis, et, pof ! musique drôle, donc instant drôle) et remplace ainsi les rires enregistrés des sitcoms en tout genre. Le film ne fait pas dans la dentelle. Le rire est gras, à défaut d'être Ch'ti (LOL je suis en train d'être contaminé). Preuve : Le ciel et les étoiles appartiennent à la Belgique, amblance s'écrit avec un "U", et, un criminel ne sait pas comment faire une tête d'innocent.

Le comique s'envole lorsque la caricature du "gros con" entre en action : écouter Poolvoerde déblatérer sur les blagues belges est un délice, entendre l'éducation antifrançaise inculquée à son fils est un sublime supplice, et, qu'il préfère faire équipe avec une femme plutôt qu'avec un français apporte toute sa saveur à un personnage bien campé (même si, en temps additionnel, tout cela est de courte durée).

Et il croit en Dieu.

Le récit s'articule autour de la volonté du douanier français Ducatel / Boon (véritable niais au grand cœur) de s'attirer l'amitié du douanier belge Vandevoorde / Poolvoerde dont il rêve d'épouser la sœur qui ne fait rien sans l'accord de son frère trop fier d'être belge et qui plaque Ducatel parce qu'il est aussi haineux que son frère (???????????). Ils vont faire équipe en  voiture volante par devoir et par volonté de conciliation. Dany Boon va-t-il revisiter le buddy movie, genre dans lequel deux personnes que tout oppose vont finir par s'entendre ? Je ne sais pas encore (je fais de la critique live, le DVD est en pause) mais j'en doute.

Volontaire Ducatel qui veut se réconcilier avec la soeur de Vandevoorde qui sont tous deux suffisamment haineux pour que la sœur préfère son frère à son fiancé.

Dany Boon en profite pour dénoncer un certain nationalisme wallon et français en en riant, qui, en réalité, contexte historique et actualité oblige, manque sa cible. Les wallons ont, en 2011, depuis 2010, à se soucier d'un certain nationalisme flamand qui promet de ceindre la Belgique en deux. La comédie perd un peu de son charme (passéisme oblige) et en gagne (passéisme oblige). Les nationalismes promettent sans le savoir, à l'heure des frontières ouvertes, de détruire les pays de l'intérieur.

Pour rentrer dans les bonnes grâces de son futur beau-frère, Ducatel lui cire les pompes et utilise la fierté du bonhomme contre lui. Ainsi les blagues belges deviennent de la jalousie tournée contre le meilleur douanier de toute la frontière franco-belge. Les aléas du combat contre la drogue unissent les deux fonctionnaires frontaliers. Probable Happy End à venir surtout qu'un français enseigne l'humanisme à un belge.

Une chose est sûre. Après avoir vu la moitié de Rien à déclarer, il est agréable de constater qu'écrire sur une pelloche et un sujet qui m'intéressent rend la critique plus sympathique que lorsque ma plume s'attarde sur un film qui se trouve aux antipodes de mes conceptions cinématographiques, comiques (à part la caricature de Vandevoorde) et morales.

P.S. : Une voiture (de douane) "volante" supersonique est détruite par le duo de douaniers lors d'une course-poursuite. Il en est impossible de tirer par la fenêtre, dixit l'expression faciale de Vandevoorde lors de sa tentative. J'ai sauté tout un passage pour regarder malgré tout un bout de la fin. Mea Culpa.