Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art.Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.
La bande-annonce de Mille Mots présente Eddy Murphy, le comique que nous avons tous tant aimé dans Un fauteuil pour deux, Un prince à New York et Le flic de Beverly Hills 3 de John Landis, ne pouvant aligner plus de mille mots sous peine de mourir. Vu que monsieur Murphy est difficile à refourguer après ses passes cochonnes avec des prostituées transexuelles, le monteur a casé une musique des Blues Brothers de John Landis (dans lequel monsieur Murphy n'a jamais figuré) pour rythmer un film dont, apparemment, le seul atout est de faire taire Eddy Murphy.
Et prétendre que la bande-annonce ne m'a pas emballé parce que monsieur Murphy a couché avec des prostituées transexuelles, c'est grave.
La bande-annonce de Matins calmes à Séoul d'Hong Sang-soo est très prometteuse quant au long-métrage. L'histoire d'amour promise semble être généreuse en instants reposants et chaleureux.
Mais, faire un zoom, celui de la 45ème seconde, c'est grave.
Prétendre que l'amour est plus fort quand on oublie tout de l'autre, c'est grave.
Frapper son rival quand on essaie de reconquérir la femme de sa vie, c'est grave.
Les femmes n'aiment pas la violence dans la période de séduction, c'est grave.
Parce que l'idée de me délecter de voir Channing Tatum attraper un rhume sous la pluie ne pourra m'empêcher d'aller voir Je te promets - The Wow, c'est grave.
Parce que je ne considère pas que Wes Anderson est un génie de la comédie, je ne suis pas "tendance", c'est grave ...
Comme dans Je te promets - The Vow, une femme a un grave accident. Comme dans Hasta la vista et Intouchables, il est question de chaise roulante. Comme dans Bullhead, Matthias Schoenaerts tape avec ses poings. Comme dans tous ses films, Marion Cotillard ne donne pas envie. Comme dans Jacques Audiard, il est question de chef d’œuvre avant même que le film ne soit tourné.
Parce que la chaise roulante est "tendance", c'est grave.
L'une des spécialités sur Donc Acte ! est la critique de bande-annonce. Dès juin 2011, J'avais inauguré ce phénomène toujours et encore impopulaire pour le plus grand nombre avec une vue transversale (prouvée véridique par ceux qui ont vu les films) de la comédie française actuelle. Je n'avais pu résister à décortiquer le trailer de The Thing version 2011 pour une simple raison : 1. je ne voulais pas espérer des chimères sur la chose. Je m'étais ensuite penché sur le cas du teaser-trailer de The Dark Knight Rises. Pour rafraîchir les mémoires, cette analyse m'avait fait interpréter les événements à suivre dans la version nolanienne de la franchise Batman de la façon suivante : The Dark Knight est de retour parce qu'il le faut bien. La ville de Gotham City est en grand danger. Batman, qui avait trouvé une excuse tordue pour prendre sa retraite en endossant le rôle de bouc émissaire et justifier la couverture d'un criminel et le mensonge d'état, se fait prier sur le lit de mort de son meilleur ami (incarné par Gary Oldman), le seul policier digne de foi de Gotham City, pour reprendre du service et affronter un vilain affublé d'un masque à oxygène. J'avais rarement vu un teaser aussi peu inspirant. Christian Bale/Bruce Wayne/Batman se devait de redorer le blason d'un homme franchement imbu de lui-même en tant que riche et en tant que héros dans une meilleure bande-annonce.
L'article qui suit est l'analyse méthodique de la dernière bande-annonce en date de The Dark Knight Rises. Je me suis penché dessus afin d'essayer de cerner la façon dont les événements et le propos se goupillent dans le dernier volet de la trilogie nolanienne.
Légende de l'analyse de la bande-annonce :
en noir, la description
en vert, les remarques
en bleu, les détails techniques
en rouge, les panneaux intertitres
Bande-annonce :
Les logos de la Warner Bros., de Legendary Pictures, de DC Comics et de Syncopy s'enchaînent rapidement sur fond bleu
L'hymne américain se fait entendre. Une voix d'enfant la chante.
Un enfant apparait à l'écran. Il est dans un stade sur un terrain de football américain. Il chante face à un micro.
(Si on avait entendu une sonnerie de téléphone, l'image d'un téléphone apparaitrait)
(Si on avait entendu un mouton bêler, l'image d'un mouton bêlant apparaîtrait)
(Si on avait entendu des mouches à merde voler, l'image de Sylvio Berlusconi apparaîtrait)
Le public écoute respectueusement l'enfant chanter (ce que la démocratie américaine a de mieux offrir et à défendre va devoir affronter le pire ...).
Bane (on sait que c'est lui à cause du blabla de fans autour du film ... on sait également que personne n'est véritablement emballé que Bane, considéré comme insipide, soit le méchant du dernier opus de la trilogie nolanienne de Batman) sort d'une cage d'ascenseur (... le pire est un type affublé d'un masque à gaz sortant d'un ascenseur).
L'accent anglais de Michael Caine se fait entendre.
Voix off de Michael Caine : "Tu m'es aussi précieux que tu l'étais à ton père et ta mère. "
Un travelling-avant sur une table dans une pièce vide. Tout respire le fric chic. Un plateau recouvert d'une cloche en argent. En même temps que la caméra avance, une forme humaine se reflète dans la cloche. Un individu se trainant sur une canne s'arrête devant la table.
Michael Caine (sur fond bleu ; comprendre un mur peint en bleu) a la larme à l’œil : "Je leur ai juré de te protéger."
Christian Bale/Bruce Wayne a l'air circonspect.
Michael Caine : "Et je ne l'ai pas fait."
Alors que Christian Bale/Bruce Wayne pourrait acquiescer ou réconforter son ami-majordome, il reste hagard et ne laisse transpirer aucune marque de compréhension à ce que son ami-majordome lui raconte.
Image de Gotham City.
Un chant de choral d'enfants résonne sur ce plan de ville en soirée.
Coupe sèche de montage
Panneau noir
Gros bruit de taule remuée pour faire un bruit de cape
From Christopher Nolan
Travelling-avant sur une garden party devant un manoir.
Voix off inconnue : "Le maire est dans les soucis jusqu'au cou." (traduction polie)
Le maire laisse d'ailleurs si rapidement sa place au policier incarné par Gary Oldman que l'on pourrait facilement confondre l'acteur anglais pour l'élu municipal. Huit années ont passé ... on le sait à cause du blabla de fans autour du film.
Voix off identifiée : elle émet un "mhmh" d’acquiescement. Matthew Modine : "Vraiment ?! ... mais c'est un héros" Matthew Modine fait un geste du bras indiquant Gary Oldman qui ne dit rien face au micro sur le podium. La méprise concernant l'identité du maire est toujours de rigueur.
Voix off identifiée : "Un héros de guerre. On est en temps de paix."
Gary Oldman reste silencieux. Il s'est trouvé une occupation sur le podium. Il déplie des feuilles de papier.
Sentant un renouveau de la mode de l’origami poindre son nez, une ombre sur le toit du manoir s'éloigne dans la pénombre.
Une voix off féminine annonce : "Vous croyez que cela va durer ..."
Un homme (je mets un billet sur Christian Bale/Bruce Wayne), de dos, s'avance dans une grande salle de réception.
Il danse avec une femme qui porte du rouge-à-ongles (rouge) et un masque noir laissant largement supposer qu'il s'agit de catwoman.
Voix de catwoman/catlady : "... Une tempête arrive, monsieur Wayne. " Montage rapide : des policiers en uniformes d'intervention musclée sont dans un sous-sol. Une explosion en déstabilise certains. Ce grand bruit en fait se retourner d'autres qui sont (logiquement) avancés plus avant. Bane est de nouveau à l'écran. Des voix en chœur se font entendre. Elles marquent un tempo haché et allant crescendo. Bane marche dans un tunnel. (il y a de la jolie fourrure blanche sur son haut col de manteau). Catlady finit de mettre un collier à perles autour de son cou. Voix de catlady : "Vous et vos amis feriez mieux d'enterrer les haches de guerre ... (là, je dois dire que j'ai eu du mal à comprendre l'anglais articulé faiblement par la voix éraillée d'Anne Hathaway)" Une explosion derrière Gary Oldman. Un escalier dans une maison luxueuse. Du mobilier dont un fauteuil passe par dessus une rambarde du premier étage. Il manque d'écraser un quidam. Un miroir est brisé. Un individu en costume de ville est tiré de dessous un meuble où il se cachait. Voix de catlady : "... vous allez vous demander comment vous avez pu vivre dans un tel luxe ... alors que vous avez laisser si peu pour le reste d'entre nous." Catlady chuchote ses derniers mots à l'oreille de Bruce Wayne ... ... qui prend ses distances. Des prisonniers armés en uniformes orange sortent au travers d'une porte éventrée. Les jambes de Bane sont visibles au premier plan. Le quicker (le botteur de ballon) de l'équipe de foot lève 2 doigts au ciel. Le match s'apprête à débuter. Bane apparaît dans une entrée du stade amenant sur le terrain. Chritian Bale/Bruce Wayne pousse la porte d'une cellule (déjà présente dans le teaser). Il en sort et se retrouve dans une salle (présumée souterraine). Christian Bale/Bruce Wayne porte une barbe mal entretenue. Il parle à un autre individu mal rasé. Wayne : "Qui (je n'ai pas compris ... les voix en chœur sont devenus très fortes) ?" Le mal rasé répond : "Rice." Bane, à l'entrée du terrain de jeu, appuie sur un détonateur.
Gros bruit
Panneau noir
Un joueur de football porte le ballon. Il court pour aller marquer un touchdown (comme un essai au rugby). Derrière lui, le terrain s'effondre et ne le rattrape pas dans sa course. La série d'explosions avant la ligne de démarcation de la zone d'essai. Ward, le joueur, doit être très heureux d'avoir marqué ce jour-là.
Fondu au noir Voix off (une voix passant au travers d'un masque) : "Quand Gotham est réduit à l'état de cendres, ... Christian Bale/Bruce Wayne est allongé. Son visage est en sang. Bane, en contre-plongée, finit sa phrase destinée au retraité Batman : "... cela n'a aucune importance si tu meurs." (les méchants dans ce dernier volet ont un anglais difficile à comprendre). Next Summer
Les voix en chœur ont repris du service
Marion Cotillard enlève son masque.
Christian Bale/Bruce Wayne sourit.
Un type en costard-cravate saute du haut d'un immeuble.
Catlady marche dans une allée avec un chapeau qu'aurait pu porter Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's.
The epic conclusion ...
Batman pointe une arme à multiples canons rayonnants. Il est assis sur sa bat-moto dans un parking.
Une pseudo-batmobile en kaki militaire se fait exploser en roulant.
Des policiers en uniformes descendent le long d'une cheminée d'usine/d'un silo en rappel.
Bane se tient les bretelles.
Joseph Gordon-Levitt passe une porte.
...
to the dark knight legend
Batman s'apprête à en découdre avec Bane sur le parvis d'un bâtiment officiel. C'est la bagarre tout autour d'eux.
Des policiers dans un tunnel.
Un mini-tank tire sur le bâtiment officiel.
Batman et Bane se mettent des baignes.
Les policiers ont fini leur descente dans la cheminée/silo.
Ils sont arrivés dans la salle supposée souterraine où Christian Bale/Bruce Wayne était retenu captif.
3 engins de guerre roulent dans Gotham City.
L'image de la fin du teaser de juillet 2011: des hauts de buildings formant le contour de l'insigne de Batman s'effritent.
The Dark Knight ... ... Rises
Passage musical à la Inception
The legend ... (boum) ... ends (boum)
Experience it in IMAX
SUMMER 2012
Générique des personnes impliquées dans la fabrication du film balancé vite-fait
Je vais proposer un probable récit du prochain Batman en conclusion de ce trailer : Bruce Wayne semble avoir mis son costume de héros à la retraite. Harvey Dent est mort et enterré en costume de chevalier blanc. La dissimulation des crimes d'un responsable d'état a porté ses fruits. Batman devrait être impopulaire. Je suis hésitant sur ce point : soit le policier incarné par Gary Oldman se retrouve dans un sale état (dans les trailers : attaque des policiers en sous-sol + Gary à l'hôpital) avant l'ellipse temporelle, soit il est en soins intensifs au début du déclin de la paix à Gotham (il pourrait même mourir dans cet épisode). Période de paix de 8 ans mais quelque chose ne va pas. Un combat des classes pointent son nez : les riches qui prennent tout et ne laissent que des miettes aux autres sont les cibles de Bane et de Catwoman. Ils ont enrôlé des prisonniers pour se constituer une armée (ces mêmes détenus qui, dans The Dark Knight, prouvaient 8 ans auparavant que l'humanité n'était pas si mauvaise que cela au Joker ; ils n'avaient pas fait explosé le ferry rempli de bons citoyens). Bane et Catwoman font donc prisonnier des riches dont Bruce Wayne (l'intrusion dans la maison de riches/le fauteuil qui s'écrase ... le récit de ce The Dark Knight Rises a des relents de resucée de Batman le défi (Tim Burton, 1991) dans lequel le pingouin kidnappait les enfants de riches). Christian Bale/Bruce Wayne cherchera à s'échapper et à entraîner d'autres personnes avec lui pour lutter contre Bane qui a commencé à mettre en place son règne de terreur (le match de football US). Grosse baston et fin sombre pour faire de l'auteur un intello et du public une audience mature. Il ne me reste plus qu'à voir le film pour m'assurer de ma théorie.
Inception est un film d'espionnage industriel. Jack Cobb (Leonardo di Caprio) est le meneur de braqueurs de rêves qui fouillent les inconscients des victimes pour leur soutirer leurs plus précieux secrets. Il est pris au piège entre deux compagnies se livrant une guerre. Après avoir échoué lors d'une extraction sur Saito (Ken Watanabe), il doit faire profil bas. Mais Saito propose à Cobb un marché lui permettant de retourner aux États-Unis et de retrouver ses enfants qu'il ne pouvait plus voir depuis la mort mystérieuse de sa femme Mal (Marion Cotillard). Jack Cobb et ses associés doivent pratiquer une inception (implanter une idée dans l'inconscient de l'héritier d'un empire industriel) pour que le rêveur en chef puisse lever les soupçons pesant contre lui et jouir de nouveau de la vie de famille.
Comme s'il n'avait pas suffisamment de problèmes avec lesquels jongler, un obstacle supplémentaire s'oppose à Cobb. Le souvenir de son ex-femme le tourmente à tous les niveaux de sa conscience. Ainsi Mal vient perturber ses rêves et mettre en danger ses acolytes qui y plongent avec lui.
Quand je songe qu'il suffirait que Cobb arrête de penser à son ex pour que ses soucis soient plus simples à résoudre, je me suis dit que Nolan avait planché sur une excuse en béton pour que la nostalgie du protagoniste principal vire à l'obsession. Malheureusement, Nolan est un cinéaste spécialiste de la complexification absconse.
Inception ou Comment avoir peur de la colère d'une femme lorsqu'elle n'existe plus qu'en souvenir
Retourner à ses enfants mis à part, les motivations de Jack Cobb se trouvent dans la guérison d'une culpabilité dont il n'arrive pas à se détacher. Alors que Cobb et Mal vieillissaient heureux et tranquilles dans un monde de rêves, il a implanté une idée de suicide dans l'inconscient de son épouse. Cobb voulait qu'ils retournent au concret. Mal ne le souhaitait pas. D'où l'idée de monde insuffisant et de mort infligée à soi-même. De fait, au réveil, la logique se reproduit. Mal s'assassine devant Cobb impuissant. Grand étourdi, Cobb n'avait pas tout prévu (c'est à cet endroit précis du scénario que le bât blesse et que le héros loin d'être reluisant en reprend une couche).
Pour pratiquer l'inception, Cobb s'est emparé du totem de sa défunte épouse dans les limbes où ils résidaient. Nolan ne montre pas la façon dont Cobb s'est pris pour implanter une notion simple mais redoutable dans le subconscient de Mal. Alors qu'il a fallu à son équipe trois niveaux de rêves emboités (tout le monde fait "ouha ! quel exploit ! c'est une première ! c'est impossible ! mais si on va le faire !"), des partenaires et un puissant somnifère pour inceptiser la destruction d'un empire industriel familial à un fils héritier en querelle avec son père, il n'est nullement mention du nombre de niveaux de rêves, de drogues et d'acolytes qu'il a fallu à Cobb pour implanter une idée de suicide dans le subconscient de sa chère et tendre amoureuse.
A votre avis, quelle idée est la plus dure à implanter ? Le suicide de l'amour de sa vie ou la fin du business d'un homme auquel le fils héritier tourne à moitié le dos ?
Comme solution pour ne pas affronter sa responsabilité, Cobb utilise les souvenirs partagés avec Mal pour maintenir "en vie" son obsession nécrophile et sa culpabilité. Il n'arrive plus à distinguer le rêve de la réalité sans avoir recours au test de la toupie, objet totem que chaque braqueur se doit de posséder afin de déterminer si le retour au monde concret est effectif.
Ce que Cobb tient dans sa main gauche est la source du problème de la fin du film. Ce qu'il tient dans sa main droite n'est pas ce qu'il semble, c'est en vérité un sèche-cheveux.
Les petits mouchoirs, Guillaume Canet, 2010, France.
En regardant Les petits mouchoirs, je me suis demandé à quel genre de films appartenait le dernier opus en date de Guillaume Canet. Le réalisateur a-t-il réussi à capter l'essence d'une génération toute entière ou d'une entente indestructible entre amis au point où l’œuvre canette côtoie Le péril jeune ou Vincent, François, Paul et les autres ? Ou, Les petits mouchoirs, est-il une compilation d'extraits choisis de musique de la collection privée du metteur en scène qui en a profité pour caser ses potes acteurs et sa femme dans la feuille budgétaire de production ?
Plusieurs preuves viennent étayer cette seconde hypothèse :
Jean Dujardin a accepté un petit rôle. Il reste 2h27 sur un lit d'hôpital à espérer que sa tronche n'a pas été trop abîmée par la colle des effets spéciaux pendant que ses meilleurs amis (dans la diégèse) sont en vacances à la mer.
Marion Cotillard, son épouse à la ville, n'est jamais passée par la case maquillage-habillage-coiffure avant les prises de vue.
François Cluzet, malgré sa collaboration précédente au grand banni de ma filmographie devant l'éternel Ne le dis à personne de Guillaume Canet, a accepté de rejouer sous sa direction.
Anne Marivin, habituée aux rôles de secrétaires dans les films de l'acteur-réalisateur star, joue un personnage satellitaire dont la résolution du conflit née à cause de son attitude est triviale.
Les morceaux de musique choisis sont diffusés en intégralité ou quasi-intégralité sur de nombreuses séquences vide en émotions.
Les petits mouchoirs appartient à la catégorie de films de réalisateurs qui avaient envie de partager un peu de leur discothèque et de leurs obsessions personnelles en affichant ses amis et sa femme. Le résultat a convaincu beaucoup de monde de se déplacer en salles. Tout est possible en cinéma ; cet art n'est pas une science exacte. La gloire se rappellera donc que Guillaume aime Creedence Clearwater Revival, Ben Harper, David Bowie, Janis Joplin, Eels, Gladys Knight & The Pips, The Band, Jet, Sixto Rodriguez et d'autres, qu'il a épousé Marion Cotillard, qu'il se marrait en considérant Benoît Magimel comme un homosexuel refoulé, qu'il craignait la concurrence de Jean Dujardin au point de le faire renverser par un camion dans la première séquence, qu'il avait comme potes François Cluzet, Anne Marivin, Gilles Lellouche, et d'autres. Le grand message du cœur de Les petits mouchoirs souligne et surligne que Guillaume Canet aimerait que tout ce petit monde vienne tirer la tronche, verser de grosses larmes à son enterrement par gratitude (pour le "tellement" qu'il leur a apporté) et sourire en repensant à lui. Les petits mouchoirs est un long-métrage d'un réalisateur égocentrique larmoyant sur sa mort et sur le fantasme de son enterrement hanté par la crainte de ne recevoir aucun recueillement de la part de tous ceux à qui il a donné.