Faut-il ou ne faut-il pas aller voir le dernier Batman en geste de protestation contre la tuerie qui a eu lieu le 19 juillet 2012 à Denver ? Faut-il ou ne faut-il pas contribuer à faire du film l'un des plus grands succès au box office de l'histoire du cinéma ? Je me pose la question car lutter contre la démence de James Eagan Holmes est bien la seule raison qui me pousserait à payer ma place pour assister au dernier Dark Knight. Voir une torture de 2h44 pour signaler aux pires des détracteurs que la pelloche n'est en aucun cas responsable de la folie du jeune américain sanguinaire ???!!! Je n'ai jamais aimé Batman et je n'avais aucune envie de regarder la conclusion d'une trilogie dont le premier opus était assommant d'ennui (la curiosité de voir Nolan, réalisateur du sympathique Memento, à l’œuvre sur une franchise l'avait emporté) et dont le second volet (s'il n'y avait pas eu un certain anonymous X pour souligner la qualité du personnage du joker interprété par Heath Ledger, je ne l'aurais jamais vu) était profondément fasciste. Mais je me pose la question. C'est déjà ça.La sélection de Donc Acte !
Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art. Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.
mercredi 25 juillet 2012
Le dilemme du mercredi
Faut-il ou ne faut-il pas aller voir le dernier Batman en geste de protestation contre la tuerie qui a eu lieu le 19 juillet 2012 à Denver ? Faut-il ou ne faut-il pas contribuer à faire du film l'un des plus grands succès au box office de l'histoire du cinéma ? Je me pose la question car lutter contre la démence de James Eagan Holmes est bien la seule raison qui me pousserait à payer ma place pour assister au dernier Dark Knight. Voir une torture de 2h44 pour signaler aux pires des détracteurs que la pelloche n'est en aucun cas responsable de la folie du jeune américain sanguinaire ???!!! Je n'ai jamais aimé Batman et je n'avais aucune envie de regarder la conclusion d'une trilogie dont le premier opus était assommant d'ennui (la curiosité de voir Nolan, réalisateur du sympathique Memento, à l’œuvre sur une franchise l'avait emporté) et dont le second volet (s'il n'y avait pas eu un certain anonymous X pour souligner la qualité du personnage du joker interprété par Heath Ledger, je ne l'aurais jamais vu) était profondément fasciste. Mais je me pose la question. C'est déjà ça.mercredi 18 juillet 2012
La sélection du mercredi
Quand je me suis intéressé aux films sortis cette semaine, je suis tombé en premier lieu sur l'affiche de Le Lorax, c'est-à-dire deux yeux, une énorme moustache jaune et deux sourcils de la même couleur sur fond orange. Je précise que je n'ai aucun préjugé contre les blonds à grosse moustache (en vrai) mais une telle affiche, servant à présenter une pelloche, m'indique clairement que je ne fais pas partie des tranches d'âge et d'esprit visés.
Deux films français qui s'appellent Bowling et Paris-Manhattan sortent cette semaine.
La première affiche montre Catherine Frot, Mathilde Seigner, la mama africaine/femme de ménage que Daniel Auteuil s'envoyait dans un vieux film des années 1980 ou 1990 et une jeune première nous appâter avec une boule de bowling et la couleur violette. Pas sûr que ça marche.
Une chose que je partage avec Patrick Bruel (la seule chose) est ce tendre regard envers Alice Taglioni sur l'affiche du film. Par contre, je ne partage pas son goût pour Woody Allen. La posture en embuscade du chanteur-joueur de poker pourrait m'inspirer afin de mettre les voiles.
Clairement, je ne fais pas partie de la tranche patriotique visée par ces 2 œuvres françaises. Le bowling et Woody Allen ne sont pas ma tasse de thé. Même si j'étais bon au bowling quand j'étais enfant.
La première affiche montre Catherine Frot, Mathilde Seigner, la mama africaine/femme de ménage que Daniel Auteuil s'envoyait dans un vieux film des années 1980 ou 1990 et une jeune première nous appâter avec une boule de bowling et la couleur violette. Pas sûr que ça marche.
Une chose que je partage avec Patrick Bruel (la seule chose) est ce tendre regard envers Alice Taglioni sur l'affiche du film. Par contre, je ne partage pas son goût pour Woody Allen. La posture en embuscade du chanteur-joueur de poker pourrait m'inspirer afin de mettre les voiles.
Clairement, je ne fais pas partie de la tranche patriotique visée par ces 2 œuvres françaises. Le bowling et Woody Allen ne sont pas ma tasse de thé. Même si j'étais bon au bowling quand j'étais enfant.
J'ai déjà vu Effraction. Le scénario est trop rocambolesque pour que je retourne le voir. Points positifs de la pelloche, Nicole Kidman n'est pas botoxée et Nicolas Cage ne porte pas de perruques.
jeudi 12 juillet 2012
La sélection du mercredi 11 juillet 2012
Il n'y pas eu de sélection du mercredi depuis fin juin. Je m'explique. Il m'arrive de ne pas regarder quels films sortent le mercredi et de n'avoir aucune envie de le savoir. C'est aussi ça la sélection du mercredi.
dimanche 8 juillet 2012
L'inspecteur Harry
Quand le regard évolue
L'inspecteur Harry, Don Siegel, 1971, USA et Magnum Force, Ted Post, 1973, USA.
L'inspecteur Harry, Don Siegel, 1971, USA et Magnum Force, Ted Post, 1973, USA.
L'inspecteur Harry est un grand farceur. Il aime passer pour l'ordure du commissariat. Il accepte volontiers de faire croire à ses collègues qu'il est raciste, misogyne, et tout un tas de truc pas net. Il aime faire peur à ses coéquipiers en leur prédisant une mort proche et certaine. Quand il tient en joue un criminel, il se permet même le luxe de s'amuser avec ses nerfs en lui faisant deviner le nombre de balles lui restant dans son revolver et en appuyant sur la gâchette pour prouver le tort ou la raison au gredin. Bref, Harry a un sens de l'humour et une façon d'être en société qui poussent à mal interpréter son caractère de solitaire qui ne fait aucune concession.
Des critiques n'ont pas compris cela à l'époque de la sortie. Je n'ai pas vérifié qui exactement ; je me suis basé sur la réputation sulfureuse de Dirty Harry premier du nom, réputation qui me fût rapportée par un de ces potes que l'on a tous, un de ces neuneus qui surgit en criant "Mais attendez ! Ce film est un film de fachos !" et qui, après avoir vu la pelloche n'a pas changé d'avis et est resté crispé durant toute la projection. Cette mauvaise interprétation a collé à Harry la mauvaise réputation dont il se moque éperdument (tout au moins dans le premier). Selon toutes ces personnes, Harry est raciste, misogyne, porte-flingue, ayant un problème avec l'autorité, orgueilleux, violent, roi de la bavure, ...
Mais que raconte vraiment Dirty Harry de Don Siegel ?
Mais que raconte vraiment Dirty Harry de Don Siegel ?
Le récit de ce film génial, l'un des meilleurs Clint Eastwood, narre tout simplement le dégoût grandissant d'un policier émotif. Le système ne peut rien contre un criminel psychopathe et sadique qui prend toute personne pour cible (prêtre, enfant, adolescents, ethnies diverses, hommes, femmes, ...). Tout le monde semble baisser les bras face à la folie meurtrière du Scorpio qui tient la ville de San Francisco en otage. Harry en perd son latin. Le système judiciaire, face à un criminel qui utilise la loi à son avantage, s'avère impuissant et Harry finit par avoir recours à un duel de western pour "clarifier la situation". Harry, aussi dégoûté soit-il d'en arriver là, ne jette-t-il pas sa plaque dans l'eau à la fin ? N'est-ce pas juste un truc de film pour justifier un climax riche en sensations ?
Preuve en est-il que Dirty Harry croit au système avant tout ... et que la violence est le dernier des remèdes pour assurer la paix. Il fait bien sûr preuve de violence lorsqu'il arrête Scorpio pour la première fois. Il essaie de lui arracher des aveux ; une fille est enterrée quelque part en train de suffoquer. Harry fait au plus court. La violence est parfois aussi efficace que des longs discours. Scorpio passe aux aveux mais est relâché pour vice de forme (la violence). Et le serpent se mord la queue. Sans loi, la violence prime. Avec des lois, la violence est le dernier des recours (mais son utilisation s'impose logiquement car la justice ne peut exister sans forces de l'ordre). Je me rappellerai toujours du texte de Pascal sur la nécessité de la force alliée à la justice (cette dernière ne s'impose pas d'elle-même) et de cet exemple pris dans un livre de terminale de philosophie : 2 individus se font ouvrir le ventre par 2 hommes utilisant des armes contondantes. Dans un cas, l'un des 2 individus meurt. Dans l'autre cas, l'individu est sauvé. Pourquoi ? Parce le second homme "armé d'une arme contondante" est un chirurgien utilisant un scalpel pour ouvrir le ventre d'un malade. Le geste est violent mais son but change la nature de l'acte. La violence n'est pas condamnable en soi. Seuls les individus et les raisons pour lesquelles la violence est utilisée sont à mettre sur les bancs des accusés.
En somme, sur
ce blog assez critique envers des pelloches du cinéma, je vous écris ce
texte pour signaler qu'il ne faut pas prendre trop au sérieux la
critique, le grand public et les œuvres de fiction. Les critiques injustes et très virulentes ont fait leur effet. Harry a plongé tête la première dans une démagogie du plus mauvais effet. La trame de Magnum Force
qui aurait dû/pu montrer Harry retrouver sa foi en la justice, en le
système et en ses représentants, se remotiver pour récupérer son insigne
et reprendre le boulot n'a jamais été développé.
Dans Magnum Force (pourtant œuvre de correcte facture), Harry ne se ressemble plus. Défini dans Dirty Harry comme mouton noir de la famille, Harry est devenu une légende dans sa suite. Il a pris le virage inverse. Il est le meilleur au tir de toute la police. Les femmes lui tombent dans les bras comme s'il était irrésistible (mode James Bond/Sean Connery). Il reste poli envers son coéquipier afro-américain. Il perd le contrôle de son impopularité en signant une scène d'héroïsme ridicule (la libération des passagers de l'avion pris d'assaut par des terroristes). Il utilise son flingue pour tuer plus mauvais policiers que lui. Il se montre plus humble et ressort grandi de cette seconde aventure. Bref, il ne grattouille plus personne là où ça démange le plus. Il ne repousse plus personne pour avoir les coudées franches. Magnum Force permet à Harry de s'imposer en héros moins polémique.
Malheureusement, dès cet épisode, le personnage Dirty Harry se transforme au fil de la série (5 films) en héros porte-étendard de toutes les communautés : asiatiques, afro-américains, latinos, femmes, enfants, homosexuels, hommes, violées, stars de la musique et du cinéma, journalistes, etc ... (attention ! ne vous méprenez pas. Je n'ai rien contre quelques communautés que ce soit : cet article a pour but de parler de la façon dont le regard des créateurs sur un personnage change dès que le "grand public" est "concerné" et que la pelloche fait des recettes). Pour adoucir son image, Harry fait même équipe avec une des actrices de la série télévisuelle policière pour ménagères de moins de 50 ans Cagney & Lacey dans The Enforcer (James Fargo, 1973). En somme, l'inspecteur Harry a eu trop de succès pour son cas. Victime de son statut de héros tournant le dos à une société lâche, Harry est devenu celui qui avait quelque chose à prouver, patte blanche à montrer. Il incarne dans les suites de l'original un individu susceptible de causer des problèmes, alors que, dans le premier Dirty Harry, les hauts responsables se déballonnaient face à un simple tueur.
Dans Magnum Force (pourtant œuvre de correcte facture), Harry ne se ressemble plus. Défini dans Dirty Harry comme mouton noir de la famille, Harry est devenu une légende dans sa suite. Il a pris le virage inverse. Il est le meilleur au tir de toute la police. Les femmes lui tombent dans les bras comme s'il était irrésistible (mode James Bond/Sean Connery). Il reste poli envers son coéquipier afro-américain. Il perd le contrôle de son impopularité en signant une scène d'héroïsme ridicule (la libération des passagers de l'avion pris d'assaut par des terroristes). Il utilise son flingue pour tuer plus mauvais policiers que lui. Il se montre plus humble et ressort grandi de cette seconde aventure. Bref, il ne grattouille plus personne là où ça démange le plus. Il ne repousse plus personne pour avoir les coudées franches. Magnum Force permet à Harry de s'imposer en héros moins polémique.
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| Cagney & Lacey |
Malheureusement, dès cet épisode, le personnage Dirty Harry se transforme au fil de la série (5 films) en héros porte-étendard de toutes les communautés : asiatiques, afro-américains, latinos, femmes, enfants, homosexuels, hommes, violées, stars de la musique et du cinéma, journalistes, etc ... (attention ! ne vous méprenez pas. Je n'ai rien contre quelques communautés que ce soit : cet article a pour but de parler de la façon dont le regard des créateurs sur un personnage change dès que le "grand public" est "concerné" et que la pelloche fait des recettes). Pour adoucir son image, Harry fait même équipe avec une des actrices de la série télévisuelle policière pour ménagères de moins de 50 ans Cagney & Lacey dans The Enforcer (James Fargo, 1973). En somme, l'inspecteur Harry a eu trop de succès pour son cas. Victime de son statut de héros tournant le dos à une société lâche, Harry est devenu celui qui avait quelque chose à prouver, patte blanche à montrer. Il incarne dans les suites de l'original un individu susceptible de causer des problèmes, alors que, dans le premier Dirty Harry, les hauts responsables se déballonnaient face à un simple tueur.
lundi 2 juillet 2012
L'exorciste
Démon, sors de ce corps !
L'exorciste, William Friedkin, 1974, USA.
Si l'introduction du film n'indiquait pas clairement le genre horrifique du chef d’œuvre de William Friedkin, j'aurais tenu pour vrai que les tests médicaux douloureux faisaient partie inhérente du développement de l'humain à l'américaine. Si les mines des bobos démocrates dont toutes les soirées se déroulent autour d'un piano dans une maison de la Nouvelle-Angleterre n'étaient pas effarées à cette vision, j'aurais cru que pisser sur un tapis durant une réception mondaine était du plus grand chic aux États-Unis. Si la fille de la pelloche ne portait pas un masque d'effets spéciaux pour ressembler au diable, j'aurais su qu'insulter les prêtres catholiques (et leurs mères), s'enfoncer un crucifix dans le sexe et jeter les religieux par la fenêtre (fermée) constituaient la base des relations entre citoyenneté et religion aux USA. Comme quoi l'adage "avec des si, on met Paris en bouteille" est fondé. Comme quoi, j'ai une bien piètre vision des outre-atlantiques du nord qui domine le monde avec leur grosse armée.
Ce premier paragraphe est en fait une piètre tentative de parler originalement d'un film que plus ou moins tout le monde a vu et qui est une référence cinématographique au delà des fans d'horreur. C'est surtout un bout de ce texte qui ne rappelle pas que la version remastérisée fait entorse à la version originale qui a traumatisé l'humanité à la sortie en salles du film (faites-leur confiance sur le sujet : je partage totalement leur avis). C'est donc une occasion de publier un texte pour ne pas faire oublier que les effets spéciaux numériques ont ruiné un peu de cette oeuvre mythique qui a même traumatisé des athées. (et cela faisait quelques temps que je n'avais rien posté). Voilà qui est dit.
Pour conclure, je vais complètement débrailler pour embrayer sur autre chose : le portrait de mon propre démon qui me possède.
Personnellement, je suis moi-même possédé. Aurore du cineaster.net me l'a souvent répété. Elle a à plusieurs reprises tenté de faire quitter de mon corps l'esprit de Robert Bresson qui me contrôle depuis un endroit de moi-même que je ne soupçonne pas d'exister. A en croire son diagnostic, j'ai dressé un auto-portrait de ce démon. Il est lent, ennuyeux, triste, abscons, inexpressif, impersonnel et moraliste. Il laisse les gens mourir : en particulier les prêtres. Il aime parcourir les fossés de bords de départementales. Il aime s'éterniser dans des jardins de châteaux. Il n'aime pas la prison. Il aime tuer pour de l'argent. Je crois que l'esprit démoniaque était à l'origine un âne. En tout cas, il est doué pour une chose : l'ellipse de temps. Quand il me possède, je me réveille des heures après sans savoir ce que j'ai fait et ce qui s'est passé. Bref, "Han ! Esprit, sors de ce corps ! Han ! Esprit de Robert Bresson !" (quote).
Ce premier paragraphe est en fait une piètre tentative de parler originalement d'un film que plus ou moins tout le monde a vu et qui est une référence cinématographique au delà des fans d'horreur. C'est surtout un bout de ce texte qui ne rappelle pas que la version remastérisée fait entorse à la version originale qui a traumatisé l'humanité à la sortie en salles du film (faites-leur confiance sur le sujet : je partage totalement leur avis). C'est donc une occasion de publier un texte pour ne pas faire oublier que les effets spéciaux numériques ont ruiné un peu de cette oeuvre mythique qui a même traumatisé des athées. (et cela faisait quelques temps que je n'avais rien posté). Voilà qui est dit.
Pour conclure, je vais complètement débrailler pour embrayer sur autre chose : le portrait de mon propre démon qui me possède.
Personnellement, je suis moi-même possédé. Aurore du cineaster.net me l'a souvent répété. Elle a à plusieurs reprises tenté de faire quitter de mon corps l'esprit de Robert Bresson qui me contrôle depuis un endroit de moi-même que je ne soupçonne pas d'exister. A en croire son diagnostic, j'ai dressé un auto-portrait de ce démon. Il est lent, ennuyeux, triste, abscons, inexpressif, impersonnel et moraliste. Il laisse les gens mourir : en particulier les prêtres. Il aime parcourir les fossés de bords de départementales. Il aime s'éterniser dans des jardins de châteaux. Il n'aime pas la prison. Il aime tuer pour de l'argent. Je crois que l'esprit démoniaque était à l'origine un âne. En tout cas, il est doué pour une chose : l'ellipse de temps. Quand il me possède, je me réveille des heures après sans savoir ce que j'ai fait et ce qui s'est passé. Bref, "Han ! Esprit, sors de ce corps ! Han ! Esprit de Robert Bresson !" (quote).
jeudi 28 juin 2012
La sélection du mercredi 27 juin 2012
Que ce soit le mercredi, le jeudi ou le vendredi, c'est pareil, c'est un jour de la semaine.
Un bonheur n'arrive jamais seul (probablement de 2012) de James Huth avec Gad Elmaleh et Sophie Marceau : Gad Elmaleh sait jouer du piano, Gad Elmaleh sait embrasser une femme, Gad Elmaleh sait porter la chemise mouillée, Gad Elmaleh sait regarder dans les yeux de Sophie Marceau, Gad Elmaleh sait coller ses lèvres contre celles de Sophie Marceau, Gad Elmaleh sait faire du moonwalk sur un palier, Gad Elmaleh sait où se trouve sa bouche, Gad Elmaleh sait se faire éjecter d'un lit, Gad Elmaleh sait se cacher sous une couverture, Gad Elmaleh sait sourire en descendant un escalier, Gad Elmaleh sait dire "bonsoir monsieur", Gad Elmaleh sait tenir un bouquet de fleurs et Gad Elmaleh sait s'allonger par terre.Et Sophie Marceau sait montrer ses fesses.
Billet d'humeur : Dans la bande-annonce de La clinique de l'amour !, un de mes rêves a été enfin réalisé. J'ai vu un ours prendre un arbre de plein fouet. Merci.
Billet d'humeur à la morale inversée : La bande-annonce de Starbuck (2011) présente l'histoire d'un individu qui a enfanté 533 enfants. Rien qu'à la tâche à laquelle il souhaite faire face (rencontrer 142 d'entre eux), je suis admiratif. Mon conseil : fuis, abandonne-les tous, te fais pas chier. Conseil de gamin au vélo ;)samedi 23 juin 2012
Le Black Dahlia Noir
Des fois, dans les bonus DVD d'un film, ils ont tous l'air d'être en train de s'excuser ...
Le Dahlia Noir, Brian de Palma, 2006, Allemagne-France-USA.
De l'aveu du scénariste Josh Friedman dans les bonus du DVD du Le Dahlia Noir de Brian de Palma adapté du roman de James Ellroy inspiré par le crime le plus atroce (sur Elisabeth Short) ayant eu lieu à Los Angeles après-seconde-guerre-mondiale, Josh Friedman ne savait pas s'il était l'homme qualifié pour transposer le roman pour le grand écran.
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| Les sous-titres des 2 premières photos reprennent les paroles de Josh Friedman, scénariste de Le Dahlia Noir |
Également de l'aveu de Josh Friedman (tous ces aveux ont eu lieu durant la promotion du film, c'est-à-dire "après le tournage, le montage et le mixage"), Josh Friedman raconte qu'il n'a jamais aimé les histoires terrifiantes, celles qui font peur ; en somme, l'effroi l'effraie. C'est un peu comme s'il avait dit aux spectateurs : "j'ai accepté l'offre des producteurs vu que ils me l'ont faite ... j'ai pris le fric et j'ai fait un boulot pourri." 50 000 000 de $ de budget suffit à convaincre beaucoup de monde.
L'adaptation de Le Dahlia Noir était mal partie.
Produced by
Rudy Cohen .... producer
Boaz Davidson .... executive producer
Rolf Deyhle .... executive producer
Moshe Diamant .... producer
Danny Dimbort .... executive producer
Michael P. Flannigan .... line producer
Samuel Hadida .... co-executive producer
Victor Hadida .... co-executive producer
James B. Harris .... executive producer
Manfred D. Heid .... co-executive producer (as Manfred Heid)
Henrik Huydts .... executive producer
Jochen Kamlah .... co-executive producer
John J. Kelly .... line producer: USA
Jordan Kessler .... associate producer
Gerd Koechlin .... co-executive producer
Josef Lautenschlager .... executive producer
Avi Lerner .... producer
Art Linson .... producer
Trevor Short .... executive producer
Andreas Thiesmeyer .... executive producer
John Thompson .... executive producer
De mon aveu, je voulais assister à une enquête criminelle autour du meurtre abominable commis sur Elizabeth Short. Son corps a été découpé en deux parties. Sa bouche a été lacérée pour écarter son sourire jusqu'aux oreilles. Le cadavre nu a été positionné pour reprendre la pose d'une œuvre du photographe Man Ray. Il faut savoir que le coupable n'a jamais été arrêté. Ce qui pouvait donner lieu à une enquête palpitante sur fond de mystère resté caché (à la Jack L'éventreur). Ce récit pouvait être riche en frissons. Vous aurez compris que je n'ai pas lu le livre. Vous aurez compris que le scénariste n'aime pas les histoires effrayantes. Il a donc écrit une fiction historique à la place. Et, du reste de mon aveu, à la vision de Le Dahlia Noir de Brian de Palma, j'ai subi un triangle amoureux insipide à 4 entre Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hillary Swank et Aaron Eckhart avec une résolution d'enquête pliée en 2/2 avant le générique de fin. De mon dernier aveu, le duo Josh Hartnett-Scarlett Johansson fait ressembler cette pelloche à un teen movie stylé film noir (comprendre les acteurs aux visages d'ados sont habillés comme en 1940 et les stores font des ombres droites et régulières sur les murs).
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| Pour stars de ce teen movie stylé pompage cinéphilique de la grande époque hollywoodienne : une paire de seins et des yeux qui plissent |
De l'aveu de Brian de Palma, il ne fait jamais mention de ses choix artistiques (qui sont donc évidents : film en 1940 = esthétique de film à la Bogart ... pourtant le style de James Ellroy revisite le côté obscur de Los Angeles (jusqu'à Sa part d'ombre) pour casser son image glamour construite par Hollywood et les promoteurs immobiliers des années 1940 et 1950). Mais Brian de Palma est un fétichiste de la première heure. Il a trop de cinéphilie à partager et de cinécopie incrustée en son fonctionnement de cinéaste pour comprendre que reprendre l'esthétique glamour des films noir des années 1940 est en complète contradiction avec les intentions d'Ellroy et du style de son œuvre. C'est même un hors-sujet complet. Encore une erreur de casting de la part des producteurs.
Dans les bonus DVD, Brian di Palmé n'explique que ses choix en matière de casting féminin : et Scarlett Johansson avec qui il avait UNE discussion dont il se rappelait encore, et Hillary Swank qu'il voulait voir en femme fatale (ce désir dépasse mon entendement), et Mia Kirshner (que j'adore). La photo ci-dessous fait d'ailleurs sérieusement passer Brian de Palma pour un vieux lubrique qui essaie de se caser. Brian, veut-il se raccrocher désespérément aux wagons auxquels il peut toujours s'agripper ? Essaie-t-il de niquer ? Veut-il ne pas tomber dans l'oubli ? A-t-il encore des histoires à raconter ? A voir Le Dahlia Noir de Brian de Palma, j'affirme que non. Après avoir vu Snake Eyes, Mission to Mars, Redacted et Femme Fatale, je ne doute plus de sa suffisance malgré de merveilleuses intentions dans son film sur la guerre d'Irak. Les Incorruptibles (1987) et Blow Out (1981) semblent appartenir à une autre ère cinématographique du cinéaste qui s'autocite depuis deux décennies (alors qu'Alfred Hitchcock n'a rien à lui envier) et se répète jusqu'à la nausée des amateurs de l'américain (auxquels j'appartiens bon gré mal gré).
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| Hillary Swank est contente : pour une fois, quelqu'un l'a pris pour une femme sensuelle |
Dans les bonus DVD, Brian di Palmé n'explique que ses choix en matière de casting féminin : et Scarlett Johansson avec qui il avait UNE discussion dont il se rappelait encore, et Hillary Swank qu'il voulait voir en femme fatale (ce désir dépasse mon entendement), et Mia Kirshner (que j'adore). La photo ci-dessous fait d'ailleurs sérieusement passer Brian de Palma pour un vieux lubrique qui essaie de se caser. Brian, veut-il se raccrocher désespérément aux wagons auxquels il peut toujours s'agripper ? Essaie-t-il de niquer ? Veut-il ne pas tomber dans l'oubli ? A-t-il encore des histoires à raconter ? A voir Le Dahlia Noir de Brian de Palma, j'affirme que non. Après avoir vu Snake Eyes, Mission to Mars, Redacted et Femme Fatale, je ne doute plus de sa suffisance malgré de merveilleuses intentions dans son film sur la guerre d'Irak. Les Incorruptibles (1987) et Blow Out (1981) semblent appartenir à une autre ère cinématographique du cinéaste qui s'autocite depuis deux décennies (alors qu'Alfred Hitchcock n'a rien à lui envier) et se répète jusqu'à la nausée des amateurs de l'américain (auxquels j'appartiens bon gré mal gré).
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| Scarlett Johansson estime que Brian de Palma a "une touche" ("a touch") immédiatement reconnaissable : où est passée la main gauche de Brian di Palmé ? |
Et, pour conclure comme le porcin de Brian di Palmé, considéré que le final est plié en 5 minutes chrono après 2 heures de pelloche sur une série d'indices faciles à dégotter, vous voudrez vous rappeler avec précision qui a fait quoi dans cette production car Le Black Dahlia Noir est un film de merde extrêmement rageant. Une autre adaptation du livre est à envisager.
jeudi 21 juin 2012
Bullhead
Le traumatisme au cinéma
Je n'avais aucune envie de voir Bullhead (Rundskop, titre original) à la vue de sa bande-annonce mensongère. Elle donne au récit de faux airs s'attardant sur des conflits mafieux en milieu rural avec un malabar en personnage principal (comprendre une histoire de vente de produits dopant pour vaches et cochons). Je craignais donc que le cinéaste belge Michael R. Roskam soit un ersatz de Nicolas Winding Refn et que son Bullhead s'apparente à un mélange de Pusher et de Bronson (la typologie du titre, le style de l'affiche et la bande-annonce aident volontiers à la comparaison) ; je précise : N.W. Refn est un cinéaste danois qui m'inspire un sentiment intime de rejet intense dès que j'entends son nom ou à chaque fois que j'aperçois une image pensée par lui (sa notoriété fondée sur la fascination qu'exerce la violence me choque et l'esthétique qu'il développe est pompeuse et reste inexpliquée et inexplicable par l'auteur même).
Mais, en fait, en vérité, Bullhead est l'entremêlement intelligent de deux trames narratives : une enquête sur le meurtre d'un policier et l'exploration des dommages collatéraux de ce crime. Comme Dennis Lehane pour Mystic River, Michael R. Roskam utilise les fantômes qui hantent depuis 20 ans des individus liés de près et de loin à cette affaire criminelle pour souligner l'intérêt de son récit centré sur Jacky Vanmarsenille.
Mais, en fait, en vérité, Bullhead est l'entremêlement intelligent de deux trames narratives : une enquête sur le meurtre d'un policier et l'exploration des dommages collatéraux de ce crime. Comme Dennis Lehane pour Mystic River, Michael R. Roskam utilise les fantômes qui hantent depuis 20 ans des individus liés de près et de loin à cette affaire criminelle pour souligner l'intérêt de son récit centré sur Jacky Vanmarsenille.
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| Jacky Vanmarsenille (incarné par Matthias Schoenaerts) |
Pour revenir sur la duplicité de la bande-annonce, elle laisse envisager que Bullhead peut être un biopick non officiel sur Frank Ribéry. L'acteur Matthias Schoenaerts accuse une certaine ressemblance avec le footballeur français. D'ailleurs ce message étudie cette thèse de la biographie maquillée de Francky van Ribérille.
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| Francky Vanribérille |
Le protagoniste principal de Bullhead est Francky Vanribérille. Il est présenté comme une brute shootée à la testostérone lors de l'introduction. Il est donc normal de se méfier de lui au premier abord, pendant une bonne vingtaine de minutes, surtout qu'il veut dégommer des policiers et qu'il tient à l’œil la mafia de près. Bref, le caractère de Vanribérille est celui d'un taureau qui enfonce ses cornes avant de se rendre compte qu'il a commencé à courir. Mais la sympathie pour Francky survient lors des premiers flash-back, lançant d'ailleurs la tension dramatique sur ses rails. La montagne de muscles, qui menace des fermiers, des policiers et des mafieux et qui dope ses vaches, est la carapace d'une personnalité brisée par un traumatisme enfantin. Francky se dope pour développer une façade virile qui cache un adolescent martyrisé. Car, voir un enfant se faire éclater les burnes à coups de pierre ne traumatise pas que le spectateur. Un autre garçon jaloux de son intérêt pour sa sœur lui a écrasé les couilles en se vantant de ses méfaits de benêts attardés, dixit "casse-couilles", "casse-couilles", "casse-couilles", ... Il faut compter autant de coups que d'insultes. Et ça dure.
En somme, cette biographie officieuse de Franck Ribéry expliquerait pourquoi il est un joueur extrêmement rapide en vrai, sur Fifa et PES. Les couilles de Francky Vanribérille ne sont jamais descendues. Lors de ses courses, le frottement de ses cuisses l'une contre l'autre se fait donc sans gène. Aucun testicule ne risque de se coincer entre ses jambes. Le seul gros problème est que Francky est évidemment timide avec la gent féminine. Où est la différence entre la réalité et la fiction ? On le sait, Franck Ribéry a développé le recours à la prostitution, et, Francky Vanribérille a l'habitude d'être violent envers ses rivaux masculins. La compensation de ses difficultés en amour n'est pas sans péril.
Sacré bon film, Bullhead est une réussite malgré quelques baisses de tension. La musique est un brin trop dramatique, quelques cadrages ne sont pas utiles (comme celui de Francky dans les tribunes de l'hippodrome lors de sa crise) et les plans sur les champs sont répétitifs (on sait grâce à une introduction claire et efficace que le récit se concentre sur un retour fracassant du passé, de ses personnages et du souvenir traumatisant). Heureusement, les liens entre les protagonistes issus du passé et l'intérêt pour le devenir de Francky permettent d'apprécier cette pelloche. Comment ne pas sympathiser avec cette personnalité en proie aux doutes quant à l'amour ? Pauvre Francky, prisonnier d'une façade de brute.
A des fins de protections légales, tout ce qui est écrit ou insinué à propos de Frank Ribéry est faux (à part le recours à la prostitution).
P.S. : le dernier plan de Bullhead montre le buste de l'enfant Francky Vanribérille en contre-plongée ; l'acteur aurait pu se curer le nez avant le tournage du plan ou quelqu'un de l'équipe aurait dû le signaler. Ce détail a une propension à gâcher le final voulu émouvant de Bullhead.
En somme, cette biographie officieuse de Franck Ribéry expliquerait pourquoi il est un joueur extrêmement rapide en vrai, sur Fifa et PES. Les couilles de Francky Vanribérille ne sont jamais descendues. Lors de ses courses, le frottement de ses cuisses l'une contre l'autre se fait donc sans gène. Aucun testicule ne risque de se coincer entre ses jambes. Le seul gros problème est que Francky est évidemment timide avec la gent féminine. Où est la différence entre la réalité et la fiction ? On le sait, Franck Ribéry a développé le recours à la prostitution, et, Francky Vanribérille a l'habitude d'être violent envers ses rivaux masculins. La compensation de ses difficultés en amour n'est pas sans péril.
Sacré bon film, Bullhead est une réussite malgré quelques baisses de tension. La musique est un brin trop dramatique, quelques cadrages ne sont pas utiles (comme celui de Francky dans les tribunes de l'hippodrome lors de sa crise) et les plans sur les champs sont répétitifs (on sait grâce à une introduction claire et efficace que le récit se concentre sur un retour fracassant du passé, de ses personnages et du souvenir traumatisant). Heureusement, les liens entre les protagonistes issus du passé et l'intérêt pour le devenir de Francky permettent d'apprécier cette pelloche. Comment ne pas sympathiser avec cette personnalité en proie aux doutes quant à l'amour ? Pauvre Francky, prisonnier d'une façade de brute.
A des fins de protections légales, tout ce qui est écrit ou insinué à propos de Frank Ribéry est faux (à part le recours à la prostitution).
P.S. : le dernier plan de Bullhead montre le buste de l'enfant Francky Vanribérille en contre-plongée ; l'acteur aurait pu se curer le nez avant le tournage du plan ou quelqu'un de l'équipe aurait dû le signaler. Ce détail a une propension à gâcher le final voulu émouvant de Bullhead.
mercredi 20 juin 2012
Babycall
Le premier plan du film de Babycall est focalisé sur une Noomi Rapace à l'agonie. Vu la teneur dramatique qu'il faut mettre de nos jours pour attirer le spectateur en salles, on peut parier que son protagoniste se meurt. La suite des événements, présentant le récit, laisse peu de doutes quant à la nature de l'intrigue. En un quart d'heure, je me suis fait mon idée. Et quelques questions ont suivi :
Pourquoi le réalisateur a-t-il tenu à construire son thriller par un final qu'il présente dès son premier plan ?
Est-ce que l'enfant est mort et la mère traumatisée ?
Est-ce que l'enfant est mort et la mère traumatisée ?
Est-ce que la mère est internée ?
Est-ce que Babycall est un Shutter Island scandinave ?
Est-ce que Babycall est un Shutter Island scandinave ?
Est-ce une histoire de fantôme ?
Est-ce une histoire machiavélique sur l'amour dévorant entre une mère et son fils ?
Est-ce un thriller noir sur le voisinage d'individus violents et infréquentables ?
Est-ce un thriller noir sur le voisinage d'individus violents et infréquentables ?
Ai-je raison de vouloir deviner la fin avant qu'elle n'arrive ?
Mais, dans ce cas, pourquoi le réalisateur norvégien Pål Sletaune nous en montre-t-il un extrait dès le début ?
Mais, dans ce cas, pourquoi le réalisateur norvégien Pål Sletaune nous en montre-t-il un extrait dès le début ?
Babycall est à tort vendu comme un thriller à twist. Pål Sletaune entretient le mystère de son récit grâce à un jeu de pistes embrouillant les cartes. Il mélange bien son jeu entre piste psychologique, piste fantastique et piste machiavélique. C'est sur cet aspect que Babycall est réussi. Le cinéaste organise un casse-tête qui m'a embarqué sur d'autres fins possibles que celle que m'ont inspiré les 15 premières minutes. Ce jeu de fausses pistes maintient donc l'intérêt du spectateur jusqu'à une dernière scène discutable (que j'estime être à contre-sens puisqu'elle sublime -elle rend beau- le sentiment qui a mené Noomi Rapace à sa perte : première image du film).
Il est temps de vous résumer le récit de Babycall. Une mère incarnée par Noomi Rapace emménage dans un logement social avec son fils dont elle a seule la garde. Le père a essayé de tuer son enfant. Il rôde dans les environs. La justice règle les derniers détails et la mère est sous surveillance des services publics. Quand elle décide de loger son fils dans une autre pièce, elle achète un babycall sur lequel elle capte des cris d'enfants martyrisés. S'ensuit son enquête durant laquelle elle rencontre un excellent acteur (Kristoffer Joner).
Et Babycall est une bonne pelloche ... à voir une fois. Mais, bon, il n'empêche que la forme scénaristique de l'ouvrage n'est pas forcément la plus appropriée à l'histoire que Pål Sletaune a emmêlé dans l'habit d'un thriller psychologique roublard qui se finit sur un twist annoncé dès le premier plan. En somme, Babycall est sympa mais pèche par un défaut de ressembler à un thriller au lieu d'être un drame à part entière.
Il est temps de vous résumer le récit de Babycall. Une mère incarnée par Noomi Rapace emménage dans un logement social avec son fils dont elle a seule la garde. Le père a essayé de tuer son enfant. Il rôde dans les environs. La justice règle les derniers détails et la mère est sous surveillance des services publics. Quand elle décide de loger son fils dans une autre pièce, elle achète un babycall sur lequel elle capte des cris d'enfants martyrisés. S'ensuit son enquête durant laquelle elle rencontre un excellent acteur (Kristoffer Joner).
![]() |
| Sur Il a osé !, ils ont carrément oublié de le mentionner dans leur article sur Babycall |
Et Babycall est une bonne pelloche ... à voir une fois. Mais, bon, il n'empêche que la forme scénaristique de l'ouvrage n'est pas forcément la plus appropriée à l'histoire que Pål Sletaune a emmêlé dans l'habit d'un thriller psychologique roublard qui se finit sur un twist annoncé dès le premier plan. En somme, Babycall est sympa mais pèche par un défaut de ressembler à un thriller au lieu d'être un drame à part entière.
lundi 18 juin 2012
Le mariage de Maria Braun
Il y a donc un cinéaste homosexuel qui ne fait pas de la lèche aux femmes, aux transsexuels et homosexuels (je ne fais pas allusion à Pedro Almodovar)
Le mariage de Maria Braun, Rainer Werner Fassbinder, 1979, Allemagne.
Le mariage de Maria Braun se déroule lors d'un bombardement. Au milieu d'explosions, Maria Braun dit "oui à tout jamais" à Son homme Hermann Braun (alias l'homme marron alias l'homme caca). En pleine seconde guerre mondiale, elle doit malheureusement composer avec l'absence d'icelui. Le destin les désunit et les réunit. Et, après-guerre, son mari doit composer avec elle. Et c'est la putain Maria Braun que Rainer Werner Fassbinder se fait un grand plaisir d'épingler avec toute sa verve cinématographique. Rainer Werner Fassbinder (1945-1982), cinéaste gay cocaïnomane et prolifique (il aurait été soviétique qu'on le connaitrait pour sa cadence de sortie de charbon des mines), accessoirement génie absolu du cinématographe, a fait dans cette pelloche étalage de tout son art.
Qu'est donc cette putain Maria Braun ? Elle est un poison. Elle se nourrit d'un poison : celui qu'elle cherche à tout prix à trouver en fumant des cigarettes. Au nom du plus grand des amours (l'humour des expressions "mon homme" et "grosse liebe"), elle ne dissimule jamais son nez creux pour les affaires (ça fait partie de son charme). Pour avoir ce qu'elle demande (de l'argent pour s'acheter des cigarettes), sa seule chair travaille : elle seule est mouillée de sueur. Les gros plans liants la chair au poison mortel de la nicotine rappellent d'ailleurs que 1. Fassbinder était un cinéaste rigoureux et incroyablement précis et que 2. une économie de moyens fonctionne à merveille : il y a très peu de gros plans dans Le mariage de Maria Braun ; ils sont tous pertinents et indispensables au propos et à la lecture du film. Le niveau d'humour du personnage Maria Braun est très bas : l'enfant brun et le nom Braun ... le nom Braun ... le nom Braun ... son grosse liebe ... son homme. Sa vénalité est traitée sur le mode de l'inconséquence, représentant la pensée du couple consentant à ce travail de sape pour se constituer un pécule. Toute moralité mise à part, les Braun sont heureux en ménage. Le mari réside en prison. Rainer Werner Fassbinder affiche donc clairement un moralisme teinté d'un grand sens de l'humour (qui fait plaisir) pour afficher le lien vicieux entre le nerf de la guerre et sa némésis. Certes, Hanna Schygulla est une très belle actrice mais Maria Braun est une infâme connasse que même les conditions de la seconde guerre mondiale et la reconstruction d'après-guerre n'excusent pas.
La place de l'homme et de la femme dans leur union (dans la société ?), le pragmatisme dans l'institution du mariage en Allemagne (en occident ? dans le monde ?), l'importance de l'argent en amour et dans une relation en quête d'amour, tout est passé au crible avec humour, dérision et sensibilité (force faut-il qu'il faut admirer les réactions d'Hermann Braun à son retour du combat). Je ne vais pas détailler davantage les moments (tous géniaux) qui constituent le corps de ce chef d’œuvre d'un génie du cinéma. Il passe ce soir sur Arte (20h50). Je le recommande vivement. Je n'ai pas de points négatifs qui perturbent mon appréciation de ce morceau d'art.
Le mariage de Maria Braun, Rainer Werner Fassbinder, 1979, Allemagne.
Le mariage de Maria Braun se déroule lors d'un bombardement. Au milieu d'explosions, Maria Braun dit "oui à tout jamais" à Son homme Hermann Braun (alias l'homme marron alias l'homme caca). En pleine seconde guerre mondiale, elle doit malheureusement composer avec l'absence d'icelui. Le destin les désunit et les réunit. Et, après-guerre, son mari doit composer avec elle. Et c'est la putain Maria Braun que Rainer Werner Fassbinder se fait un grand plaisir d'épingler avec toute sa verve cinématographique. Rainer Werner Fassbinder (1945-1982), cinéaste gay cocaïnomane et prolifique (il aurait été soviétique qu'on le connaitrait pour sa cadence de sortie de charbon des mines), accessoirement génie absolu du cinématographe, a fait dans cette pelloche étalage de tout son art.
Qu'est donc cette putain Maria Braun ? Elle est un poison. Elle se nourrit d'un poison : celui qu'elle cherche à tout prix à trouver en fumant des cigarettes. Au nom du plus grand des amours (l'humour des expressions "mon homme" et "grosse liebe"), elle ne dissimule jamais son nez creux pour les affaires (ça fait partie de son charme). Pour avoir ce qu'elle demande (de l'argent pour s'acheter des cigarettes), sa seule chair travaille : elle seule est mouillée de sueur. Les gros plans liants la chair au poison mortel de la nicotine rappellent d'ailleurs que 1. Fassbinder était un cinéaste rigoureux et incroyablement précis et que 2. une économie de moyens fonctionne à merveille : il y a très peu de gros plans dans Le mariage de Maria Braun ; ils sont tous pertinents et indispensables au propos et à la lecture du film. Le niveau d'humour du personnage Maria Braun est très bas : l'enfant brun et le nom Braun ... le nom Braun ... le nom Braun ... son grosse liebe ... son homme. Sa vénalité est traitée sur le mode de l'inconséquence, représentant la pensée du couple consentant à ce travail de sape pour se constituer un pécule. Toute moralité mise à part, les Braun sont heureux en ménage. Le mari réside en prison. Rainer Werner Fassbinder affiche donc clairement un moralisme teinté d'un grand sens de l'humour (qui fait plaisir) pour afficher le lien vicieux entre le nerf de la guerre et sa némésis. Certes, Hanna Schygulla est une très belle actrice mais Maria Braun est une infâme connasse que même les conditions de la seconde guerre mondiale et la reconstruction d'après-guerre n'excusent pas.
La place de l'homme et de la femme dans leur union (dans la société ?), le pragmatisme dans l'institution du mariage en Allemagne (en occident ? dans le monde ?), l'importance de l'argent en amour et dans une relation en quête d'amour, tout est passé au crible avec humour, dérision et sensibilité (force faut-il qu'il faut admirer les réactions d'Hermann Braun à son retour du combat). Je ne vais pas détailler davantage les moments (tous géniaux) qui constituent le corps de ce chef d’œuvre d'un génie du cinéma. Il passe ce soir sur Arte (20h50). Je le recommande vivement. Je n'ai pas de points négatifs qui perturbent mon appréciation de ce morceau d'art.
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