La sélection de Donc Acte !

Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art. Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.

jeudi 25 juillet 2013

Wolverine, le combat de l'immortel

Wolverine, le combat de l'immortel, James Mangold, 2013, USA

Si ce film est meilleur que X-Men Origins : Wolverine (Gavin Hood, 2009, USA), précédent volume de la saga des Wolverine en solo, Wolverine, le combat de l'immortel n'est pas un bon film. Ses prémices sont intéressants mais le développement est très décevant. S'il est possible d'exploiter la thématique de la vulnérabilité du personnage se croyant immortel sans ne plus l'être, des biens-faits et méfaits de la mortalité et de l'immortalité, le scénario utilise les blessures inhabituellement persistantes imprimées sur le torse de Hugh Jackman (alias Wolverine) afin de montrer à quel point il est musculeux et permet de mettre Wolverine dans plusieurs situations d'échec mal pensées.

D'une part, la mortalité de Wolverine ne l'incapacite pas. Wolverine, devenu mortel, vole d'exploit en exploit. Il fait face à tous ses ennemis et s'en débarrassent comme de rien. Il ne ressent qu'une gène ralentissant sa cadence. Il se permet même une scène à grand spectacle sur le toit d'un train allant à 500 km/h. Même si les yakuzas y arrivent eux aussi pour les besoins du film (en moins bien : spoiler alert), le paradoxe entre la thématique et les rebondissements de la pelloche est atteint. Quel est l'intérêt de redevenir commun ("avoir une famille, mourir, etc ...") en se permettant des scènes aussi ébouriffantes et spectaculaires exigeant tant de dextérité et de réflexes ? Ce serait dommage tellement la scène est réussie. Car personne de commun ne survivrait à une telle expérience. Et personne de commun, sans auto-régénération, ne pourrait encaisser autant de balles. En somme, même la mortalité n'affecte pas Wolverine.

"Pour célébrer mes blessures par balles encore saignantes, je fais un tour sur le toit d'un train allant à 500 km/h ! Et je me taperais un kebab juste après. L'exercice, ça creuse."
  

D'autre part, ses mises en échec ne sont que des scènes montrant que la réflexion du personnage ne s'adapte jamais à sa nouvelle condition (logique quand tu nous tiens). Wolverine évite les changements de tactique et fonce tête baissée dans toutes les embuches. Il passe pour un crétin sans fin. Pourtant, dans le comics, Serval passe une partie de sa vie en Asie, marquée par un goût du secret, de l'infiltration et de la frappe chirurgicale. On peut le voir planter en silence ses griffes et arriver à son objectif sans faire frémir plus d'ennemis qu'il n'est nécessaire d'inquiéter. Spoiler alert : Dans ce Wolverine, le combat de l'immortel de James Mangold, Wolverine souhaite libérer Mariko, avec qui il a passé UNE nuit chaude, de la tour où elle est retenue captive. Redevenu immortel, il se laisse gentiment harponner en empruntant au pas de course la rue principale du village sachant que, sur tous les toits, se trouvent des ninjas prêts à faire de lui des brochettes. La scène est censée être mémorable en émotions (la musique le souligne) mais Serval, en devenant Wolverine au cinéma, a tout oublié des techniques de combat, quel qu'elles soient. C'était l'occasion rêvée de retrouver un Wolverine combatif, lui qui a le moral à zéro (spoiler alert : faute d'avoir eu à tuer Jean Grey à la fin de X-Men 3). Tant d'amour et de romantisme sont gâchés par la suite. Wolverine plante Mariko à l'aéroport comme si elle n'était qu'une vulgaire potiche. Elle doit se satisfaire d'un simple baiser avant que Wolverine lui avoue avoir retrouvé son esprit de guerrier ... et qu'il prenne un avion pour taper sur du méchant aux USA (patriotisme quand tu nous tiens). Par respect pour la relation entre Mariko, femme forte, et Serval, mutant sensible, propre au comics (Serval et Mariko deviennent époux et épouse), Mariko aurait dû repousser Wolverine. Le départ de Wolverine sur le mode "un baiser et je mets les bouts" fait beaucoup trop ressembler ce Wolverine à Jack Burton de Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin de John Carpenter : c'est-à-dire à un idiot qui tourne le dos à l'amour. Je soulignerais donc que les problèmes d'émois de Wolverine se règlent selon l'adage suivant : "Si vous avez tué l'être aimé, allez baiser une japonaise sur les braises encore chaudes de Nagasaki, vous retrouverez l'envie de tuer du méchant bien de chez vous."

Pour conclure, je dirais que le scénario de ce Wolverine, le combat de l'immortel reprend la même construction que X-Men Origins : Wolverine. Wolverine est proche d'un changement radical (adamantium et mortalité). Wolverine se tape un trip paisible à la campagne (Wolverine fermier et Wolverine à Nagasaki). Et combat final. 

mercredi 3 juillet 2013

World War Z

A des fins de protection légale, je souligne avec vigueur que le Brad Pitt présenté dans cet article n'est en rien le véritable Brad Pitt, l'acteur. Il s'agit du personnage incarné par Brad Pitt dans le film World War Z, aussi connu sous le patronyme de "j'ai oublié son nom" ... je vérifie ... John Caskaboul (non, ce n'est pas ça) ... Gerry Lane.


World War Z, Mark Forster, 2013, USA

Salut, je m'appelle Brad Pitt. J'adore ma famille et elle passe avant tout. C'est pour cela que lorsque je me retrouve sur un bateau militaire, je ne dis rien sur le fait d'avoir eu du sang de zombie dans la bouche. Pas d'inquiétude. Ce sang ne m'a pas contaminé. Et je ne suis pas immunisé contre le phénomène Z. Je suis même plutôt heureux. Ma femme et mes deux filles sont au chaud en naviguant sur l'eau. Bien qu'une morsure de zombie transforme un vivant en infecté en 12 secondes, moi, j'ai les gencives solides et les muqueuses imperméables. Ma langue, c'est du béton et tout le système digestif et respiratoire est verrouillé par un système SécuriTron (rappelons tout de suite que l'inefficacité du sang Z à son introduction dans la bouche du vivant n'est jamais expliqué d'aucune manière que ce soit).

BRAD PITT

Quant au commandement militaire, il veut que j'accompagne un virologue en Corée du Sud pour trouver l'origine de l'infection. Mais, là encore, je ne dis rien sur la non-infection suivant le contact du sang Z avec l'intérieur de ma bouche (?!). Cela pourrait invalider la théorie virale. Oui, non, mais ... c'est parce que je souhaite tellement être obligé à reprendre du service (de quoi d'ailleurs) que je ne trouve pas intelligent de rester utile (afin que moi et les miens puissions rester sur le bateau) en étayant une piste scientifique plus crédible. Non, c'est pas le genre de choses que je pratique. J'aime tellement partir à l'autre bout du monde en soutenant une piste que je ne soupçonne même pas de manquer de fiabilité.

J'adore parcourir le monde en allant d'une rencontre à une autre afin d'en apprendre davantage sur le mal Z qui s'est emparé de la planète. Au passage, j'en apprends plus que tout le monde. Les Zombies sont attirés par le bruit. Mais, un coup, j'informe mon petit monde. Et un autre, non. Je suis comme cela, moi. Je crois qu'une fois que j'ai compris un truc, tout le monde l'a compris aussi. Et je crois qu'une fois avoir transmis l'information à une personne, tout le monde est au courant. Ah oui, j'oublie d'éteindre mon portable avant de passer en mode silencieux dans un couloir rempli d'infectés. Et c'est vrai qu'on pourrait mettre sur mon compte de n'avoir pas prévenu les réfugiés à Jérusalem que le bruit attirait les Zombies ... avant que les Zombies ne s'excitent et n'entrent dans Jérusalem ... mais j'étais content de les entendre chanter ... et je n'avais pas vu Starship Troopers de Paul Verhoeven et je ne connaissais donc pas la tactique des arachnides qui s'empilent l'une sur l'autre pour pouvoir franchir un rempart de forteresse. SI je l'avais su, je n'aurais pas envisagé que les zombies puissent utiliser la même technique. J'ai également manqué le trailer de World War Z quand il est sorti. Et ouais. Néanmoins, j'ai prévenu que le volume de la musique était trop fort et que les zombies passaient par dessus le mur quand ils passaient par dessus le mur.


"Mais pourquoi tant de haine ?", se demande Brad. Trop tard : "Oh, je possédais une information qui aurait pu être utile"

A part résister à l'infection ou à la non-infection de la virus ou du bactérie Z (rappelons tout de même que l'inefficacité du sang Z à son introduction dans la bouche du vivant n'est jamais expliqué d'aucune manière que ce soit), je me sors plutôt bien des crashs d'avion. Certes, à ce niveau, le scientifique est mort et je ne recherche même plus le patient zéro ... mais, là n'est pas le plus important. Puisque le climax du film est au prochain tournant.

Et, évidemment, le réalisateur de mon aventure altermondialiste n'a qu'une conception simple de l'action : il faut que des choses surgissent brutalement à l'écran ! Alors le deus ex machina sauve tout ! Du coup, quand je me suis échappé de Newark, poursuivi que ma famille et moi étions, j'ai trouvé un frigo au bon moment à jeter à ma suite dans des escaliers (s'il s'agissait bien d'un frigo, l'endroit était très mal éclairé). Puis, il y a eu plein d'autres personnes pour mourir à ma place durant toute l'aventure. De fait, donc, le climax est à contre-pied de toute cette agitation : le morceau de bravoure finale est purement en mode infiltration (vous l'aurez compris "il ne faut pas faire de bruit").  D'habitude, j'aime bien cela. Dishonored est mon jeu d'infiltration préféré. Mais le sympathique Marc Forster ne sait pas du tout créer une ambiance oppressante. De quoi mettre la migraine à plus d'un. Allez comprendre pourquoi on finit une pelloche de zombards en n'engageant pas un réalisateur capable de branler une scène d'angoisse. Mais bon, c'est pas grave, j'ai trouvé la solution au problème. J'ai bu un Pepsi. Et j'en suis sorti grandi au ralenti avec la musique, et tout, et tout. Je suis porteur d'un message nécessaire et essentiel à transmettre au monde entier. Il  faut se battre contre les zombies. Bin ouais.

jeudi 27 juin 2013

Man of Steel

Dernier Superman à la mode : Man of Balls of Steel

Je vais vous avouer une passion. C'est Youtube. J'adore passer du temps à mater des vidéos sur les jeux (une autre passion). Les quelques lenteurs de lecture et les publicités répétitives jusqu'à la nausée constituent les seuls problèmes de cette chaîne internet. Ainsi, durant plusieurs semaines avant la sortie de Man of Steel, un film de trio Goyer-Snyder-Nolan, le matraquage promotionnel du film (à savoir teaser et bande-annonces) m'ont complètement dégoûté d'aller voir une pelloche qui ne soulevait nullement mon intérêt et qui semblait raconter tout ce que je savais (et ce que tout le monde savait) déjà sur l'homme venant de Crypton. Et, à force de répétition, c'est l'envie d'arrêter de regarder des vidéos Youtube qui a pris le dessus.

J'avais naïvement espéré que la sortie en salles mettrait fin aux sempiternelles "Tu es l'homme que tu choisis d'être", "Un homme qui changera le monde" et d'avoir un Kevin Costner fermier comme papa. Mais non, la bande-annonce a continué de défiler.

Chose à ne pas faire avec l'homme de fer (Man of Steel) : aborder le sujet de sa sexualité

Vivement le prochain blockbuster qu'il vienne effacer les traces de ce Superman, un  réchauffé de précuit. C'est triste car le cinéma hollywoodien ne fonctionne vraiment que sur l'innovation vu que ses règles de fabrication sont identiques du premier Nickelodeon au dernier UGC.

mardi 18 juin 2013

The Walking Dead

2013
Pour Noël, j'ai eu un blog. Pour le nouvel an, j'ai eu une crampe.


Moi, dans le vie, je suis nul. Quand je me prépare une salade, je fais toujours tomber l'ail par terre. Quand je fais la vaisselle, je mouille ma chemise (au propre plus qu'au sens figuré). Des fois, je commande des DVDs et j'annule la commande deux jours après. Mes chemises restent suspendues une journée de plus qu'il ne le faut durant le séchage. Peu importe le nombre de fois que j'essaie de violenter mon chat en lui enfilant un doigt dans le cul, je rate toujours la cible. Je suis un zéro et un moins que rien. J'ai honte de moi. Même si j'aimerais bien vivre l'amour, seule une adolescente sarcastique de 14 ans, qu'Ellen Page et Winona Ryder pourraient incarner, voudrait d'un trentenaire qui vit toujours chez sa mère. Je n'ai aucune perspective professionnelle d'avenir intéressante. Je n'ai pas non plus de passé captivant. Mon conseiller Pôle-Emploi invente d'ailleurs des visioconférences pour ne pas avoir à me rencontrer. Quand j'essaie de me souvenir de ma dernière baise, je confonds rêve et réalité au point où je crois être toujours puceau, et je ne le suis pas. Je m'achèterais bien un flingue mais je me tuerais accidentellement avec. J'ai des cheveux trop longs et je parle pas assez  fort. Autant dire qu'en cas d'apocalypse zombiesque, je n'ai aucune chance de survivre, d'où mon respect pour les survivants. Ou alors, je serais mort de faim parce que j'aurais pas bouger mon cul de mon canapé et que je n'aurais pas pris le risque de sortir le nez dehors pour trouver de la bouffe.


Bref, pour bien vivre, je regarde la série de The Walking Dead adaptée par Frank Darabont (The Mist, 2007) du comics créé par Robert Kirkman. Je joue également au TellTaleGame et je lis le comics. Ce beau mélange des genres western et apocalypse zombiesque m'a fait réaliser bien des choses. J'ai raison de vivre à ma façon car la survie en milieu zombie est largement indésirable. On y perd tout : la santé mentale, les amis, les amours, les enfants, son foyer et des membres. On transmet son chapeau de shérif à son fils. On voyage à cheval et en mobile home  comme des pionniers. On vit à la ferme avant d'élire domicile dans une prison ou des colonies fortifiées. On côtoie le suicide et on rencontre des personnes sans envie de démocratie ayant une insatiable faim pour la chair humaine après avoir violé des enfants. En somme, je préfère rester tel que je suis plutôt que de m'infliger tous les soucis par lesquels Rick et sa bande passent en ne devenant pas un survivant de l'apocalypse. En comparaison, mourir de faim sur mon canapé me semble une douce et belle fin.

vendredi 5 avril 2013

Le merdier du mercredi publié un vendredi

Cette semaine, j'ai décidé d'un commun accord avec moi-même que je devais considérer Effets secondaires, le dernier film de Steven Soderbergh, comme étant un chef d’œuvre absolu du thriller pharmaceutique à twist final. S'agissant de sa pelloche de retraite annoncée à Matt Damon, cette œuvre devrait de tout le bon respect dont sont capables les ignorants abrutis envers des artistes ayant été lauréat de la Palme d'Or à Cannes acquérir un statut indéfectible de morceau incontournable de l'histoire du cinématographe durant les 50 prochaines années. J'y consens à la seule condition que Steven Soderbergh ne revienne jamais derrière la caméra.

vendredi 15 mars 2013

Thor

Thor, Kenneth Branagh, 2011, USA

Connaissez-vous cette âme charitable et solidaire qui peut traverser toute une après-midi, et une soirée, et une nuit, en regardant des nanars tels Mutronics, Creepozoïds, Underworld de "UnderKate" Wiseman, Shopping (1986), Transmutations (1985), Rawhead Rex, Van Helsing, The Darkest Hour (2011) et  Mestema, le maître du donjon sans avoir besoin d'être dans un état alternatif ? J'avais un ami tel que celui-ci à l'adolescence. Et puis, nous sommes allés voir Thor en salles à l'époque. A la fin de la première demi-heure, cet ami avec qui j'ai partagé les tétons de la même nourrice (durant la même année) s'est rendu compte que l'arrivée de Thor sur Terre allait aggraver l'addition pour cette pelloche. D'une voix calme et impitoyable, il m'a informé qu'il m'attendrait dehors. Je ne l'ai plus jamais revu. Nous n'avons plus jamais parlé. Cette pelloche m'a fait perdre un ami de longue date. C'était mon idée d'aller voir Thor au cinéma. Si, de par aventure, vous croisez un Jean-Eric venant du Sous-bois-de-la-vierge-orageuse, transmettez-lui mes amitiés et demandez-lui pardon de ma part : Arnaud, le cinéphobe.


lundi 21 janvier 2013

Django Unchained

Django Unchained, Quentin Tarantino, 2012, USA.

Entre western spaghetti et blackxploitation, le dernier divertissement labellisé "meilleur employé de vidéoclub ayant jamais vécu puisqu'il est devenu cinéaste à la mode" aborde le sujet de la condition de l'esclave de souche africaine dans le sud des États-Unis en 1858, soit deux ans avant la guerre civile américaine. Cette situation douloureuse pour hommes et femmes asservis sert de motivation au personnage principal, Django (incarné par Jamie Foxx), pour se venger d'esclavagistes et pour retrouver sa bien-aimée, vendue à un riche propriétaire du Mississippi.

Quentin Tarantino filme donc avec amour Django/Jamie Foxx, comme il filmait Pam Grier/Jackie Brown (au plan par plan : voir début du film), et recopie la ligne directrice de son avant-dernier film Inglorious Bestards. Sauf qu'en lieu et place de juifs qui tuent du nazi et Hitler au passage (toute réalité historique était à mettre à la poubelle), le vidéophile américain à la mode offre cette fois du black tuant du sudiste. Lui le vidéophile, qui souhaite choquer avec ce film, caresse néanmoins le spectateur dans le sens du poil. Ainsi, dans Django Unchained, le sang gicle comme dans la série B pleine de zombies Planet Terror de son pote Roberto Rodriguez (un litre de faux sang traverse l'écran par balle tirée). Ainsi quelques maltraitances envers des esclaves sont soulignées par le type de musique (cool et pop) que Tarantino affectionne mettre sur les bandes originales de ses films. Ainsi l'humour bon enfant et la légèreté de ton sont au rendez-vous (le KKK est gentiment moqué) et font faire au film un grand écart très tendu entre spectacle et peinture sociale d'époque. Je souligne que la violence graphique et sonore liée à l'esclavage, aux combats au pistolet et à la vengeance peut choquer ; elle est due à l'adoption d'un ton globalement humoristique pour le récit et à un traitement cru de la violence (les cris de douleur résonnent fortement). Ainsi la mesquinerie propre au chasseur de prime, le docteur Schutlz (incarné par Christoph Waltz), dupliqué de l'homme sans nom des Sergio Leone, adroit dans ses plans, est bienvenue pour maintenir l'attention du spectateur jusqu'au final ... un gunfight sanglant tout à la gloire de Django, libérateur de sa dulcinée.


Même si Django Unchained n'est pas un incontournable du western spaghetti, il est un divertissement sympatoche qui remplit sa durée de 2h44 en abordant l'esclavagisme sous son angle mercantile. Ce long-métrage offre un didacticiel sur les formes de ce commerce moralement complexe. A ce titre, il faut mettre en avant la parfaite performance de Samuel L. Jackson qui incarne à merveille Stephen, un protagoniste de servilité totale, qui préfère prendre soin des intérêts des esclavagistes (s'estimant faire partie de la maison) plutôt que de défendre ceux d'individus et d'esclaves recherchant leur dignité et leur liberté. Tarantino évite donc les clivages et les écueils habituels dans lesquels tombent les longs-métrages américains traitant de l'esclavagisme en différenciant blancs du sud des blancs du nord, et en caractérisant tous les noirs comme victimes (sans y manquer néanmoins), alors que certains vendeurs noirs de chair humaine (même minoritaires par rapport au nombre d'esclaves) en ont profité. Les discussions entre Calvin Candie (incarnées par diCaprio) et Stephen constituent d'ailleurs les meilleures dix minutes de moquerie de Django Unchained.

mercredi 28 novembre 2012

La sélection du mercredi passéiste d'un méchant moqueur

La bande-annonce de Populaire de Régis Roinsard (2012) nous propose d'assister au spectacle d'une dactylographe en pleine émulation face à sa capacité à taper à la machine. Conséquences : elle s'habille en rose et les feuilles de papier volent. Romain Duris supporte cela en sa caractère de fond d'écran de luxe en costard, rasé et coiffé (il ne touche ni la machine ni la femme). Résultat : je suis du genre à mériter de me prendre un retour-chariot dans les couilles (je pense que ce film est totalement inutile). Mais je n'ai rien à craindre. Plus personne n'utilise de machines à écrire de nos jours. En effet, tout le monde se fout de reconnaître les mérites d'une femme sachant taper sur un clavier quand on utilise tous un ordinateur. Le récit avait tout intérêt à être situer en 1958 (j'avais personnellement décroché de la bande-annonce à l'affichage de cette date) ... peut-être y aurait-il eu une idée en le tournant cette année-là.


Avoir raté une époque est une chose terrible pour un artiste. Claude Miller le sait. D'autres réalisateurs français aussi (je salue Bertrand Tavernier en lui rappelant Le Juge et l'assassin, 1976). A l'ère moderne où la lutte contre l'injustice est une émission quasi-quotidienne à la télévision, que reste-t-il à dénoncer pour nos intellectuels cinéastes ? La haine des banlieues ... déjà fait et refait. L'absence de morale du capital ... revu et corrigé.  Les multiples complots industrialo-politiques ... on en mange à toutes les sauces. Nos artistes n'ont donc plus qu'à travailler sur l'émotion qu'une œuvre puisse transmettre : celle d'auteurs qui rêvent d'être des héros modernes de la France, en prenant partie dans des combats datant du XIXème siècle ... ou des années 1950.

jeudi 11 octobre 2012

La sélection du mercredi

Je n'arrive pas à imaginer une seule personne ayant envie, ayant vraiment envie d'aller voir Ted. Que raconte Ted le film ? Ted est un ours en peluche vivant (ou pas ... osef) qui gâche la vie du couple WhaleKunilinsberg. Ceci dit, tout est dit. Même s'il y a full frontal des deux stars des émissions de choix de peuple de MTV, la pelloche ne gagnerait pas en intérêt. Je n'ai JAMAIS eu cette impression de toute ma vie. Je m'en fous tellement que je n'ai même pas envie de dégainer mon fusil pour le voir un jour et lui tirer dans la gueule.


lundi 8 octobre 2012

Une nuit en enfer 2

Souvenirs, souvenirs

Une nuit en enfer 2, Scott Spiegel, 1999, USA.

Je ne me rappelle que d'un seul fait concernant Une nuit en enfer 2. Et je ne m'en souviens qu'avec peine. Ce souvenir persistant concerne un choix artistique de Scott Spiegel, le metteur en scène de la pelloche. Il me semble qu'il se situe en début de métrage. Sa caméra est posée derrière un ventilateur balayant l'espace de gauche à droite, et inversement (le plan est-il monté pour que le balayage commence sa course de la droite ou de la gauche ?, là est la question). Depuis ce point de vue, on peut observer une bande de protagonistes entrer dans un lieu tout en discutant. Et c'est tout ce dont je me souviens de Une nuit en enfer 2.

samedi 29 septembre 2012

Resident Evil Retribution

Ce Resident Evil Retribution présente quelques interrogations en début de pelloche. Comme les autres, il s’essouffle dans le développement. Comme les autres, il n'y a rien à espérer d'autre que de la violence gratuite. Comme les autres, le final promet un gros morceau de baston épique pour l'opus suivant ...

Milla Jovovich incarne Alice et s'amuse
Resident Evil Retribution, Paul W.S. Anderson, 2012, Allemagne-Canada.

Que tous ceux qui recherchent contenance et crédibilité en tant que spectateur de cinéma n'aillent pas voir Resident Evil Retribution est une évidence. Que tous ceux qui sont prêts à s'enfiler des mises à mort stylisées de zombies par Milla Jovovich en tenue moulante ne se privent pas d'aller payer (pas cher) sa place de cinoche en est une autre.

Personnellement, j'ai apprécié le premier de la série. Resident Evil par Paul W.S. Anderson mélangeait qualités et défauts de sorte que ces premières prenaient le dessus. C'était il y a dix ans. Le second, Resident Evil Apocalypse par Alexander Witt, ne m'a pas encouragé à voir le troisième Resident Evil Extinction par Russell Mulcahy. Paul W.S. Anderson ayant repris les commandes, je me suis de nouveau affilié avec la série. J'ai ainsi découvert que le troisième volet est, à ce jour, le mieux construit des cinq et j'ai fait connaissance avec le tournant décisif qu'a pris la série en regardant le quatrième opus.

Ce dernier est un pur délire fantaisiste qui n'a plus aucun point commun avec l'univers concret et les Resident Evil de Capcom. Alice se promène en petit avion biplace d'Alaska en Californie, sans jamais faire le plein, et en tenant un journal vidéo de bord pendant qu'elle pilote. Elle sort ses pistolets dès que le vent la décoiffe et prend en pitié des prisonniers enfermés dans un gigantesque bâtiment carcéral construit en plein milieu d'une banlieue résidentielle de Los Angeles. a noter, une séquence à Tokyo en début de long-métrage. Pendant ce temps, les dirigeants et sicentifiques d'Umbrella Corporation continuent leurs expériences avec le virus T (et autres) même si le monde brûle dans un feu apocalyptique et qu'ils ne sauveront personne d'autre qu'eux-mêmes. Mais, je ne pourrais vraiment pas vous mieux décrire l'hérésie intéressée qui transcende au rang de mauvais goût de choix l'action, les décors, les dialogues et les personnages de cette pelloche (le quatrième de la série). Et, pourtant, ça se regarde. Il y a des choses qu'il faut voir. Oui. c'est vrai. Je ne vous mens pas. Il y a du cliché pour ceux qui n'en veulent. Vous voulez une star black de sport américain (un type bien) et un producteur hollywoodien (un sale type) parmi les survivants de la fin du monde ? Vous les avez ! Vous voulez Chris Redfield, un personnage important dans les jeux vidéos, apparaissant au quatrième épisode et qui est traité par dessus la jambe. Vous l'avez ! Et ... je me suis donc laissé tenter et charmer par cette grande déraison sans queue ni tête qui a saisi Paul W.S. Anderson pour relancer l'intérêt des Resident Evil au cinoche. Puis vint cette Rétribution qui s'affirmait comme la suite en continu de Afterlife (soit en français "Après-vie"). Je ne pouvais dire non.

La vie de Wentworth Miller après Prison Break

Bref, ce Resident Evil Retribution (par Paul W.S. Anderson, mari de Milla Jovovich et père de ses enfants) a ses qualités. La dynamique radicale des aventures d'Alice, protagoniste qui n'existe pas dans la saga de jeux vidéos, interprétée par Milla Jovovich, est la même que dans celle de l'Après-vie : Milla Jovovich, ses tenues moulantes, ses coupes de cheveux, ses galipettes en air, ses glissades et ses courses, ses regards sérieux de femme à ne pas faire chier, son goût pour les flingues, ses armes qu'elle sort d'endroits dans lesquels seuls le Saint-Esprit et le réalisateur (Paul W.S. Anderson) ont le droit de s'immiscer, le(s) décor(s) et les costumes du film, des monstres et des personnages labellisés Resident Evil, des soldats russes zombies à moto tirant à la mitraillette, un autre craquant un gros sourire en éviscérant un vivant à la tronçonneuse, des gros raccourcis et des arrangements narratifs faciles, des morceaux de bravoure déjà vu ailleurs (une référence se repère à chaque coin de cadre), un casting de série B (Michelle Rodriguez, Wentworth Miller, Ali Larter, Oded Fehr et des top-models recyclés), pas trop de temps mort, et, une organisation (Umbrella) si démoniaque qu'on a envie d'en apprécier la destruction. En y réfléchissant un peu, l'air de rien, Resident Evil Retribution (et les autres RE : jeux et pelloches) se pose contre le clonage de l'individu à des fins de tests scientifiques, contre les armes biolo-bactériologiques, contre l'exploitation de l'homme par l'homme, contre Umbrella Corporation et son égoïsme tordu au mépris de la vie humaine (le même type de message pour le respect et la liberté de l'individu était déjà présent dans le remake de Death Race par le même réalisateur anglais).

Milla Jovovich et Paul W.S. Anderson, mari et femme (merde non, c'est l'inverse)

Malheureusement, quelques idées ayant du mérite provoquent des regrets. La faute en revient à un sous-développement maladif. Le rythme "soutenu" de la pelloche a des conséquences tragiques sur les émotions potentielles à ressentir face aux événements. Le décor à la Truman Show est sous-exploité, de telle sorte que toutes les scènes "d'action" de la simulation de New York jusqu'à la remontée à la surface sont décevantes. Et surtout, la brillante idée de la relation entre Becky, une enfant clone qui croit qu'Alice est sa mère parce que sa "vraie mère" en était le clone, et Alice n'est pas du tout exploitée (vous ne ressentirez qu'un pincement au cœur et l'action W.S.Anderson/R.E./Hadida/Capcom reprend son rythme métronome) surtout que la majorité des scènes d'action (celles sans Milla Jovovich) sont bâclées et insuffisantes. La retranscription d'un âpre effort du combat pour sa survie en territoire ennemi est sacrifiée à l'illogisme dès qu'Alice trouve un partenaire de combat ou qu'elle est absente de l'écran (je précise que je ne suis pas gaga de Milla Jovovich ... je ne fais que décrire ce que j'ai vu en salles sur l'écran géant et en 3D).

Milla Jovovich, alias Alice, alias une femme qui a tout ce qu'elle veut

Et Paul W.S. Anderson, tout comme Capcom, a l'intelligence de tirer sur la corde Resident Evil jusqu'à ne plus avoir aucune idée et de les recycler toutes à l'infini, jusqu'à conclure tous ses récits épiques par des cliffhangers, alias des montées en puissance poussant le spectateur à développer une curiosité quant à la nature de l'épisode suivant ... des  morceaux de fin qui ne sont jamais résolus autrement qu'en une séquence au début de la pelloche d'après. Irai-je voir le sixième opus de la série ?, là est la question.

Argh !!!

J'adore tous les aspects épiques et violents de la série. J'aime que toutes les séquences ne comprenant pas Milla Jovovich soient bâclées. J'apprécie que des personnages importants du jeu ne sortent du néant scénaristique qu'au cinquième épisode de la série (Leon S. Kennedy par exemple et, accessoirement, Ada Wong) pour y retourner. J'adhère aux grandes inégalités des scènes d'action qui vont du risible à l'efficace. J'adule ces scènes de dialogue qui sont toutes pitoyables et qui ne permettent jamais d'éprouver quelque empathie que ce soit envers la plupart des personnages (malgré de riches idées) Et, par dessus tout, je soutiens la griffe opportuniste de Paul W.S. Anderson qui ne débande jamais, qui se fait toujours ressentir en faisant valser ces pelloches entre nanar, horreur dosée (elle est surprenante tellement elle est rare) et violence totalement gratuite. Je n'éprouve aucune haine ou mépris contre ce genre de facilités dans la production cinématographique ; un peu de légèreté vis-à-vis du 7ème Art fait grand plaisir et détend toujours l'atmosphère.

A certains moments de mon existence, il arrive que le manque de finesse d'Anderson me suffise. Le fond de commerce est honnête. La forme varie. En d'autres occasions, il est tout simplement hors de question que l'aspect très direct de ses pelloches m'attire. J'ai mes moments ... un pour Bunuel ... un pour James Cameron ... un pour W.S. Anderson ... un pour Romero ... un pour un feuilleton polonais non sous-titré ... un pour Cassavetes ... un pour David Lean. Et oui, il y a des moments où je préfère cette bande de feignasses opportunistes et leurs nanars des familles aux ambitions de commerce international aux grandes œuvres de grands artistes. En somme, c'est pourri mais, vu que j'ai payé ma place plein tarif, ça passe le temps.

samedi 15 septembre 2012

La sélection du mercredi (2de partie)

La bande-annonce de Le jour de la grenouille a provoqué en moi une impression familière. Autant j'apprécie grandement Josephine de Meaux qui interprète à la perfection des rôles comiques, autant les histoires d'amour au cinéma ne me font jamais rêver aussi dramatiques soient-elles.









La bande-annonce de Ombline montre une fois de plus qu'une maladie s'est répandue parmi les actrices à la jolie plastique moins douées que les autres. Ce virus à la mode consiste à incarner un personnage défendant son enfant coûte que coûte, contre le monde, les forces surnaturelles, les administrations gouvernementales, et autres ... L'aventure ne saurait se vivre avec maquillage. Après Jessica Biel avec The Secret, Melanie Thierry s'y colle dans Ombline.







La bande-annonce de La dette avait de quoi me faire déplacer en salles. Durant la première partie, j'avais quelque espoir de voir se nouer un drame à la polonaise ; l'aventure se déroulant en Pologne réglant ses comptes avec le communisme et le mazisme. Il était temps. Mais la seconde partie de l'encas promotionnel dévoile le fils, défendant son père accusé d'être un ancien agent infiltré, creusant un trou dans une maison de campagne. Comme cela, l'air de rien, on peut se méprendre. Un plan fait toute la différence. Il se peut bien que La dette se résolve "à l'américaine" : sur un mode "le père était coupable, tout le monde avait raison de l'accuser et le fils défendait son père en toute logique". Reste à savoir si le descendant déterre des preuves pour découvrir la vérité ou pour les enterrer. Un plan de trop dans cette bande-annonce qui propose peut-être une résolution d'intrigue banalisée. Sinon j'aime bien les vindictes populaires ; elles ont leurs places dans une histoire ayant un lien avec le communisme et le nazisme.

L'image ci-dessus n'est pas l'affiche du film.




mercredi 12 septembre 2012

La sélection du mercredi (1ère partie)

La bande-annonce de Camille Redouble me laisse sans voix. Mes neurones n'arrivent pas à se connecter pour véhiculer des mots et des idées qui pourraient se développer en phrases. Seule une impression de sidération domine. Je ne pourrais même pas critiquer la bande-annonce en soi ; le contenu est responsable de mon manque d'inspiration. Une chose a du mal à sortir, une chose qui s'exprime assez couramment sur internet sous la forme WTF?! (traduction française : "qu'est-ce que c'est que ce truc ?"), et qui est destiné à Noémie Lvovsky.





La bande-annonce de Des hommes sans loi ne m'inspire pas. A part la présence de la plastique de Jessica Chastain au générique, plusieurs hommes tirant la tronche et ayant des attitudes viriles s'affrontent en costume d'époque première moitié de siècle US. Et, bien que le texte souligne que la violence n'est pas l'intérêt de la bête, des hommes sans loi vont tester leurs limites (jusqu'à l'immortalité) ; c'est le principe de base qui fait sentir l'odeur de la poudre à canon. Ça sent le mensonge promotionnel à plein nez. Il n'y a probablement rien d'autre à voir en salles que Gary Oldman portant la mitraillette, Guy Pearce n'ayant plus de sourcils, Tom Hardy étant un Bondurant baraqué (m'est d'avis que son protagoniste meurt) et Shay Leboeuf incarnant un Michael Corleone du pauvre.


La bande-annonce de Voisins du troisième type commence plutôt bien. Elle laisse présager une gentille satire sur les méfaits des milices de surveillance de quartier et sur la vacuité de la vie en banlieue de classe moyenne. Puis intervient une invasion d'extra-terrestres. Faut-il voir un parallèle entre ces nuisances d'un autre-monde et nos zélés comiques de service ? Le doute me ronge. Je pense que ces énergumènes (Stiller, Vaughn, Hill et Ayoade) sont les héros de cette pelloche. Ce qui est bien moins drôle que d'espérer une nouvelle comédie dans le genre de The Burbs (1989) de Joe Dante avec Tom Hanks.

vendredi 7 septembre 2012

La sélection post-DarkHorse du mercreuvendredi

Cette semaine est pleine de nouvelles fraiches sensationnellement nouvelles ! Certaines sont bonnes ! Mathieu Kassovitz joue un méchant ! Jean-Pierre Bacri n'a fait qu'un film cette année ! Joseph Gordon-Levitt sait pédaler ! Jessica Biel a un drôle de nez ! Un algérien parle français au Québec ! William Friedkin réalise un film "sombre" ! Quentin Dupieux sort une pelloche qui n'a qu'un seul terme dans son titre ! Après Steak et Rubber, voici Wrong ! Quentin essaie-t-il de nous livrer une message d'auteur subliminal ? Les steaks en caoutchouc sont-ils mauvais pour la santé ? Que de courage pour braver tous les obstacles, l'ami ! Les corporations ne t'auraient jamais laissé tranquille si tu les avais surpris avec une attaque frontale ! Robert de Niro est un acteur qui ne connait pas le chômage !

La suite !

Comme d'habitude, les bandes-annonces de la semaine en racontent beaucoup trop. Elles ne laissent aucun plaisir à la découverte. Il faut constater avec peine que les professionnels de la promotion ne savent pas donner envie sans assurer au spectateur potentiel que tout ce qu'il verra en salles après avoir payé son ticket d'entrée est bien ce qu'il a vu dans la bande-annonce. Comme d'habitude donc, je n'aurai aucune pitié.



Ainsi donc, Daniel Auteuil, alias Matéi, alias le flic du moment, cherche à découvrir l'identité d'un individu qui a toujours une balle de sniper pour les policiers et qui pisse sur le système. On sait tous de qui il s'agit : Mathieu Kassovitz. Pas de mystère donc pour ce polar redondant dans ses questions et grillé sur sa réponse.







Ainsi donc, Jean-Pierre Bacri, alias type à dilemmes, alias richesse première en stress constant, alias fils de Claude Rich dans Cherchez Hortense, alias magistrat ayant une réplique favorite : "Tu crois que tu peux rentrer ici ?", alias excentrique banalité, parle à Isabelle Carré dans la rue et part de réunion plus tôt que prévu car il est rongé par une question : peut-on traiter de con de fasciste un policier en plein contrôle d'identité ? Bien sûr que non. Il s'en pose donc une autre : peut-on dire quelque chose sans que quelqu'un en pâtisse ? Personnellement, je ne crois pas. 


Ainsi donc, Jessica Biel aime Martyrs de Pascal Laugier. Rappel : elle est déjà tombée amoureuse de Justin Timberlake, l'homme parfait pour prôner l'abstention en Afrique pour prévenir contre les dangers du SIDA (palmarès de drague du bonhomme : la défloraison de Britney Spears, Cameron Diaz, Fergie, Kristin Bell, Lauren Graham, Kate Hudson, Rihanna, Olivia Munn, Scarlett Johansson, Janet Jackson, et tout un charter de prostituées roumaines dont on n'a jamais découvert les identités ... rappel d'une information non vérifiée : elles ont été toutes retrouvées mortes asphyxiées). Jessica a donc accepté de jouer dans The Secret, dernier bastion du classicisme dans l'horreur (esthétiquement parlant), limite film à oscars, et ce sans maquillage (le lien Allociné vers l'interview de la grande supportrice de la frange). Preuve en est que Jessica Biel croit en l'amour comme en l'impossible parcours d'une pelloche dont personne n'a rien à foutre mais qui lui ferait atteindre le summum à Hollywood. Personnellement, je lui ai toujours trouvé une tronche à part, limite garçon manqué. Son corps musclé et sa gestuelle d'américaine déterminée m'ont toujours refilé cette fâcheuse impression de me retrouver confronter à un mec aux cheveux longs. En tout cas, elle ne devrait pas se permettre de jouer sans maquillage. Je me dirais même plus, elle n'en a pas le droit. Jessica n'est résolument pas une beauté naturelle.






lundi 3 septembre 2012

Dark Horse de Todd Solondz

Sad but true

Dark horse, Todd Solondz, 2011, USA.

La présentation de Dark Horse est somme toute classique mais son développement et sa conclusion donnent à ce long-métrage aux apparences insignifiantes, voire banales dans le paysage du cinéma américain indépendant, la consistance d'une œuvre plus complexe et subtile que la bande-annonce et sa première partie ne le laissent entrevoir.

Todd Solondz, scénariste et réalisateur de Dark Horse, a choisi de  développer son intrigue en misant sur un mélange de psychologie et de fantasmagorie. Ainsi une énième histoire de bas-lourd sans avenir vivant aux crochets de ses parents s'évite la répétition de la lourdeur déjà exploitée par d'autres obscurs auteurs. Dark Horse est en fait une comédie savoureuse où le drame émotionnel intérieur d'Abe a une dimension risible. Solondz évite donc le pathétique en vogue dans ce type de pelloches. Il préfère exposer la fantasmagorie désordonnée de son protagoniste principal Abe afin d'exposer ses problèmes et ses ridicules. Le récit s'avère ainsi intelligemment absurde, railleur au second plan, toujours fin dans ce que le cinéaste américain montre des délires et de la souffrance d'Abe. Ce procédé d'injection de psychologie dans les fantasmes réalistes d'Abe permet au film de s'élever sans peine au dessus de la masse de films moralistes et/ou conformistes, aussi sympathiques et compatissants soient-ils, sur le sujet, car Todd Solondz fait tout simplement du cinéma, là où d'autres font un cours de morale.

Avant de lire ce paragraphe, prenez conscience qu'il dévoile un élément important du film : son final. Si vous ne voulez pas me haïr ou m'accusez de vous avoir gâcher Dark Horse, ne le lisez pas. Sinon, c'est que vous me souhaitez du mal. Vous pouvez aussi sauter au paragraphe de conclusion (le dernier).

En parlant de cinéma, le final remet en question la focalisation sur le personnage principal Abe. Ceci dit, il s'agit de mon interprétation ... qui suit : Dark Horse jusqu'au plan final est le fantasme de quelqu'un. Cette pelloche est donc une œuvre d'apparence trompeuse qui expose les fantasmes d'un individu pour satisfaire le désir d'une autre. Abe est une création imaginaire. Et il ne s'agit pas de celle du metteur en scène : pas de méta-cinéma dans Dark Horse. Victime de ses propres fantasmes, Abe est en fait victime d'être le sujet du fantasme d'autrui. Je me garde néanmoins le plaisir de dévoiler l'identité de cette personne : quoique je pourrais le faire mais je n'ai pas envie ^^. Sachez qu'il s'agit de quelqu'un qui voudrait d'Abe, de quelqu'un qui rêverait de lui, de quelqu'un qui l'aurait créé dans son esprit, de quelqu'un qui souffre d'une inassouvie envie d'amour. Cette conclusion est dramatique, j'en conviens ... mais j'ai le sens du drame. Et à tout prendre, Dark Horse rappelle qu'il y a des demoiselles qui rêvent d'un gros fainéant caractériel et immature pour danser avec elles dans un living-room douillet et pour leur donner tout leur amour (mais, puisqu'il y a bien un obstacle, peut-être que la proximité avec un certain modèle de réussite est trop important pour satisfaire tous les autres désirs, tous les désirs les plus singuliers, tous les désirs les plus anticonformistes).

Et, rappelez-vous, Moi, j'aime la morue.

Christopher Walken, grand acteur dans un grand film

Dark Horse est une très belle œuvre. Todd Solontz propose un tendre et triste récit. Toute son intelligence d'artiste est mise au service d'un sujet rabattu avec lequel il signe l'un des films américains indépendants les plus aboutis depuis longtemps. Son style minimaliste est d'une redoutable efficacité. Ceux qui ont vu et aimé Happiness -1997- et Bienvenue dans l'âge ingrat -1995- connaissent déjà sa griffe aiguisée, tranchante et saignante, sa maitrise du geste et sa vue de lynx. Dès ses prémices, Dark Horse est lancé sur de bons rails et il atteint sa grâce dans son développement et son final. Et après, deux choses restent en tête : "sacré film" et l'expression "sad but true", c'est-à-dire "triste mais vrai" (et moi, je respecte ça).

jeudi 30 août 2012

Post d'un nouveau genre

Dans ce post d'un nouveau genre sur ce blog, je présente les sorties ciné du cinéphobe pour le ce mois de septembre. Je vais essayer de m'en tenir à ce le planning. Les critiques devraient suivre le jour ou la semaine de la vision en salles, qui ne sera pas forcément le jour de la sortie ou de la première diffusion en festival (emploi du temps oblige).

Moi, député de Jay Roach (sûr, ce week-end)
Dark Horse de Todd Solondz (sûr, ce week-end)
Iron Sky de Timo Vuorensola (sûr, à la séance du 15/09)
Pemium rush de David Koepp (probable mais je me tâte)
Voisins du troisième type de Akiva Schaffer (certain, mi-septembre)
Jason Bourne : l'héritage de Tony Gilroy (pas sûr)
Les Seigneurs d'Olivier Dahan (certainement pas)


En DVD (je ne vous refais pas le paragraphe) : 

Young Adult avec Charlize Theron (j'ai déjà écrit dessus mais j'ai envie d'y revenir en détails)
The Walking Dead saison 2 (probable, ça fait longtemps que j'ai quelque chose dans mes brouillons sur le sujet ... j'aimerais approfondir)

mercredi 29 août 2012

La sélection du mercredi


La bande-annonce de Superstar présente Kad Merad en superstar. Il ne sait ni pourquoi ni comment il est devenu célèbre. De plus, il ne voulait pas l'être. Est-ce une histoire vraie ? Est-ce que Kad s'est perdu dans les méandres de son esprit en adoptant le point de vue d'un individu qui se pose les mêmes questions au sujet de Kad Merad ? La réponse dépend d'un cerveau génial qui est capable de résoudre des problèmes mathématiques épineux en vivant en ermite dans une forêt de Sibérie, vu que la réponse concerne l'amour que les gens donnent à des inconnus qui les inspirent. En tout cas, cet objet promotionnel, la bande-annonce, se répète énormément laissant augurer que la pelloche tourne en rond sur un problème qui n'est pas vraiment bien exposé. Surtout que le grand mal identifié, à l'origine de tout (blablabla ...), est le divertissement ; y a-t-il tant de mal que cela à se faire plaisir en aimant un individu célèbre ? Encore un problème à résoudre à coups de travail de neurones (l'amour est-elle juste une autre façon de passer le temps ?) ! L'encas publicitaire de Superstar me fait dire que le propos du film passe à côté de son sujet. Résister à la célébrité semble causer plus de maux que la célébrité elle-même : c'est là son pire travers. Que rêver d'une autre notoriété est le nerf du conflit qui anime les débats d'une superstar.

L'affiche ci-dessus n'est pas celle du film.

Considéré que Will Ferrell, talentueux comique américain, capable du meilleur même dans les pires longs-métrages auquel il a participé (Semi-Pro, The Lost World), revient sur les grands écrans nous faire le coup du politicien en campagne, la bande-annonce de Moi, député en montre beaucoup trop. Mes sous pour un ticket en salles était acquis automatiquement.








J'aimerais bien qu'un jour quelqu'un prenne le temps de m'expliquer qui est Alexandre Astier et de quoi parle son film David et madame Hansen, car la bande-annonce est une nébuleuse de questions posées, d'exclamations exclamées et de musique dramatique dramatisée ... mais je n'ai pas entrevu l'esquisse d'une histoire.

Information vérifiée : Isabelle Adjani est à l'affiche et dans la bande-annonce de David et madame Hansen.






La bande-annonce de Hit and run brise un tabou fondamental sur la vie carcérale. Il n'y a pas que les blacks et les skin heads pour enculer un blanc aux cheveux longs.

L'affiche ci-contre n'est pas celle du film.











Todd Solontz, réalisateurs des grandioses farces d'humour noir que sont Happiness (1997) et Bienvenue dans l'âge ingrat (1995), revient avec Dark Horse. La bande-annonce présente un jeune homme, vivant aux crochets de ses parents, alias la lie de notre société, tenter un outbreak (tel un virus mortel) en demandant à une femme de l'épouser. Considéré que Christopher Walken se traine une dégaine de croque-mort dans le film, je vais aller le voir. Tous mes thèmes de prédilection sont au rendez-vous : un homme est mal-aimé par lui-même, son père ne le respecte pas, les femmes sont dépitées par lui, il se suicide probablement en fin de métrage, et il porte un polo rose. Je vais donc décrotter les dessous de mes souliers pour aller en salles voir un drame.

L'affiche ci-contre n'est pas celle du film.