La sélection de Donc Acte !

Donc Acte ! ne suit pas l'actualité cinéma à la loupe. Donc Acte !, qui s'est intitulé Le cinéphobe pendant une courte période, n'a pas pour passe-temps de visionner des pelloches de cinoche. Donc Acte ! ne va pas souvent voir une œuvre en salles. L'envie est rare. Le plaisir est d'autant plus intense lorsque je suis satisfait par une rencontre du 7ème art. Certains films m'inspirent des réflexions ; c'est ce que je souhaite partager. Je ne propose pas de thèses et il m'arrive de gâcher les histoires en racontant la fin. Vu que je ne mets pas ce qui a été fait de l'invention des frères Lumière sur un piédestal et que je suis des fois moqueur, Donc Acte ! peut ne pas plaire.

jeudi 14 juin 2012

Le jeudi du mercredi 13 juin 2012



Cette semaine est celle de la consternation. En effet, sur les affiches de 4 films sortis, on peut remarquer que la position assise est utilisée pour vendre ces dites œuvres (Bienvenue parmi nous, Quand je serai petit, La petite Venise, 80 jours) : on savait que les faiseurs de pelloches misaient déjà sur la réalisation sur grand écran de nos vœux, des plus minables aux plus travaillés aux plus intimes et aux moins intelligents, pour nous attirer en salles ... on savait que le faiseur moyen de pelloche mettait du cul ou de la violence afin de se faire du fric ... on savait que "l'ambitieux m'as-tu vu" traitait par dessus la manche, l'épaule, la jambe, le pied et le bras des thèmes d'actualité qui sont à la mode pour être bien vu et faire croire qu'il est concerné ... mais, le fait que les exploitants, diffuseurs, producteurs, etc songent à vendre leurs films en imitant la position du spectateur dans la salle de cinoche ou devant sa télé est une vraie grosse grande preuve de l'opportunisme et du manque d'inspiration des faiseurs modernes de cinéma. Je crie donc à la révolte ! Stoppons cette vague de posters où les gens s'assoient pour nous ressembler et nous faire croire qu'ils sont comme nous ! C'est faux ! C'est encore de la publicité mensongère ! Quel populisme dégueulasse ! A cause de cette infamie, je n'irai pas au cinéma cette semaine !



P.S. : D'ailleurs, la position assise est scandaleuse elle aussi ! Vive le cinéma accroupi ou allongé !

jeudi 7 juin 2012

Alien, la resurrection

Et Dieu créa James Cameron

Alien, la résurrection, Jean-Pierre Jeunet, 1997, USA.

Demander à Jean-Pierre Jeunet de réaliser un film de la série Alien, c'est un peu comme demander à un aspirant poète surévaluant la valeur des français et de la France avec une nostalgie complétement truquée d'individu qui n'a pas connu le début du XXème siècle (qu'il idéalise donc) de réaliser un film âpre et sans illusions sur l'humanité et l'affairisme. Je rappelle que, dans Alien, une compagnie cherche à entrer en possession des spécimen aliens hostiles à l'humain afin de les vendre sur le marché comme armes biologiques. Rien à voir avec le plaisir de glisser sa main dans un sac de grain ou de faire mumuse à mater des photos de photomatons.

A regarder Alien, la résurrection, je me suis rendu compte que le point de vue de Jean-Pierre Jeunet sur la S-F est identique à celui de Luc Besson posé avec Le cinquième élément. Le genre (S-F = truc pas crédible, pas sérieux et pas possible) sert à présenter une vision du monde simpliste, quasi-infantile dans laquelle une idée neuneu prend la valeur de romantique ou de poétique. Le genre est un prétexte pour caser ses potes et faire plein de calembours minables. La S-F est en fait une occasion de prendre son boulot à la légère et de montrer que son imaginaire n'a pas évolué depuis la cour de récréation. Diagnostic médical de cinéphobe : je dirais que les patients (bien que Luc Besson ait avoué avoir écrit le script du 5ème élément à 18 ans) souffrent d'un manque de respect.

Encore une fois, quelqu'un lèche la gueule d'un monstre comme une grosse pute

A qui la faute ? Allez, je dis. Le studio. Jean-Pierre Jeunet à l'époque déclarait avoir eu le boulot parce qu'il ne pensait pas le décrocher et, donc, il a dit ce qu'il fallait dire pour l'avoir. Ça s'appelle du menfoutisme pour le réalisateur. Ça s'appelle du flair pour le studio (n'oubliez jamais : un gros studio de cinéma est toujours en recherche de crédibilité ^^) : Jeunet avait alors le vent en poupe d'un jeune génie qui monte. Qui dit "jeune" dit "pas cher". Ça a commencé avec le troisième opus. Quelqu'un avait décidé "d'engager des metteurs en scène" et de faire de la franchise Alien un "mano a mano entre Ripley et toute l'espèce extra-terrestre" (les femmes ont besoin de "role models"). C'est oublier que Ripley n'aurait jamais pu s'en sortir à elle toute seule dans les 2 premiers opus de la saga (je ne parle pas du 3 ; elle y meurt). L'équipage du Nostromo (dans Alien de Ridley Scott) a été décimé dans un ordre qui laissait à Ripley le loisir de s'en sortir. Avec le caporal Hicks et la petite fille Rebecca "Newt", l'ensemble formait une jolie famille recomposée dans Aliens de James Cameron. Tous y mettaient de son grain de sel pour s'en sortir vivant (avec une clé à molette, un lance-flamme, un fusil à pompes ou de la grosse artillerie, Hicks prenant en charge l'escouade militaire, Newt et Bishop naviguant dans les tunnels ... c'était du travail d'équipe). Mais pourquoi ont-ils tué "Newt" et Hicks dans Alien 3 ? Le personnage de Ripley est devenue une icône sans que personne ne l'ait demandé, car, pour construire le succès d'une franchise mode 1990's, il en faut plus. A comprendre dans Alien : il faut plus de Ripley.

(Parenthèse : Et depuis, les studios ne font plus que des films de super-héros avec des super-pouvoirs et tout le toutim, l'humain et l'humilité a été vendangé. Encore une fois : des individus ont survécu aux 2 premiers Alien. Le spectateur n'arrive-t-il donc pas à croire qu'il pourrait survivre à de tels dangers pour qu'il ait besoin d'avoir un alter-ego sur-humain sur grand écran ? A-t-il changer de plaisir ? Dans ce cas, le spectateur ne demande plus à ressentir des frissons en salle. Il exige pouvoir foutre des baffes en étant intouchable. Quelle est l'extension de ce plaisir dans la vie réelle ? Quel est son sens ? C'est dégueulasse de donner au public tout ce que le public demande ... parce que le public peut aussi demander de belles saloperies : les arènes du cirque, la téléréalité, surfer sur le web, ...)

Bref, l'esprit de la série Alien disparait dans Alien, la résurrection. Exit l'horreur, exit le frisson, exit l'humilité vis-à-vis de l'alien (Sigourney Weaver incarne une Wonderwoman insupportable : Ripley est belle et bien morte dans le 3 ... pas étonnant qu'il n'y ait jamais eu de cinquième opus) et exit l'esprit combatif propre à l'humain (dans l'intersidéral : loin de tout, envers et contre tout), le style du film est tristement celui de Jeunet (du tripotage d'un nœud qui n'a jamais existé). Cette résurrection est un enterrement. Ici, c'est une Ripley boostée à la génétique alien qui prend le dessus. Vous pouvez dire adieu au suspense et au combat dans l'adversité : Ripley se paye même une orgie inter-espèce. Et, quelque soit les qualités du cinéaste, en regardant une pelloche alien, je veux voir du alien, pas du Jeunet, qui s'est attardé à réaliser une caricature d'Alien et de S-F. Alien, la résurrection est juste un jouet cassé par un gamin qui a mal joué avec.

Humour du film : Ron Perlman a peur d'une araignée alors qu'il vient de tuer un alien

Pour en venir aux points de détail du film, il m'est d'avis que les dirigeants d'un complexe militaro-industriel, ainsi que les structures hiérarchiques et infrastructures techniques, méritent mieux qu'une caricature de général et de scientifiques pour diriger le centre des expérimentations. A quoi a-t-on droit en regardant Alien, la résurrection 4 ? A une vision détestable de la science-fiction et de la série Alien dans laquelle des dirigeants n'ont rien de mieux à faire que de fricoter avec des pirates de l'espace en admirant des morceaux de fruit alors que les enfoirés chargés de ce boulot sont censés être les employés de cette même infâme compagnie (le propos de la série qui s'oppose à une dérive capitalistique est ICI > l'apport de cobayes humains devraient se dérouler entre individus compétents -militaires et du privé- aux bonnes manières dans un cadre propre aux visites de multiples investisseurs et clients).

Les supérieurs hiérarchiques sont donc caricaturés au point où il devient difficile de croire qu'ils sont compétents dans leurs fonctions : je ne crois pas que le général ait pu atteindre un tel grade même en étant lié par le sang à un dictateur de république bananière. Il a tout du beunet qui se réveille avec une casquette sur la tête.

Un général au poil

Les éléments du décor ont l'air d'avoir été pioché dans une décharge (LE PROPOS ALIEN > l'installation est censée être un laboratoire scientifique et militaire expérimentant sur une espèce dangereuse : l'encadrement devrait être bien éclairé, hautement équipé, solide et hygiénique ... au lieu de cela, on a droit à des tuyaux qui pendent de partout -la saleté du Nostromo dans le premier opus a été grotesquement reprise comme élément constituant de la série- et on a besoin d'une lampe-torche pour apercevoir quelque chose à l'écran : vous croyez sincèrement que le dépotoir d'Alien, la résurrection 4 peut contenir des aliens ?). En plus des décors, les équipements et les vaisseaux sont déformés au point où c'en est une touche artistique (la "french touch" tant désirée par les studios et Jeunet pour se crédibiliser).

Il faut donc compter sur des pirates de l'espace (qui n'ont rien à faire là) pour être les héros de cette purge intergalactique. Considéré que tous les personnages du film ont des machines à balancer des injures à la place du cerveau (la compétition peut parfois ruiner l'intellect et pousser à une prétentieuse vanité), on a vite envie de les voir crever tous d'un coup.

ET ... les aliens boostés à la génétique sont hideux (voir le "fils" de Ripley).

L'alien enfanté par Ripley reconnaît sa maman

Jean-Pierre Jeunet

Jeunet, je ne peux pas le dire autrement. Ton film est à chier et je le déteste ! T'as flingué la meilleure série de films de S-F.

mercredi 6 juin 2012

La sélection du mercredi 6 juin 2012

La bande-annonce de Arrête de pleurer Pénélope (2012) a le mérite de ne pas m'avoir motivé à la regarder jusqu'au bout. Les discussions entre femmes sur les chattes qui sentent le renfermé peuvent rester entre femmes ; de même, les conversations d'hommes virils restent entre hommes virils, les conversations antisémites restent entre antisémites, les conversations de riches restent entre riches, ...








La bande-annonce de Madagascar 3 : je m'en fous de savoir où ils ont échoué cette fois (2012) me rappelle une récente réflexion : les conversations entre animaux restent entre animaux.










La bande-annonce de 21 Jump Street (2012) me rappelle la même chose : les conversations entre adolescents restent entre adolescents. Sur Youtube, on peut trouver des vidéos d'adolescents et de jeunes hommes dans lesquelles ils commentent leurs performances sur tel ou tel jeu vidéo en solo ou en réseau. C'est assez plaisant à écouter pour rigoler. Leurs rires ressemblent à s'y méprendre à des cris de singes surexcités et leur blagues ne dépassent jamais le niveau de grosseur de seins des personnages féminins numérisées. L'air de rien, 21 Jump Street était une série qui traitait les sujets des grands maux qui touchaient les adolescents. C'est devenu une comédie pour ados en film.

Gros nénés = gros rires.


La sortie de la semaine, c'est Le Grand Soir (2012) d'une bande de gus qui a déjà fait d'autres films dans le genre. Les conversations entre punks et gens normaux sont toujours les mêmes. C'est bon à savoir. "No future" d'un côté, "Il n'y a pas d'ennemi" de l'autre. "Dans cent ans, de toute façon, on sera tous morts et enterrés." "La vie, c'est de la merde et, à la fin, on crève." "Tu peux nous faire confiance. Mais si, tu peux nous faire confiance." "Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?" "Oh bin, je vais pas te le dire."






Les conversations entre anglais, suédois et pétrodollardaires du moyen-orient m'échappent totalement : apparemment, la plus grande aventure qui soit est de construire un lac dans un pays désertique pour y amener et y pêcher du saumon.



A la semaine prochaine pour une conversation avec Charlize Theron.

dimanche 3 juin 2012

Prometheus

A quand Prometheus 2 ?

Si vous ne voulez pas être animé par une profonde rage envers moi jusqu'à la prochaine fête des mères, alors ne lisez pas ce texte qui gâche toute l'intrigue de Prometheus de Ridley Scott.

Prometheus, Ridley Scott, 2012, USA.

Les effets spéciaux sont impeccables Le bestiaire alien est intelligemment revisité. La mise en place de l'intrigue est longue et inefficace. Jusque là, la bande-annonce a tracé la voie pour présenter le chemin vers les mystères entourant le vaisseau alien d'Alien de Ridley Scott de 1979. Puis les choses s'enchaînent un peu. ET ENFIN, une scène traumatisante relève le niveau (spoiler alert dans le spoiler alert : la césarienne). Ensuite, des découvertes dispensables et une action balisée s'enchaînent jusqu'au final.

Bref, Prometheus remplit le contrat des collectivités du désintérêt profond avec un petit bonus (la césarienne) et fait ressembler la mythologie Alien à la mythologie chrétienne : au commencement était Dieu, puis les "Ingénieurs" alias des êtres supérieurs (des anges), puis nous (la subtilité made in La prom des aliens tient dans le fait que les "Ingénieurs" nous ont conçu ... pas Dieu donc ... mais, un peu quand même, puisque Dieu est à l'origine de tout ...), puis les aliens (les démons) alias une arme biologique créée par les "Ingénieurs" pour nous détruire nous humains (les êtres inférieurs, parents honteux de ces êtres supérieurs). Bref, les anges renégats, les "Ingénieurs", ont la volonté de détruire l'humanité. Si vous avez lu l'article jusqu'à cette phrase, vous pouvez écrire un commentaire pour souligner que je vous ai gâché l'intérêt de Prometheus. Personnellement, j'aurais préféré rester un ignorant total sur l"origine de ces xénomorphes. Tant qu'à choisir, je préfère oublier ce que Prometheus m'a "appris". Cette Prom des aliens a eu le mérite de me faire comprendre par l'expérience la signification du proverbe anglais "Ignorance is bliss" (traduction : "l'ignorance est une bénédiction"). J'appréciais avec grand délice l'existence de cette espèce agressive dans l'univers et de la lutte bestiale qui en découle afin que l'humain survive lors de leurs rencontres intergalactiques. Je désapprouve donc que la genèse de ces xénomorphes soit en relation avec l'existence de l'être humain comme si rien dans l'univers ne pouvait exister sans rapport direct avec l'humain.

Cette vaine tentative de "nous effrayer davantage en nous ciblant en particulier" fait de Prometheus le préquel d'Alien et de l'histoire de David, le droïde (Michael Fassbender) et d'Elizabeth Shaw, la scientifique (Noomi Rapace), qui décollent avant le générique de fin vers la planète des "Ingénieurs" pour s'expliquer. Prometheus semble donc vouloir relancer la série des aliens qui est morte (Alien 4 et les 2 ignobles Aliens vs Predators ne font pas illusion) en démarrant une franchise Prometheus. A quand Prometheus 2 ?

Prometheus présente au spectateur une nouvelle espèce d'alien à qui foutre des baffes.

mercredi 30 mai 2012

Millenium : la fille au tatouage de dragon

Et je me suis agenouillé devant un paquet de cookies

Millenium : La fille au tatouage de dragon, David Fincher, 2011, Allemagne-Angleterre-Suède-USA.

Depuis très peu de temps, je me demande si les américains n'ont pas une profonde aversion envers les suédois. Joss Whedon et Drew Goddard, dans La cabane dans les bois, font part du fait qu'il ne faut jamais faire confiance aux suédois (dans un domaine qui pourrait provoquer l'apocalypse), le dieu de la mythologie scandinave Thor a été ridiculisé à 2 reprises dans les adaptations des comics Thor et The Avengers (où il joue un rôle de fond d'écran), et, pour enfoncer le clou, David Fincher a réalisé Millenium : la fille au tatouage de dragon qui est une autre adaptation du roman quasi-éponyme de Stieg Larsson et ne fait pas honneur à l’œuvre originelle dont elle ne reprend pas en vo américain le concept caché dans le titre original suédois de Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. De plus, David FIncher fait plusieurs entorses majeures à l'ouvrage : Daniel Craig a été casté dans le rôle de Mikael Blomkvist, le générique du film est hideux et l'ensemble est traité comme un sujet absolument pas maîtrisé par ses commanditaires. La pelloche shootée et scotchée par "Finchy" se regarde donc difficilement. J'ai essayé de retranscrire une brève chronologie de mes moments passés à regarder ce film :

Le premier moment, celui de la découverte, se déroule en faisant avec ce que les images et le traitement laisse présager du reste. Le générique est hideux, aucun plan ne dure plus de 5 secondes, aucune réplique n'est balancée avec un peu de cœur, le rythme des dialogues est chronométré, aucune scène ne dépasse les 30 secondes.

Le second moment est celui de la perte d'espoir. Un relâchement brusque a eu raison de moi au moment où je me suis rendu compte que le film allait être long à supporter. La musique noie l'ensemble, elle essaye de faire monter la tension dramatique à elle toute seule, les événements sont totalement désensibilisés par une sur-abondance d'informations qui assomment plus qu'elles n'intéressent (d'autant plus qu'elles sont adressées indirectement au spectateur par des dialogues peu crédibles ... de fait).

Le troisième moment est une intervention de ma mémoire. Il s'agit du souvenir d'un extrait de conférence dans laquelle Finchy le Fincher affirmait, appuyé avec un regard d'intimidation, assis sur sa chaise, tournant à moitié le dos à l'audience, que son métier est de fabriquer des films distrayant "pour nous" ... voulant dire que si on avait des reproches "pour lui", on pouvait s'incliner devant sa générosité. Qu'il "nous" refile donc de sa renommée, de ses contacts et de son pognon "pour nous".

David Fincher et l'art de cadrer avec ses lunettes noires (pas de remarques sur le regard d'intimidation : il est "pour nous")

Le quatrième moment consiste à raccrocher au wagon car j'ai laissé dérouler Millenium : la fille au tatouage de dragon pendant un certain temps en pensant aux manques dans mon garde-manger et aux courses que je dois faire.

Le cinquième moment est empli d'horreur et de malheur. Scandale ! Le premier viol du tuteur Nils Bjurman sur Lisbeth Salander (la fellation) est filmé comme un acte consenti (il est pourtant qualifié comme viol dans le livre de Stieg Larsson et la première version filmée d'Oplev avec Noomi Rapace) ; pour Finchy Fincher et les commanditaires de ce produit marquéquété "qualité et succès", Lisbeth masturbe et suce son tuteur pour obtenir l'argent et s'acheter un ordinateur portable. Que pense le néophyte et le m'en-foutiste de base de Lisbeth et de la série Millenium ? Où est donc le propos de Stieg Larsson qui voulait vilipender tous les comportements faisant référence à des hommes qui haïssent et brutalisent les femmes ?

Le sixième moment concerne la tentative d'assassinat sur Mikael Blomkvist. Il semble n'être qu'un événement anodin permettant à Lisbeth de coucher avec le journaliste. Faut bien faire ressembler l'intrigue de ce fille au tatouage qui pue l'encre à celle du bouquin original et de sa première adaptation téléciné d'Oplev.

-"On a essayé de tuer Blomqvist ?" -"Non, c'est Lisbeth qui a couché avec lui."

Le septième moment est celui du répit. Une grosse demi-heure après une interruption salvatrice, je me suis permis de supporter la suite sans faire attention aux notions de qualité et de quantités de ce long-métrage. Je suis allé faire des courses et j'ai acheté et mangé des cookies Granola gros chunks/pépites de chocolat et d'amandes caramélisées. Il devait rester une heure de film. Le paquet a duré un quart d'heure. Il y a des plaisirs plus agréable que celui de regarder de mauvais films. Ce moment de dégustation a commencé pendant que Cécilia Vanger (Géraldine James) tenait des papiers en main*.

Le huitième moment consiste à rigoler en voyant Daniel Craig s'agiter au bout d'un harnais. Enfin un peu d'action, enfin un  peu d'humour, enfin un peu de quelque chose.


Pour conclure, je voudrais souligner que j'en ai vraiment marre de ces films américains estampillés "grande qualité" alias "succès d'estime + grosse rentrée de fric" qui alignent des gens compétents (ou pseudo-compétents ou connus) qui s'avèrent être de grosses daubes ou d'énormes déceptions au final (je pense aussi au Dahlia Noir de Brian de Palma). Tant qu'à vendre un film sur son aspect qualitatif, autant faire une pelloche de qualité.

*pour des précision de noms d'acteurs/actrices, je me suis aidé de la fiche IMDB du film.

mercredi 23 mai 2012

La sélection du mercredi 23 mai 2012

La bande-annonce de MIB 3, MIIIB, M3B, MIB au cube présente une raison suffisante d'aller en salles : voir Josh Brolin tenir un rôle d'habitude joué par Tommy Lee Jones. A part ça, Will Smith a l'air de ne plus y croire.

La bande-annonce de Sur la route présente des personnes nues aimant le jazz qui se baladent en voiture. L'un d'eux sait taper à la machine.

La bande-annonce de Cosmopolis présente une mode nouvelle sur un air de rébellion : l'egotrip chez le coiffeur. La mort et le sexe sont au bout du chemin.

La bande-annonce de Disparue présente une histoire qui promet de bien finir ... vu que l'héroïne du film sait qui est le méchant.




mercredi 16 mai 2012

La sélection du mercredi en mode "c'est grave" [16 mai 2012]

La bande-annonce de Mille Mots présente Eddy Murphy, le comique que nous avons tous tant aimé dans Un fauteuil pour deux, Un prince à New York et Le flic de Beverly Hills 3 de John Landis, ne pouvant aligner plus de mille mots sous peine de mourir. Vu que monsieur Murphy est difficile à refourguer après ses passes cochonnes avec des prostituées transexuelles, le monteur a casé une musique des Blues Brothers de John Landis (dans lequel monsieur Murphy n'a jamais figuré) pour rythmer un film dont, apparemment, le seul atout est de faire taire Eddy Murphy.

Et prétendre que la bande-annonce ne m'a pas emballé parce que monsieur Murphy a couché avec des prostituées transexuelles, c'est grave.

La bande-annonce de Matins calmes à Séoul d'Hong Sang-soo est très prometteuse quant au long-métrage. L'histoire d'amour promise semble être généreuse en instants reposants et chaleureux.

Mais, faire un zoom, celui de la 45ème seconde, c'est grave.








Je te promets - The vow a un tiret entre les 2 parties de son titre. C'est grave.
 
Prétendre que l'amour est plus fort quand on oublie tout de l'autre, c'est grave.

Frapper son rival quand on essaie de reconquérir la femme de sa vie, c'est grave.

Les femmes n'aiment pas la violence dans la période de séduction, c'est grave.

Parce que l'idée de me délecter de voir Channing Tatum attraper un rhume sous la pluie ne pourra m'empêcher d'aller voir Je te promets - The Wow, c'est grave.



Parce que je ne considère pas que Wes Anderson est un génie de la comédie, je ne suis pas "tendance", c'est grave ...

... pas forcément pour moi.

Moonrise Kingdom est sorti, c'est grave.






Comme dans Je te promets - The Vow, une femme a un grave accident. Comme dans Hasta la vista et Intouchables, il est question de chaise roulante. Comme dans Bullhead, Matthias Schoenaerts tape avec ses poings. Comme dans tous ses films, Marion Cotillard ne donne pas envie. Comme dans Jacques Audiard, il est question de chef d’œuvre avant même que le film ne soit tourné.

Parce que la chaise roulante est "tendance", c'est grave.

mercredi 9 mai 2012

La sélection héroïque du mercredi 9 mai 2012

La bande-annonce de Dark Shadows a le pouvoir de séduction d'un cadavre condamné à satisfaire une sorcière lubrique en balançant des vannes de situation dans les années 1970. Humour grand cru et message universel timburtonien à prévoir : la télé est l’œuvre du diable, lapider à coups de pierres Johnny Depp ne sert à rien et faire l'amour à une sorcière est regrettable. Trois conseils tirés de l'expérience du cinéaste américain.








La bande-annonce de Maman a le pouvoir de séduction de Mathilde Seigner, Marina Foïs et Josiane Balasko réunies. Même si la dernière est attachée et que les 2 autres la torturent un peu, la pelloche ne devrait pas cartonner au box office.











La bande-annonce de Sea, no sex & fun a le pouvoir de séduction de Fred Testot sans Omar, sans super-connard et sans "soirées". Autant dire qu'à se vendre comme le meilleur pote que l'on puisse avoir (dans un bistrot, dans une galère minime en Corse, dans un désespoir entre meilleurs amis, sur une plage) sans un compadre blacko, on réussit surtout à se faire ignorer au box office, au bouche à oreille, à l'intérêt général et à l'intérêt particulier. Comme quoi, en France, sans un black, c'est plus compliqué de se faire remarquer.






La bande-annonce de Chercher le garçon a le pouvoir de séduction d'une femme qui ne trouve pas un homme pour partager sa vie avec elle. Conseil du rédacteur de ce blog après le succès d'Intouchables : avoir un pote black pour l'aider à trouver l'homme de sa vie.

vendredi 4 mai 2012

La cabane dans les bois

Gâcher la fin d'un film est un art ... j'aimerais bien être un artiste

Attention ! Ce texte gâche la fin (censée être déconcertante et inédite) de la pelloche. Ne pas lire si vous ne voulez pas me haïr à mort.

La cabane dans les bois, Drew Goddard (alias Joss Whedon), 2011, USA.

Ça y est les gens, j'ai réalisé un film. Ça s'appelle Les cabinets dans les bois. C'est plein de jolies de gonzesses. Nan, je déconne. C'est plein de vierges effarouchées. Nan, je déconne. C'est plein de frissons et de jumpscares. Nan, je déconne. Il y a un gros problème de point de vue. Ça, c'est parce que je suis schizophrène et vachement opportuniste. Alors j'ai zappé la mise en place d'un récit intéressant pour jouer au type qui se prend pour un gros malin. J'ai mis de l'humour partout. J'aurais pu raconter une histoire du point de vue des techniciens chargés de zigouiller des jeunes afin de sauver le monde du réveil des anciens (dieux anciens qui régnèrent jadis sur Terre ... à la Lovecraft). J'aurais pu jouer avec les apparences pour faire découvrir un massacre justifié. Mais je suis trop flippé dans l'existence pour prendre un véritable parti pris. Je ne suis qu'un fan geek de plus qui s'est lancé aveuglément dans l'industrie du divertissement. C'était pour frimer auprès de mes parents lors des diners familiaux. Mais mon travail ne les impressionne pas plus que cela. Jouer avec les apparences comme je l'ai fait avec une série dans laquelle une jeune femme, poursuivie par un vampire dans une allée sombre, se retournait pour lui apprendre les manières et avec ce Les cabinets dans les bois ne soulève nullement d'enthousiasme chez mes géniteurs. Et vu que la bande-annonce gâche le plaisir de la découverte de ma fausse copie d'Evil Dead, j'ai décidé de flinguer la pelloche en alternant décor et envers du décor. Au fond, j'ai deviné ce que le studio voulait ...

... Lécher comme une salope la gueule d'un monstre.

Quant à montrer quelque chose de nouveau, je me suis assis dessus. Ça tombe bien, j'ai appelé ça Mes cabinets dans les bois. J'ai recyclé un max de tout ce que j'ai pu trouver. J'ai même mis une fin insensée à mon tas de papier pour ne pas avoir à y revenir. Y a des ados insupportables qui pensent qu'il est préférable d'exterminer l'espèce humaine parce qu'ils ont été désigné comme sacrifices humains pour empêcher les anciens (à la Lovecraft) de revenir dominer sur Terre. Je ne vous décris pas les tailles de leurs egos de merde. Ils se refusent au sacrifice. Vu qu'ils ne veulent pas mourir (comme d'autres l'ont décidé pour eux), ils laissent la prophétie malveillante s'accomplir. Vous me direz : ils ne s'en soucient pas et ils punissent toute l'humanité qui n'a jamais eu vent de cet abscons secret (j'espère que vous avez soulevé l'étrangeté de la logique : ils meurent de toute façon).

Moi, mon ego se porte bien. J'ai fait ce film parce que j'aime méchamment squatter les chiottes (mon usuel cabinet de travail) ... d'ailleurs, je m'imagine vivre dans des WC au fond des bois. Sérieux. J'aime la nature. Si j'ai écrit Les cabinets dans les bois, c'est pour occuper le réduit isolé après le tournage. Je ne laisserai à personne la chance d'occuper cet espace. Les effets spéciaux sont toujours en place et fonctionnels. La main qui sort du sol est conçue pour ... il faut que j'avoue .... j'adore avoir une main au cul pour me gratter les fesses quand je réfléchis et me les caresser quand je me sens seul.

mercredi 2 mai 2012

La sélection du mercredi 2 mai 2012

J'aime gribouiller

Sans issue : "Tel père tel fils" ... blabla ... Bruce Willis dans un cadre méditerranéen ... encore un long-métrage de studio estampillé HoWoo qui veut que la filiation (alias les lois de la gêne) fasse figure de mesure d'efficacité suprême dans les cas importants de problématique diplomatique : du coup, le génome du coup de tatane et le gène du gun qui explose une voiture de marque sont übber-in.

... du coup, j'indique que la mode est injuste : "les médecins" précisent que le gène produisant du gras a permis à l'humanité de survivre aux multiples famines dont elle a souffert : ça veut dire que les gros ont sauvé l'espèce.



Produit en série, made in USA


Le jour où je l'ai rencontrée : ce titre, je l'ai lu de travers ... tel quel Le jour où je l'ai regrettée. Du coup, je n'ai aucune envie d'aller le voir.



A sujet délicat, question délicate. La bande-annonce de Walk Away Renée (2012) de Jonathan Caouette présente l'amour d'un fils pour sa mère schizophrène. Il s'agit en effet du second film qu'il consacre à sa maman : Tarnation date de 2003. Une pelloche qui a sauvé la vie de Jonathan et qui expose la sphère de l'intime avec le niveau de pudeur propre au cinéaste texan. Quant à se demander et à chercher à savoir si Jonathan Caouette vit sa vie sans sa mère et sans la filmer, le titre indique un éloignement.



Film à suspense dont on connaît déjà le final : qui creuse un trou à la fin du film ?

J'ai vu Margin Call : c'est un film qui lèche les godasses de marque des gestionnaires de portefeuilles et autres assureurs, traders, etc ... qui ont participé à la naissance de la crise financière et économique de 2008. D'après le réalisateur J.C Chandor, ces vandales en col blanc ne sont pas aussi responsables et fautifs que la vindicte populaire voudrait le croire. Ils sont donc humains et ils ont laissé la situation empirer sans savoir ce qu'ils faisaient et sans comprendre quoi que ce soit à leurs actions. Leur responsabilité est ainsi limitée parce que leur Q.I. l'est aussi. La seule chose qu'ils ont fait de pas jojo, c'est d'avoir rattrapé le coup (pour eux) en ne sautant pas en masse depuis les sommets des buildings, en taisant l'affaire et en se débarrassant du paquet pourri comme ils pouvaient ... et l'un d'eux creuse un trou dans son jardin.


Barbara est à genoux dans l'herbe. Elle cache ou retire quelque chose d'entre 2 rochers. Une croix est située derrière elle. Son vélo tombe. L'action est située en Allemagne de l'est en 1980. Le raccord de l'auteur est fait. Belle morale : ne pas accrocher son vélo à une croix catholique conduit à l’avènement du communisme. Je retiens la leçon mais je ne suis pas catholique.







Post-scriptum : mes gribouillages, c'est moi. Je vais donc arrêter de gribouiller.